La Place de la Concorde

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Aujourd’hui, la Place de la Concorde n’est plus qu’un vaste rond-point automobile, tandis que les places de la Bastille et de la Nation sont devenues les lieux névralgiques de la république des cosmopolites et des révolutionnaires de tous ordres.

Le système voudrait oublier ce lieu où l’on commit un crime historique, oublier qu’il a tué le principe de la formation de l’unité française, oublier la fureur et la Terreur révolutionnaires qui furent couronnées par l’assassinat des représentants de la continuité historique nationale.

Sur l’ancienne place Louis XV, trônait majestueusement la statue du roi du même nom et, avec elle, l’éclat de la monarchie française.

C’est pourquoi, à elle seule, la place de la Concorde symbolise à travers toute son histoire la gloire française et la Révolution régicide, mais aussi l’ardeur patriotique et le sang des sacrifiés.

Car, de la fin du 19è siècle à l’entre-deux guerres, la place de la Concorde sera aussi le lieu de l’effervescence nationaliste et populaire, le lieu des cortèges pour Jeanne d’Arc entre St Augustin et les Pyramides, le lieu des convois funéraires des nos illustres prédécesseurs, le lieu des martyrs enfin, comme si de ce lieu du parjure devait se lever et perdurer une flamme de la fidélité.


20 juin 1763
Inauguration de la statue équestre de Louis XV, qui donnera son nom à la place dont la construction commencée en 1757 s'achève en 1772.

6 octobre 1789
Louis XVI, Marie-Antoinette et le dauphin (futur Louis XVII), ramenés de Versailles à Paris par le peuple, font leur entrée aux Tuileries en traversant la place Louis-XV.

11 août 1792
La statue de Louis XV est renversée de son piédestal puis envoyée à la fonte. La place Louis XV est alors rebaptisée place de la Révolution.

21 janvier 1793
Exécution de Louis XVI
La guillotine est dressée pour l’occasion à mi-distance du socle de la statue de Louis XV et de l'entrée des Champs-Élysées. La place devient le grand théâtre sanguinaire de la Révolution : 1 119 personnes y seront guillotinées, principalement du 11 mai 1793 au 9 juin 1794, alors que la guillotine est mise entre le centre de la place et l’entrée des Tuileries.

Août 1793
Sur le socle de l’ancienne statue de Louis XV est posée une effigie de plâtre représentant la Liberté coiffée d'un bonnet rouge et tenant une pique dans la main droite. Elle sera retirée en juin 1800.

16 octobre 1793
Exécution de Marie-Antoinette

10 mai 1794
Exécution de l’édifiante sœur de Louis XVI, Elisabeth de France.

1795
La place de la Révolution devient la place de la Concorde.

3 mai 1826
Pose de la première pierre d’une statue de Louis XVI, qui ne sera jamais réalisée ; la place est rebaptisée place Louis XVI jusqu’en 1828 (voir inscription à l'angle de la rue Boissy-d'Anglas), place Louis XV jusqu'en 1830 puis à nouveau place de la Concorde.

1887 à 1914
Hommages à la statue de Strasbourg
Pendant cette période où l'axe des défilés patriotiques allait de la Concorde aux Pyramides, la Ligue des Patriotes de Paul Déroulède et Marcel Habert, puis bientôt Maurice Barrès, faisait une manifestation annuelle à la statue de Strasbourg, située sur la place, symbolisant ainsi la volonté de récupérer l'Alsace. Des gerbes de fleurs du Souvenir étaient alors déposées devant la statue, qui était ornée d’une crêpe noire.
 

3 février 1914
Convoi funéraire de Paul Déroulède
Le cortège funéraire de Paul Déroulède, après avoir quitté l’église St Augustin, traversa la place de la Concorde au milieu d’une foule considérable rendant un dernier hommage au très populaire auteur des Chants du soldat et fondateur de la Ligue des Patriotes.

Funérailles Déroulède - 3 février 1914 - Place de la ConcordeObsèques Déroulède - Devant la statue de Strasbourg à Paris











31 juillet 1914

Grande manifestation patriotique aux cris de "A Berlin !"
Au pied de la statue de Strasbourg enfouie sous l'amoncellement des couronnes et des étendards, la foule était immense ; de toutes parts les cortèges chantant la Marseillaise s'y rejoignaient et dans un groupe, vers lequel se portaient tous les regards, émergeait, plus pâle, d'un teint mat d'ivoire, le profil de M. Maurice Barrès qu'accompagnaient des membres de la Ligue des Patriotes.


1923 - Défilé de Jeanne d'Arc
Défilé Jeanne d'Arc 1923
 











8 décembre 1923
Convoi funéraire de Maurice Barrès
Le cortège immense, qui suit le corbillard, traîné par dix chevaux noirs, et précédant plusieurs chars de couronnes et de gerbes, s'arrête une première fois devant la statue de Strasbourg, place de la Concorde, où les honneurs militaires sont rendus au grand patriote.

6 février 1934
Manifestation patriotique réprimée dans le sang
Face à la révolte populaire contre une 3è République corrompue et dirigée par des forces illégitimes voire occultes, le système envoie la troupe pour écraser cette manifestation aboutie sur la place : 22 patriotes y laisseront leur vie.
Le trajet qu’empruntaient les démonstrations patriotiques dans l’entre-deux-guerres démarrait alors généralement de l’Etoile pour finir place de la Concorde.


Place de la concorde le 6 février 1934



 



 


 

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