Prisons des justes - Paris 1er au 6è


Palais de justice – Paris 1er

PETAIN Philippe, maréchal et son épouse (22 juillet au 15 août 1945)

Après son internement à la prison du Fort de Montrouge, le Maréchal Pétain fut brièvement interné au Palais de Justice, à l’occasion de l’infâme procès qu’il subit de la part de la Haute Cour de Justice. Une chambre-prison fut aménagée dans le bureau du greffier de la première chambre de la cour d’appel de Paris.

Le Maréchal et la Maréchale y restèrent prisonniers jusqu’au 15 août 1945, date de la condamnation du Chef de l’Etat Français à la peine de mort, commuée en détention à perpétuité.

Prison de la Conciergerie – Paris 1er
La prison de la Conciergerie, principale vestige du Palais de la Cité des rois, était située à l’emplacement de l’actuel Palais de Justice. Elle fut considérée pendant la Terreur comme l’antichambre de la mort. Peu en sortaient libres.

Prisonniers de la Révolution (fin 18è)

Le 6 avril 1793, le Tribunal Révolutionnaire s’était installé au premier étage, dans l’ancienne grand-chambre du parlement de Paris. L’accusateur public, Fouquier-Tinville, avait aménagé ses bureaux au même étage, entre les tours de César et d’Argent. Tous les prisonniers qui étaient détenus dans les différentes prisons de Paris, ainsi que dans certaines prisons de province, et qui devaient comparaître, furent progressivement transférés à la Conciergerie. Leur nombre ne cessa d’augmenter, surtout après le vote de la loi des suspects du 17 septembre.

Les détenus qui avaient comparu devant le Tribunal Révolutionnaire qui siégeait au Palais de justice attenant et avaient été condamnés à mort, n’étaient pas ramenés dans leur cachot. Ils étaient immédiatement séparés des autres prisonniers et conduits, pour les hommes dans l’arrière greffe, pour les femmes dans de petites cellules situées dans le couloir central.

Dès que l’exécuteur et ses aides arrivaient, tous étaient regroupés dans le vestibule baptisé salle de la toilette pour y être dépouillés de leurs effets personnels, tondus et attachés. Encadrés par des gendarmes, les condamnés - parfois plusieurs dizaines - traversaient la salle du guichet et gagnaient la cour du Mai, donnant sur la rue de la Barillerie (qui se trouvait à l’emplacement de l’actuel boulevard du Palais). C’est là que les détenus attendaient les charrettes qui devaient les conduire à la guillotine.


Marie-Antoinette, Reine de France (août à octobre 1793)

Le 1er août 1793 la reine Marie-Antoinette y fut emprisonnée, transférée de la prison de la Tour du Temple.

Le 3 octobre 1793, elle comparaît devant le Tribunal Révolutionnaire mené par l’accusateur public Fouquier-Tinville. Le 16 octobre 1793 vers 4 heures du matin la condamnation à mort, pour haute trahison, est prononcée. A l'annonce de la sentence, Marie-Antoinette écrit à Madame Élisabeth, la sœur de Louis XVI : " Je viens d’être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère ". Marie-Antoinette sera exécutée le même jour vers midi.


BAILLY Jean-Sylvain (1793)

Né le 15 septembre 1736 à Paris, cet homme de lettres et de sciences devient maire de Paris le 15 juillet 1789 ; à ce titre il proclame la loi martiale après l’évasion ratée de la famille royale en juin 1791, puis ordonne à la Garde Nationale de tirer sur les émeutiers venus le 17 juillet 1791 sur le Champ de Mars pour demander la déchéance du roi Louis XVI. Arrêté en juillet 1793 à Melun, interné à la prison de la Force puis à la Conciergerie, il témoigne peu après en faveur de Marie-Antoinette. Après un procès expédié le 11 novembre 1793, son exécution est reportée le lendemain en raison des festivités de la Raison à Notre-Dame et aux Tuileries ce même jour. Après avoir quitté la Conciergerie à 12 heures, il est guillotiné le 12 novembre 1793 après-midi dans un déchaînement de haine populaire.

" Bailly est conduit à pied, escorté par une populace assez lâche pour insulter un vieillard qui l'avait nourrie !... Pendant le long trajet de la Conciergerie au Champ de Mars, on lui agite devant le visage un drapeau rouge. Arrivé au pied de l'échafaud, il croit enfin toucher au terme de ses souffrance mais un de ces forcenés, irrité de son sang-froid, s'écrie : " Le Champ de la Fédération ne doit pas être souillé d'un sang aussi impur ". Soudain la guillotine est démontée, on court la relever sur le bord de la rivière, sur un tas d'ordures, vis-à-vis du quartier de Chaillot, où Bailly avait passé la partie la plus heureuse de sa vie, à composer ses ouvrages. Cette opération devait durer quelques heures. Pour utiliser le temps à leur manière, ces brigands lui font parcourir plusieurs fois le Champ de Mars. On lui ôte son chapeau, on lui attache les mains derrière le dos ; les uns lui jettent des ordures, lui crachent au nez, les autres lui donnent des coups de bâton, lorsque la lassitude le force à se reposer un instant. Accablé, ainsi torturé, il tombe ! On le relève. La pluie, le froid, la vieillesse lui causent un tremblement involontaire. — " Tu trembles, lui dit un soldat, en riant. — Mon ami, je tremble de froid, répond l'auguste vieillard ". On lui brûle alors le drapeau rouge sous le nez, et le bourreau, le seul homme parmi ces tigres, se hâte de mettre fin à ses souffrances ". [frères Lazare, Histoire des rues de Paris]


BARNAVE (novembre 1793)
Ce député, fidèle à la Monarchie et à la famille royale, fut arrêté et emprisonné en province puis à la Conciergerie au début de novembre 1793. Brave dans ces temps de Terreur, il ne recula jamais. Condamné à mort le 27 novembre 1793, il fut guillotiné le 28.

CADOUDAL Georges (25 juin 1804)

Figure symbolique de la chouannerie catholique et royale, héros intrépide et lucide de l’anti-jacobinisme, Georges Cadoudal est né en 1771.

Peu à peu, il va devenir l’organisateur du réseau contre-révolutionnaire armé de l’Ouest breton. Il sera nommé major général des légions royalistes du Morbihan.

En 1800, il refuse à Paris une offre de Napoléon lui proposant le grade de général contre sa reddition. Lié à un complot d’assassinat de Napoléon en décembre 1800 à Paris (rue St Nicaise), il participe aussi, dès 1803, à un projet d’enlèvement de l’Empereur, qui échoue en février 1804.

Arrivé à Paris en 1803, il rejoignit bientôt son premier gîte parisien : la Cloche d’or, à l’angle de la rue du Bac et de la rue de Varenne. Bientôt Georges Cadoudal déménagea de la rue de Chaillot pour aller se terrer dans une cache de la rue Carême-Prenant.

Hélas l’étau se resserre autour des comploteurs et Cadoudal est définitivement arrêté le 9 mars 1804 à Paris : son interpellation est très mouvementée, donnant lieu à une véritable course-poursuite dans les rues du quartier latin. L'inspecteur Buffet est tué à cette occasion.

Le procès a lieu sans heurt et aboutit, le 10 juin 1804, à la condamnation à mort de Cadoudal, qui refusa de solliciter une grâce.


Le 25 juin 1804, Cadoudal et ses compagnons sont transférés du Bicêtre à la Conciergerie. Il y restera une journée à peine. Avec d’autres royalistes dont son cousin Pierre Cadoudal, Picot son domestique, et Coster Saint-Victor, il fait partie de la première charrette ainsi qu’il le souhaitait ; Roger, Soyant, Burban et Lemercier étaient dans la seconde charrette ; Lelan, Mérille et Deville étaient dans la troisième charrette.

Avant de quitter la Conciergerie, il dit encore à ses camarades de l'embrasser. Tous obéirent ; ces rudes visages s'adoucirent dans ce suprême adieu à leur chef bien-aimé ; quelques yeux devinrent humides. Quand ce fut terminé, il leur dit :

" Et maintenant, il s'agit de montrer aux Parisiens comment meurent des chrétiens, des royalistes et des Bretons ".

Il fit signe à son confesseur de lui donner le bras, et, sans attendre l'ordre de l'exécuteur, il commanda : " Marche ! " avec autant de vivacité et d'élan que s'il se fut agi d'enlever une redoute ".


A 11 heures du matin, les charrettes, en provenance de la Conciergerie, arrivent place de Grève (l'actuelle place de l'Hôtel-de-Ville), se frayant difficilement un passage dans une foule énorme de curieux. Le premier, Georges Cadoudal en descend, marche vers le bourreau, lui dit :

" C'est à moi de donner l'exemple. Quand vous aurez terminé votre office, n'oubliez pas de montrer ma tête à mes compagnons, afin de leur ôter toute idée que j'aie pu leur survivre ".

Sa démarche était fière, son œil assuré, son teint aussi coloré que d'ordinaire, nulle émotion ne se manifestait ni dans ses traits, ni dans son accent.

" Nous avions assez souvent battu les bleus pour avoir droit à la mort de soldats ; mais nous ne devons rien regretter, en nous rappelant que l'échafaud sur lequel nous allons monter a été consacré par le martyre de notre roi ! ", dit-il.

Lorsqu'il fut arrivé sur la plate-forme, il s'écria d'une voie retentissante :

" Camarades, je vous rejoins ! Vive le roi ! ".

On rapporte que, placé sur le plateau de la guillotine, il aurait crié :

" Mourons pour notre Dieu et notre Roi ", devise des insurgés vendéens.

Georges Cadoudal fut élevé, à titre posthume, à la dignité de maréchal de France, et sa descendance fut anoblie.

(Ce récit est tiré des Mémoires des Sanson – Sept génération d’exécuteurs)


CHENIER André (mai à juillet 1794)

Ce poète, qui séjourna à Versailles et à Marly chez son amie Françoise Le Coulteux, née Pourrat, devint progressivement contre-révolutionnaire ; ainsi il refusa d'émigrer pendant la Terreur et revint à Paris pour participer aux tentatives faites pour arracher Louis XVI à l'échafaud. Venant de Versailles, André Chénier fut arrêté à Passy le 7 mars 1794 alors qu’il rendait visite à son amie, Mme Past, pour préparer des manœuvres afin de sauver Louis XVI du proche vote fatal. Interné à St Lazare puis transféré à la Conciergerie, il est jugé pour ‘complot monarchiste’, condamné à mort et guillotiné le 25 juillet 1794.


Du BARRY Jeanne, comtesse (septembre 1793)

Après avoir été emprisonnée à Sainte-Pélagie le 22 septembre 1793, comme Madame Roland elle fut transférée à la Conciergerie peu avant son supplice.


EMERY Jacques-André, Abbé

Né en 1732, entré au séminaire de St Sulpice en 1750, Emery fit des études de théologie à la Sorbonne avant de devenir prêtre en 1756 et membre de l’ordre sulpicien en 1758. Élu neuvième supérieur général de l'ordre de Saint-Sulpice en 1782, il réforme le grand séminaire parisien dont les exigences spirituelles s'étaient imprégnées d'un caractère mondain sous l'effet de son recrutement nobiliaire. Son attitude conciliante et modérée pendant la Révolution ne lui épargnent ni la dissolution de l'ordre de Saint-Sulpice ni la fermeture du séminaire de Paris en 1792, ni d'être incarcéré à deux reprises. La plus longue de ces détentions l'enferme durant seize mois à la Conciergerie lors de la Terreur, sous la menace permanente de la guillotine.

A l’occasion de son emprisonnement à la Conciergerie, il favorisera le retour de Mgr Gobel dans le giron de l’Eglise. Il est mort le 28 avril 1811 à Paris.


GOBEL Jean-Baptiste, évêque

Né en 1727, Monseigneur Gobel fut député aux Etats-Généraux, administrateur de Paris et archevêque de cette ville pendant la Révolution. D’abord proche des républicains et favorable au serment des clercs à la Constitution comme au mariage des prêtres, il avait été jusqu’à renoncer à ses fonctions du ministre du culte afin de se conformer à la volonté du peuple. Il retrouvera le chemin de l’Eglise à l’occasion de son arrestation et de sa condamnation à mort pour activité anti-Robespierre. Après son internement à la Conciergerie, il est guillotiné le 12 avril 1794. Edmond Biré, dans son Journal d’un bourgeois pendant la Terreur, raconte le déroulement de cette exécution :

" Gobel avait les yeux baissés, l'air contrit et humilié. On apercevait que ses lèvres remuaient avec une grande rapidité, et l'on assure qu'il récitait les prières des agonisants... Il parut recevoir la mort avec la résignation d'un pénitent ". [des Essarts, Procès fameux contre la Révolution] Le célèbre abbé Émery, alors prisonnier à la Conciergerie, avait eu, en effet, le bonheur de réconcilier avec l'Église l'ancien évêque de Paris. Deux ecclésiastiques, l'abbé de Sambucy et l'abbé Migneaux, qui le virent sur la fatale charrette, s'accordent à dire que sa tenue annonçait la résignation et le repentir le plus profond [Vie de M. Êmery, par M. l'abbé Gosselin]. De son côté, le conventionnel Durand de Maillane a écrit dans ses Mémoires, p. 183 : " Un témoin du supplice de l'évêque de Paris m'a rapporté dans le temps à Paris que, lorsque le peuple criait, à son ordinaire : Vive la République ! Gobel s'écria à son tour, et à voix haute : Vive Jésus-Christ ! ".


LUBOMIRSKA Rosalie (hiver 1792)

Cette princesse polonaise d’origine ukrainienne, qui vint en France à l’époque de la Révolution, fut arrêtée le 19 novembre 1793 et internée à la Conciergerie ; après tractations elle sera envoyée à la prison de la Force puis finalement guillotinée le 30 juin 1794.


de MOUCHY Maréchal et sa femme

L’édifiant Maréchal de Mouchy, qui avait hébergé des prêtres réfractaires, fut d’abord à la prison de la Force avant d’être emprisonné à la Conciergerie. Lui et sa femme moururent avec honneur, le Maréchal déclarant :

" A 15 ans, j’ai monté à l’assaut pour mon Roi ; à près de quatre-vingt ans, je monterai à l’échafaud pour mon Dieu ".

ROUCHER Jean-Antoine

Il fut à la fois poète et receveur des gabelles. Ayant rédigé des articles anti-révolutionnaires et fortement critiqué Robespierre, il est arrêté et incarcéré à Ste Pélagie puis St Lazare. Transféré à la Conciergerie, il est jugé pour ‘complot monarchiste’, condamné à mort et guillotiné le 25 juillet 1794 avant d'être enterré à Picpus. L'acte d’accusation de Roucher, signé Fouquier-Tinville, indique : " aristocrate puant, salarié de la liste civile, écrivain stipendié du tyran, fondateur du club de la Sainte Chapelle, conspirateur à la maison d’arrêt de Saint-Lazare, pour Roucher, "ennemi du peuple" : la mort. " Dans la charrette qui emmène Chénier et Roucher vers la guillotine, ils échangent des vers tirés d’Andromaque : " Oui, puisque je perds un ami si fidèle… " (voir la gravure La dernière charrette).

Un dernier portrait, aujourd’hui au Musée Carnavalet, est peint juste avant sa mort. Il compose alors pour l’orner ces quatre derniers vers, qu’il adresse à sa famille, et qui sont aujourd’hui connus sous le nom de Quatrain de Roucher :

 

À ma femme, à mes enfants, à mes amis :

" Ne vous étonnez pas, objets sacrés et doux,
Si quelqu’air de tristesse obscurcit mon visage.
Quand un savant crayon dessinait cette image
J’attendais l’échafaud et je pensais à vous. "


Guillotinés de la Conjuration bretonne (fin février 1793 – 18 juin 1793)

Le marquis de La Rouerie, fondateur de l’Association bretonne ou Conjuration bretonne, genèse de la chouannerie, se réfugia pendant la Révolution au manoir de La Guyomarais avant d’y mourir de maladie le 30 janvier 1793. Le 25 février 1793, les révolutionnaires se rendirent au manoir, exhumèrent le corps du chef chouan et coupèrent sa tête qui fut jetée aux pieds de Mme de La Guyomarais ; enfin ils arrêtèrent M. et Mme de La Guyomarais et des membres de leur famille ou proches, emmenés à Paris pour être emprisonnés et jugés. Le procès, du 4 au 18 juin 1793, condamna à mort M. et Mme de La Guyomarais et onze autres personnes qui furent internées à la Conciergerie et guillotinées le 18 juin 1793.


de FONTEVIEUX Georges, GROULT de La MOTTE, La CHAUVINAIS, de La FLONCHAIS Mme (fin février – 18 juin 1793)

Membres de l’Association bretonne ou Conjuration bretonne, ils furent internés à la Conciergerie et guillotinés le 18 juin 1793.

 

de La GUYOMARAIS M. et Mme (fin février – 18 juin 1793)

Membres de l’Association bretonne ou Conjuration bretonne, ils étaient les propriétaires du manoir de La Guyomarais où le marquis de La Rouerie avait trouvé asile. Emmenés à Paris à la Conciergerie, condamnés à mort le 18 juin 1793 avec onze autres personnes, ils furent guillotinés le même jour.


LOCQUET de GRANVILLE (fin février – 18 juin 1793)

Ce membre de l’Association bretonne ou Conjuration bretonne fut interné à la Conciergerie et guillotiné le 18 juin 1793.


de MOELIEN de TROJOLIF Thérèse (fin février – 18 juin 1793)

Née le 14 juillet 1759, bretonne et royaliste, elle fut membre de l’Association bretonne ou Conjuration bretonne et l'agente de son cousin Armand Tuffin, marquis de La Rouërie. Elle engageait des membres (tâche facilitée par sa très grande beauté) et apportait son aide en versant des sommes d'argent. Avant son arrestation par les Révolutionnaires suite à la mort du Marquis, elle put détruire nombres de documents, ce qui sauva la vie de nombreux conjurés. Envoyée à Paris pour y être jugée avec 26 autres associés, elle fut condamnée à la peine de mort le 18 juin 1793 et exécutée le même jour.

En voici la narration faite par Edmond Biré dans son Journal d’un bourgeois de Paris pendant la Terreur :

" Je sais pourtant de plus belles morts, celle, par exemple, de Melle de La Guyomarais, guillotinée le 18 juin dernier avec son mari et son fils, et neuf autres condamnés. Son seul crime était d'avoir donné asile à un proscrit. Avant de mourir, elle voulut confesser sa foi politique et religieuse. On lui avait offert un prêtre pour l'accompagner au supplice : elle le refusa, disant qu'elle ne voulait point avoir affaire à un intrus. En sortant de la Conciergerie, elle poussa plusieurs fois d'une voix forte le cri " de Vive le Roi " ! Tout le long de la route, elle montra le plus grand calme, tantôt récitant des prières, tantôt disant quelques bonnes paroles à son mari et à son fils. Arrivée au pied de l'échafaud, elle les a embrassés une dernière fois; montée sur la plate-forme, elle leur a montré du doigt le ciel ; elle a fait un dernier signe de croix, et elle s'est livrée au bourreau ".


MORIN de LAUNAY, PICOT de LIMOELAN, du PONTAVICE Louis, VINCENT Jean (fin février – 18 juin 1793)

Membres de l’Association bretonne ou Conjuration bretonne, ils furent internés à la Conciergerie et guillotinés le 18 juin 1793.


Prison des Tuileries - Paris 1er

Famille Royale (octobre 1789 à août 1792)

Transférée de force de Versailles à Paris, la famille royale fut emprisonnée au Palais des Tuileries entre le 6 octobre 1789 et 10 août 1792, hormis la tentative de fuite à Varennes du 20 juin 1791.


Prison du Châtelelet – Paris 1er

La prison du Grand-Châtelet, ancienne prison de Paris, s'élevait à l'emplacement actuel du théâtre du Châtelet à Paris. Elle fut démolie entre 1802 et 1810.


Prisonniers de la Révolution (fin 18è)

Pendant la Terreur, notamment les massacres de septembre 1792, on y assassina 214 prisonniers. Les corps furent entassés après l'exécution aux bords du Pont-au-Change, pour y être transportés aux carrières de Montrouge, près de Paris.


Couvent des Madelonnettes – Paris 3è

Actuellement les Madelonnettes seraient situées dans un quadrilatère compris entre le 6 rue des Fontaines du Temple (où il reste un pan de mur), la rue Volta et la rue du Vertbois.


Prisonniers de la Révolution (fin 18è)

En 1792 et 1793, des ‘suspects’ y furent incarcérés.

On peut citer en particulier les administrateurs de l’ancien régime suivants :


ANGRAN d’ALLERAY Denis-François (1716-1794)

Né en 1716, Lieutenant civil au Grand Châtelet de Paris, dernier seigneur de Vaugirard, il fut arrêté aux Madelonnettes et condamné à mort puis guillotiné en 1794, pour avoir envoyé de l’argent à ses enfants émigrés. Il répondit à l’un de ses juges qui lui demandait s’il ignorait la loi interdisant de financer l’émigration : " Non, mais j’en connais une plus sacrée : c’est celle qui ordonne aux pères de nourrir leurs enfants ".


BARTHELEMY Jean-Jacques ? Abbé (1793)

Cet ecclésiastique, archéologue, littérateur et numismate français, membre de l'Académie Française, né en 1716, fut emprisonné quelques jours aux Madelonnettes dans l’année 1793, en raison de son rang d’aristocrate. Il mourut à Paris dans l’indigence, le 30 avril 1795.


BOULAINVILLIERS de Gabriel (1792)

Ce dernier prévôt de Paris sera arrêté pendant la Terreur et incarcéré aux Madelonnettes.


La TOUR du PIN GOUVERNET Jean-Frédéric (31 août 1793 – 28 avril 1794)

Né en 1727 et guillotiné le 28 avril 1794, il fut Maréchal de camp puis Ministre de la Guerre de 1789 à 1790. Arrêté le 31 août 1793 à Auteuil, il est interné au couvent des Madelonnettes avant d’être jugé et exécuté le même jour.


MACHAULT d’ARNOUVILLE de Jean-Baptiste, comte d'Arnouville, seigneur de Garge et de Gonesse (1794)

Né à Paris le 13 décembre 1701, cet homme politique français fut conseiller au Parlement de Paris, Garde des Sceaux en 1750 et Secrétaire d’Etat à la Marine en 1754. Installé chez son fils au château de Thoiry en 1789, il fut arrêté en 1794 du fait qu’un autre de ses fils, évêque d’Amiens, avait refusé de prêter serment à la Constitution ; envoyé aux Madelonnettes, il y mourut le 12 juillet 1794 à 93 ans.


POISSON de la CHABEAUSSIERE Etienne-Xavier

Cet ancien directeur de l'Opéra de Paris, né à Paris en 1752 et mort le 10 septembre 1820, fut un compositeur français. Il fut interné aux Madelonnettes pendant la Révolution.


THIRIOUX de CROSNE Louis (1792)

Né le 14 juillet 1736 et guillotiné le 28 avril 1794, il fut conseiller au Parlement de Paris, magistrat et le dernier lieutenant général de police de la ville de Paris. Il sera arrêté, emprisonné aux Madelonnettes et guillotiné pendant la Terreur.


Enfin 13 acteurs du Théâtre Français restés fidèles à la monarchie furent arrêtés dans la nuit du 2 septembre 1793 suite à la représentation d'une pièce de Nicolas-Louis François de Neufchâteau, ‘Pamela’, jugée séditieuse ; parmi eux :


FLEURY, DAZINCOURT, MOLE François, St-PRIX (2 septembre 1793 - ?)

Ils furent arrêtés dans la nuit du 2 septembre 1793 pour ‘complot royaliste’.


MEYNIER Etienne, dit Saint-Fal (2 septembre 1793 - ?)

Cet acteur français, né le 10 juin 1752 et mort le 22 novembre 1835 à Paris, joua notamment au théâtre Montansier à Versailles. Il fut arrêté dans la nuit du 2 septembre 1793 pour ‘complot royaliste’.


Prison du Temple – Paris 3è et 4è

La Tour du Temple et son enceinte, avant d’être une prison, constituaient la Maison du Temple, forteresse érigée en 1240 par les Templiers dans le secteur des 3è et 4è arrondissements actuels.


Famille Royale (1792 à 1795)

pecheux.jpg

Entre le 13 août 1792 et 1795, y furent emprisonnés Louis XVI et la famille royale :

Marie-Antoinette, Louis XVII, sa sœur Marie-Thérèse de France dite Madame Royale et enfin Madame Elisabeth sœur de Louis XVI.

Le 21 janvier 1793, Louis XVI quitte la Tour du Temple pour l'échafaud installé place de la Révolution.
Le 1er août 1793, Marie-Antoinette est transférée de cette prison à celle de la Conciergerie.

Le 10 mai 1794, après 21 mois de séjour à la Tour du Temple, Madame Élisabeth monte à son tour à l'échafaud.

Le 8 juin 1795, le petit Louis XVII meurt à la Tour du Temple (mort contestée).

Le 17 décembre 1795, la sœur de Louis XVII Madame Royale, après trois ans et quatre mois de séjour à la Tour du Temple, est échangée contre quatre commissaires livrés à l'ennemi par Charles François Dumouriez.

Suivant la tradition, il y eut dans le square du Temple, près de la rue des Archives, une petite allée de tilleuls sous lesquels Louis XVI se promena pendant sa détention et un saule pleureur qu'aurait fait planter en 1814 Madame Royale, devenue duchesse d'Angoulême, lorsqu'elle revint à Paris. Elle aussi avait fait un pèlerinage aux ruines de la tour du Temple où elle avait tant souffert, et son saule pleureur aurait été maintenu parmi les arbres du square.

Très vite d’ailleurs, le Temple incarna aux yeux des monarchistes le lieu du supplice de la monarchie, et était devint un but de pèlerinage. C'est pour en freiner l'essor que Napoléon Bonaparte décida de livrer la Tour du Temple aux démolisseurs en 1808. La démolition dura deux ans.

L'angle Nord de la Mairie du 3ème arrondissement et la grille du Square Temple furent élevés sur l'emplacement de la Tour. Il en reste le marché actuel du Carreau du Temple (qui existait même au Moyen Âge). À la place du palais du grand prieur fut planté le square du Temple en 1853.


de CROY d'HAVRE Louise-Élisabeth-Félicité-Françoise-Armande-Anne-Marie-Jeanne-Joséphine, duchesse de Tourzel (août 1792)

Née le 11 juin 1749 à Paris, elle fut gouvernante des enfants royaux. Cette femme d’un grand courage fut d’un précieux secours pour la famille royale et ses enfants. En août 1792 elle fut emprisonnée au Temple.


LAJOLAIS Frédéric Michel, Général (1804)
En 1804 il fut emprisonné au Temple pour avoir participé avec Cadoudal et le Général Pichegru à la conspiration royaliste contre Napoléon.

de SAVOIE-CARIGNAN Marie-Thérèse, princesse de LAMBALLE (août 1792)

Née en 1749, veuve à 19 ans, elle se consacre alors à des œuvres de charité. Devenue amie de Marie-Antoinette, elle est nommée en 1775 surintendante de la Maison de la Reine. Emprisonnée en août au Temple, elle sera massacrée le 3 septembre 1792 à la prison de la Force. En voici le récit :
" Qui êtes-vous, " demande un de ces bourreaux ? " Louise de Savoie, princesse de Lamballe.—Faites serment d'aimer la liberté, l'égalité. — Je le jure, répondit la jeune femme. — Jurez de haïr le " roi, la reine et la royauté. — Je ne ferai point ce serment, il n'est point dans mon cœur. — Emmenez Madame, dit le chef du guichet. " A peine a-t-elle fait un pas hors de l'enceinte, qu'un premier coup de sabre fait jaillir le sang de sa tète, elle se soutient encore on moment, puis un second coup la fait rouler aux pieds de ses bourreaux!... Son corps est déchiré, on l'outrage, on le mutile, on s'en dispute les lambeaux !... Leur rage n'est point encore assouvie. Sa tête est coupée et mise au bout d'une pique. Ils vont la montrer à la famille royale. Ce sanglant trophée dut annoncer aux malheureux captifs le sort qu'on leur réservait. La mort de la princesse de Lamballe ne fut que le prélude des assassinats dont la prison de la Force devint le théâtre". (Histoire historique et administrative des rues de Paris, frères Lazare)


PICHEGRU Jean-Charles, général (janvier à avril 1804)

D’abord dévoué à la Révolution, le général Pichegru finit par changer de camp pour se mettre au services des contre-révolutionnaires, dès 1795. Déjà banni en Guyane en 1797 pour avoir participé aux complots du Prince de Condé contre la Révolution, puis évadé, il participe en janvier 1804 à la conspiration de Cadoudal contre Napoléon, qu’il était prévu d’enlever ; arrêté, il est interné au Temple et retrouvé étranglé le 4 avril 1804 dans sa cellule.


Prison de la Force – Paris 4è

Prisonniers de la Révolution (fin 18è)

En septembre 1792 il y avait à la Grande Force 406 détenus dont une douzaine de prêtres réfractaires; il y eut 168 victimes dont 3 prêtres. L’édifiant Maréchal de Mouchy, qui avait hébergé des prêtres réfractaires, y fut emprisonné.

Les condamnés étaient massacrés devant la porte de la Grande Force, et les cadavres traînés au coin des rues Malher et Saint-Antoine. A la Petite Force, sur 110 détenues il n'y eut qu'une victime, la Princesse de Lamballe.

En 1926 l’Eglise fit Bienheureux une partie de ces victimes. Une plaque sur la façade du 2 de la rue du Roi-de-Sicile évoque les massacres.


BAILLY Jean-Sylvain

Né le 15 septembre 1736 à Paris, cet homme de lettres et de sciences devient maire de Paris le 15 juillet 1789 ; à ce titre il proclame la loi martiale après l’évasion ratée de la famille royale à Varennes en juin 1791, puis ordonne à la Garde Nationale de tirer sur les émeutiers venus le 17 juillet 1791 sur le Champ de Mars pour proclamer de demander la déchéance du roi Louis XVI. Arrêté en juillet 1793 à Melun, interné à la Force puis à la Conciergerie, il témoigne peu après en faveur de Marie-Antoinette. Après un procès expédié le 11 novembre 1793, il est guillotiné le 12 novembre 1793.


de CROY d'HAVRE Louise-Élisabeth-Félicité-Françoise-Armande-Anne-Marie-Jeanne-Joséphine, duchesse de Tourzel (fin août à septembre 1792)

Née le 11 juin 1749 à Paris, elle fut gouvernante des enfants royaux. Cette femme d’un grand courage fut d’un précieux secours pour la famille royale et ses enfants. En fin août et septembre 1792 et après la prison du Temple, elle fut emprisonnée à la Force. Sa dernière prison sera la pension Montprin, puis elle échappera à la guillotine. Elle est morte le 15 mai 1832 à Paris. Elle a écrit ses Mémoires.


LUBOMIRSKA Rosalie (hiver 1792)

Cette princesse polonaise d’origine ukrainienne, qui vint en France à l’époque de la Révolution, fut arrêtée le 19 novembre 1793 et internée à la Conciergerie ; après tractations elle sera envoyée à la prison de la Force puis finalement guillotinée le 30 juin 1794.


PICQUET Aimé Casimir Marie, chevalier du Boisguy

Né le 15 mars 1766, surnommé le ‘petit général’ en raison de son engagement précoce (15 ans), il fut un général chouan de grande valeur. Chef actif et excellent tacticien, aussi bien à l’occasion de la pacification de 1796 qu'à celle de 1800, Boisguy fut le dernier général chouan à déposer les armes, ce qui en fit une des figures majeure de la chouannerie. Après avoir participé à de nombreux coups d’éclat de la chouannerie, de la Bretagne à la Normandie en passant par la Mayenne, mettant en exergue son sens de l’attaque tout comme de la guérilla, il fut emprisonné à la prison de la Force au printemps 1815, puis à celle de Sainte Pélagie jusqu’en juillet 1815, pour activité royaliste anti napoléonienne. Etabli à Paris au 2 rue Tronchet, il y mourut le 25 octobre 1839. Il fut enterré à Picpus.


de SAVOIE-CARIGNAN Marie-Thérèse, princesse de LAMBALLE (fin août au 3 septembre 1792)

Née en 1749, veuve à 19 ans, elle se consacre alors à des œuvres de charité. Devenue amie de Marie-Antoinette, elle est nommée en 1775 surintendante de la Maison de la Reine. Emprisonnée en août au Temple, elle sera transférée à la prison de la Force en fin août et massacrée le 3 septembre 1792.


Collège du Plessis – Paris 5è

C’est un collège de l'ancienne université de Paris.


Prisonniers de la Révolution (fin 18è)

Les locaux du collège du Plessis servirent de maison d'arrêt lors de la Terreur.

On y parquait notamment les détenus envoyés de province, après que le Comité de Salut Public, au printemps 1794, eut décrété que les suspects de province fussent envoyés à Paris. Ils arrivaient surtout des villes les plus proches, comme Senlis, Compiègne ou Chantilly, qui ne possédaient ni tribunal révolutionnaire, ni guillotine.

L'endroit était très inconfortable. On enfermait les hommes dans les caves et les femmes sous les toits. Plusieurs d'entre elles en profitèrent pour se jeter dans le vide par désespoir et s'écrasèrent sur la chaussée.

Lorsque ces lieux furent à leur tour devenus trop petits, on défonça le mur qui séparait le collège du Plessis de la Sorbonne, dont on réquisitionna quelques salles de cours pour y loger des détenus. Après la Terreur, le collège fut agrégé au lycée Louis le Grand.


Couvent des Fossés St Victor – Paris 5è

Ce groupe de bâtiments était situé à égale distance de la porte Saint-Victor et de la porte Saint-Michel, sur l'un des points les plus élevés de la contrescarpe des remparts construits en 1208 par Philippe Auguste. La rue suivait la trace de l'ancien fossé, et côtoyait la pente orientale de la montagne de Sainte-Geneviève, le Mons Lucotitius de l'époque gallo-romaine. Le couvent était destiné à des religieuses anglaises.


Prisonnières de la Révolution (fin 18è)

A l'automne 1793, les bonnes sœurs furent incarcérées chez elles comme anglaises et comme religieuses. On leur adjoignit bientôt une compatriote, Miss Betty Edgeworth de Firmont, la sœur de l'abbé qui avait accompagné Louis XVI jusqu'au pied de l'échafaud pour lui prodiguer les secours de la religion. L'endroit devint dès lors une prison pour femmes ‘suspectes d'être suspectes’.

Enfin, dans un souci de rationalité on leur envoya d'autres sœurs notamment celles du couvent des Anglaises, puis on y enferma des françaises par manque de place, parmi lesquelles on dénombra :


de CHAMPCENETZ Marquise (1804)

Belle-mère du spirituel journaliste royaliste de ce nom condamné par le Tribunal révolutionnaire au mois de juillet, elle fut très active dans la contre-révolution. Agente à Paris du comte d’Artois, Mme de Champcenetz était partie prenante dans le complot de Pichegru et elle fut arrêtée en 1804.

 

CONTAT Louise et Emilie (1794)

Ces célèbres actrices de la Comédie Française, fervents opposantes à la Révolution, furent internées en ce lieu ainsi qu'à Ste Pélagie, et ne durent leur salut à la destruction de leur dossier par Charles de la Buissière.

 

de MIRABEAU de CHATELLUX Marquise, née PLUNKETT

Mère du célèbre orateur, elle échappa à la guillotine pour mourir dans la misère.

 

de SAXE Marie-Aurore

Elle était la fille naturelle de Maurice comte de Saxe et de Marie Rinteau veuve de Dupin de Francueil.


Huit pensionnaires de cette prison seront guillotinées à cause de faits reprochés à leurs mari, père ou oncle, parmi lesquelles :


de LAVAL-MONTMORENCY Marie-Louise

Abbesse de Montmartre, âgée de soixante-douze ans, elle fut accusée d'avoir voulu s'enfuir par la fenêtre. Née en 1723 et décédée en 1794, elle fut la dernière et quarante-troisième abbesse de Montmartre. Le 16 août 1792, les bénédictines de Montmartre recevaient l'ordre de quitter leur abbaye ; elle se retira alors à St Denis avec neuf de ses religieuses puis trouva un asile momentané au château de Bondy chez la marquise de Crussol d'Amboise.

Sans égard pour son âge et pour ses infirmités, elle fut arrêtée et emprisonnée par les révolutionnaires aux couvent des Fossés St Victor puis à la prison St Lazare. Sourde et aveugle, Marie-Louise de Montmorency-Laval fut condamnée à mort par le tribunal Révolutionnaire pour avoir "sourdement et aveuglément" comploté contre la République et fut guillotinée le 24 juillet 1794 (5 thermidor an II), à la Barrière du Trône à Paris.

 

de La ROCHEFOUCAULD Anne-Alexandrine-Rosalie, comtesse de Durtal

 

de LAMOIGNON de MALESHERBES Antoinette-Thérèse

Elle était fille du célèbre avocat de Louis XVI ; on exécuta sa famille entière.

 

Le PELETIER de ROSAMBO Anne-Thérèse

Elle était la femme d'un membre éminent du Parlement de Paris.

 

de ROYE Françoise-Pauline

Elle était la Femme de Louis-Antoine de Gontaut, duc de Biron, pair et premier maréchal de France.

 

de BOUFFLERS Amélie (1794)

Elle était la femme d'Armand-Louis de Gontaut-Biron, neveu du maréchal. Arrêtée à deux reprises comme suspecte, elle fut condamnée à mort et guillotinée le 27 juin 1794 et fut inhumée au cimetière de Picpus.


Après thermidor, on fit de ce couvent une sorte de prison pour bonnes sœurs chassées de leurs communautés.

 

Prison Ste Pélagie – Paris 5è

Prisonniers de la Révolution

Cet ancien couvent servit pendant la Révolution pour emprisonner des contre-révolutionnaires. Elle était située entre l'actuel immeuble portant le numéro 56 de la rue de la Clef et celui du 11 de la rue Lacépède.


CONTAT Emilie et Louise (1793 - 1794)
Ces célèbres actrices de la Comédie Française, ferventes opposantes à la Révolution, furent internées en ce lieu puis au couvent des Fossés St Victor. Elles ne durent leur salut qu'à l'intervention de Charles de La Bussière, qui détruisait des dossiers de 'suspects'.


Du BARRY Jeanne, comtesse (1793)

Elle fut emprisonnée à Sainte-Pélagie le 22 septembre 1793. Elle s'y trouva en compagnie de nombreuses femmes et jeunes filles de toutes conditions. Elle fut transférée à la Conciergerie peu avant son supplice.


ROBERT Hubert (1793)

Peintre majeur du 18è, il fut jugé ‘suspect' et incarcéré à Ste-Pélagie en 1793.


ROUCHER Jean-Antoine

Il fut à la fois poète et receveur des gabelles. Après avoir rejoint à Versailles son oncle, l’Abbé Gros de Besplas, son poème écrit à l’occasion du mariage du Dauphin et de Marie Antoinette, La France et l’Autriche au temple de l’hymen, rencontra un certain succès et lui permit d’obtenir la charge de Receveur des gabelles, qu’il fit exercer par son afin de se consacrer à la poésie. En 1779 il acquiert également une grande renommée avec son monumental poème pastoral en douze chants, Les Mois. Ayant rédigé des articles anti-révolutionnaires et fortement critiqué Robespierre, il est arrêté et incarcéré à Ste Pélagie puis St Lazare. Transféré à la Conciergerie, il est jugé pour ‘complot monarchiste’, condamné à mort et guillotiné le 25 juillet 1794 avant d'être enterré à Picpus.


de VIROT de SOMBREUIL Charles-François (2 mai - juin 1794)
Maréchal de camp, héros de la bataille de Rocourt et gouverneur des Invalides, il prit part à la défense des Tuileries et du Roi le 10 août 1792. Arrêté le 16 août 1792 et emmené à la prison de l'Abbaye puis à Port Libre, il se retrouvera à Ste Pélagie le 2 mai 1794. Condamné à mort le 17 juin 1794, il est guillotiné place du Trône Renversé (la Nation).

Prisonniers de l’Empire

CHODRUC-DUCLOS Emile (fin 18é au début 19è)

Il était un ardent royaliste, et portait au Consul la même haine vouée naguère aux républicains, ce qui lui valut d’être enfermé dans plusieurs prisons franciliennes dont Ste Pélagie.
Duclos, qui après avoir été incarcéré à la prison de l’Abbaye avait feint d’accepter l’engagement demandé par Fouché de s’embarquer pour l’Angleterre, à peine libéré se retrouva en Vendée à la tête d'un groupe d'insurgés.

Bientôt, le général Hédouville soumit les dissidents de l'Ouest, puis il délivra un passeport à chacun d'eux, à charge pour les amnistiés de se rendre deux fois par mois en préfecture, exhiber leur exeat. Duclos, qui évidemment, ne voulut point s'y conformer, fut déporté à Vincennes puis à Ste Pélagie où il resta jusqu’en 1814.


NODIER Charles (1803)

Cet écrivain et historien, opposé aux despotismes et de sentiment royaliste (il collabora au Drapeau Blanc), fut emprisonné à Ste Pélagie pour ses écrits.

En 1803, il passe 36 jours dans la prison pour avoir composé La Napoléone. Son séjour en prison l’inspirera pour ses Souvenirs et portraits de la Révolution.


PICQUET Aimé Casimir Marie, chevalier du Boisguy (1815)

Né le 15 mars 1766, surnommé le ‘petit général’ en raison de son engagement précoce (15 ans), il fut un général chouan de grande valeur. Chef actif et excellent tacticien, aussi bien à l’occasion de la pacification de 1796 qu'à celle de 1800, Boisguy fut le dernier général chouan à déposer les armes, ce qui en fit une des figures majeure de la chouannerie. Après avoir participé à de nombreux coups d’éclat de la chouannerie, de la Bretagne à la Normandie en passant par la Mayenne, mettant en exergue son sens de l’attaque tout comme de la guérilla, il fut emprisonné à la prison de la Force, puis à celle de Sainte Pélagie jusqu’en juillet 1815, pour activité royaliste anti napoléonienne. Etabli à Paris au 2 rue Tronchet, il y mourut le 25 octobre 1839. Il fut enterré à Picpus.


Autres prisonniers

BRUANT Aristide (1884)

Il fut emprisonné en 1884 en raison de ses écrits jugés anarchistes.

Aristide Bruant, poète loué par Barrès, François Coppée et Anatole France, écrivit une série de chansons sur les quartiers de Paris, sur les bonheurs, misères et préoccupations des petites gens.

Sa carrure, sa présence en scène, sa voix rauque et puissante et ses chansons populaires ont fait de lui un monument de la chanson française. Il est un des poètes de l’argot de la fin du 19è siècle et du début du 20è siècle. Il a été aussi l'un des initiateurs d'un mouvement de la chanson française, la ‘chanson réaliste’, qui a perduré jusqu'aux trois quarts du 20è siècle avec notamment, comme une des dernières interprètes, Edith Piaf. Ce mouvement laisse des traces durables jusque dans la chanson française contemporaine où le texte garde une place importante. C'est l’héritage de ce chansonnier.


DRUMONT Édouard (novembre 1892 à février 1893)

Il fut emprisonné à Sainte-Pélagie du 3 novembre 1892 au 3 février 1893, purgeant une peine de trois mois de prison infligée par la Cour d'assises de la Seine pour avoir accusé le député Auguste Burdeau, rapporteur de la commission parlementaire chargée de se prononcer sur le renouvellement des avantages accordés au conseil de régence de la Banque de France. Dans un article de son quotidien "La libre parole", Drumont avait accusé Burdeau d'avoir reçu des fonds de la part d'un des membres du conseil de régence, le banquier Alphonse de Rothschild, pour conclure au renouvellement des privilèges.


Séminaire St Firmin – Paris 5è

Prisonniers de la Révolution (septembre 1792)

En 1792 le séminaire, proche de la Mutualité, est transformé en dépôt pour les prêtres réfractaires et les laïcs qui leur sont fidèles et pour les prêtres réfractaires et laïcs des collèges, communautés religieuses du quartier et les aumôniers des hôpitaux (93 détenus dont 76 sont massacrés).

Le 3 septembre 1792, à 5h30, des forcenés se présentèrent à Saint-Firmin et firent sortir les prêtres pour les exécuter. Comme les gens du quartier parurent prendre leur défense, ils les firent rentrer à nouveau, et le massacre commença. Il y eut 75 tués, dont les corps furent emmenés dans les carrières de la Tombe Issoire.

En 1926 l’Eglise fit Bienheureux une partie de ces victimes.


Prison du Cherche-Midi – Paris 6è

Prisonniers de la résistance (1940 à 1945)

Des acteurs de la résistance y furent emprisonnés par la Gestapo pendant la deuxième guerre mondiale.


ESTIENNE D’ORVES Honoré (26 février au 9 juin 1941)

Catholique royaliste, cet officier de Marine fut le créateur du réseau de renseignement France Libre et du réseau de résistance breton Nemrod, mais aussi le premier martyr de la Résistance. Estienne d’Orves choisit très tôt d’entrer en résistance tout en comprenant et soutenant la tâche du Maréchal Pétain. Arrêté, il est emprisonné au Cherche-Midi puis, le 9 juin 1941, est transféré à Fresnes.


Prisonnier de l’Epuration (fin de la guerre 1939-1945)

FABRE-LUCE Albert (début juillet – fin octobre 1943)

Né le 16 mai 1899 et mort le 17 mai 1983 à Paris, il était un journaliste et écrivain.

Intellectuel et homme politique de gauche avant 1935, après 1936 il est proche du Parti Populaire Français (PPF). En 1936 il devient directeur du journal L'Assaut, un hebdomadaire anti front populaire.

En 1940, Alfred Fabre-Luce, comme de nombreux hommes politiques de gauche, soutient le Maréchal Pétain mais son ouvrage Journal de la France, qui sera publié en quatre volumes entre 1940 et 1946, uniquement en Zone Libre, est censuré par les Allemands et il fait quatre mois à la prison du Cherche-Midi, de début juillet à fin octobre 1943. A la Libération il refait trois mois au camp de Drancy et à Fresnes et il est mis à l'index. Il écrivit Double Prison au sujet de ses emprisonnements.


Palais du Luxembourg – Paris 6è

Famille Royale (10 au 13 août 1792)

Au lendemain du 10 août 1792, c’est au Luxembourg que fut enfermée, selon les volontés de l'Assemblée législative, la famille royale, avant d’être transférée à la prison du Temple le 13 août suivant.


Prison de l’Abbaye – Paris 6è

Elle occupait une partie du boulevard Saint Germain à Paris. La prison de l'Abbaye est une ancienne prison d'État construite en 1522, composée d'un rez-de-chaussée et de deux étages flanquées de deux tourelles et d'une échauguette.


Prisonniers de la Révolution (fin 18è)

La prison de l’Abbaye fut le théâtre de l'un des épisodes les plus terribles de la Révolution Française. Pendant la Révolution, on y enferma une foule de personnes de toutes conditions, accusées d'opposition au régime républicain.

Déjà, on y enferma des Suisses après le 10 août 1792 ; puis de nombreux "suspects" étant arrêtés les jours suivants la prison devient trop petite et on utilisa les bâtiments de l'abbaye, en particulier la chapelle de la Vierge et les bâtiments entourant le cloître (à l'emplacement de la rue de l'Abbaye).


de VIROT de SOMBREUIL Charles-François (16 août 1792 - 27 décembre 1793)

Maréchal de camp, héros de la bataille de Rocourt et gouverneur des Invalides, il prit part à la défense des Tuileries et du Roi le 10 août 1792. Arrêté le 16 août 1792, il est emmené à la prison de l'Abbaye où sa fille Jeanne le rejoint le lendemain et parvient à le sauver temporairement. Le 27 décembre 1793 il sera interné à Port Libre puis à Ste Pélagie. Condamné à mort le 17 juin 1794, il est guillotiné place du Trône Renversé (la Nation).

Les Chevaliers du poignard (1792)

Ce groupe de jeunes nobles fut constitué lors de Révolution française, d'emmener le Roi hors de Paris et du palais des Tuileries où se trouvait la famille royale depuis fin juin 1791, afin de sauver la Monarchie. Le 28 février 1791, plusieurs centaines de ces gentilshommes contre-révolutionnaires dirigés par le duc de Villequier, pour la plupart habillés en noir et les cheveux roulés comme signe convenu, se présentèrent aux Tuileries ; ils y avaient caché des pistolets, de courtes épées et des poignards et venaient se mettre au service du Roi pour le défendre.
— "Sire, disent-ils au monarque, c'est votre fidèle noblesse (trois cents personnes) qui accourt auprès de votre personne sacrée pour la défendre". [Georges Touchard Lafosse dans son Histoire de Paris]

Mal conseillé par La Fayette, Louis XVI demanda à la Garde Nationale de les désarmer et les engagea à se retirer. Cependant, forcés de passer entre deux haies de gardes nationaux, ils ne le firent pas sans essuyer des huées, des propos insultants, et même des coups en présence du Roi. Certains d’entre eux seront emprisonnés à l’Abbaye, comme :

 

d’AGOULT, BERTHIER-SAUVIGNY, d’ESPREMENIL, FRONDEVILLE


Prisonniers des massacres de septembre (2 et 3 septembre 1792)
Les 2 et 3 septembre 1792, un groupe de forcenés, conduits par Stanislas-Marie Maillard, dit Tappe dur, y massacrèrent 164 prisonniers, dont 18 prêtres. Parmi les victimes on peut citer :

LENFANT, abbé


de MONTMORIN DE ST HEREM Armand Marc, comte (août 1792)
Né à Paris le 13 octobre 1745, ce ministre des affaires étrangères de Louis XVI défendit le Roi et les Tuileries le 10 août 1792. Arrêté et interné à l'Abbaye, il est condamné à mort le 17 juin 1793 et massacré dans cette prison le 2 septembre 1792.

De toutes les prisons de Paris qui furent le cadre des massacres de septembre 1792, comme la prison voisine des Carmes, celle de l’Abbaye est, en un certain sens, la plus marquante comme lieu de profanation. Dans cette prison plus de 300 personnes furent tuées dans des conditions qui dépassent l’entendement, victimes de la folie meurtrière d’une cinquantaine d’énergumènes conduites par Stanislas-Marie Maillard, qui était pourtant supposé les maîtriser.

 

A l’Abbaye, on avait fait du massacre un spectacle. On avait entassé des vêtements au milieu de la cour pour en faire une sorte de matelas. La victime, lancée de la porte dans cette sorte d’arène, était passée de sabre en sabre et tombait sur le " matelas " trempé et retrempé de sang. Les spectateurs s’intéressaient à la manière dont chacun courait, criait et tombait. Ils relevaient le courage ou, au contraire, la lâcheté qu’avait montré telle ou telle victime, et semblaient juger en connaisseurs. Les femmes, surtout, prenaient un grand plaisir : leur première répugnance passée, elles devenaient des spectatrices terribles, insatiables, comme furieuses de plaisir et de curiosité. Les massacreurs avaient installé des bancs, des bancs pour les messieurs, des bancs pour les dames.

En 1926 l’Eglise fit Bienheureux une partie de ces victimes.

Il subsiste de l'Abbaye, l'église et le palais abbatial, quelques pierres rassemblées dans le square et un vestige d'une des tours d'enceinte de l'abbaye au 15 de la rue Saint-Benoît. A l'intérieur de l'église une chapelle latérale sud est consacrée aux Bienheureux martyrs.


CHODRUC-DUCLOS Emile (fin 18è au début 19è)

Il était un ardent royaliste, et portait au Consul la même haine vouée naguère aux républicains, ce qui lui valut d’être enfermé dans plusieurs prisons franciliennes, dont celle de l’Abbaye pour commencer, suite à une décision de Fouché quand il apprit sa présence dans la capitale. Fouché, qui achetait volontiers âmes et hommes, ‘invita’ Chodruc-Duclos à partir pour les îles.

Chodruc-Duclos feignit d'accepter et promit de s'embarquer mais, à peine libéré, il se retrouva en Vendée à la tête d'un groupe d'insurgés.

de La BUISSIERE Charles, dit La Bussière (1795) 

Cet acteur, interprète et comédien, ne tarda pas à se faire remarquer sous la Révolution : en 1789, devant l'assemblée réunie dans l'église Saint-Jacques-Hôpital, présidée par le vieux Charrier ancien procureur au Châtelet, il soutint une motion selon laquelle il fallait envoyer une députation à Versailles auprès du roi pour qu'il fit "entrer dans Paris 12 000 hommes de troupe afin d'y rétablir l'ordre". Cette proposition eut le résultat qu'on pouvait attendre : il fut immédiatement pendu à la lanterne par les assistants furieux. Délivré par des gardes françaises, il fut remis par eux ‘plus mort que vif’ entre les mains de F. Gallet de Santerre, banquier à Paris, qui était une de ses connaissances. Conduit à la prison de l'Abbaye, il en sortit quelques semaines a

Publicité
près.

La suite de son destin est étonnante : employé au Comité de Salut Public et au Comité de Sûreté Générale -où il compte des amis- malgré ses opinons anti-révolutionnaires connues, La Buissière prend l'habitude de se rendre la nuit aux Bains de Pierre Vigier, installés sur la Seine, avec des pièces d’accusation emporte à sa sortie du bureau avant de les détruire : 924 procès auraient ainsi été jetés et des centaines de personnes sauvées. Il fera un court séjour en prison lors de la tentative de coup d’état royaliste du 13 vendémiaire.

Couvent des Carmes - Paris 6è
Prisonniers de la Révolution (août 1792 à décembre 1794)

La Prison des Carmes fut installée pendant la Révolution dans l’ancien couvent des Carmes à Paris. Ce couvent formait un vaste enclos couvrant l’espace circonscrit par les rues du Regard, du Cherche Midi et Cassette, et était bordé au sud par la rue de Vaugirard.

Le 11 août 1792, le lendemain de la chute de la monarchie, l’église du couvent Saint Joseph des Carmes fut transformée en dépôt pour des prêtres réfractaires arrêtés à Issy et dans le quartier voisin de St Sulpice. Après avoir été dépouillée de son argenterie et de sa bibliothèque, la communauté des religieux Carmes Déchaussés dut quitter son monastère, qui fut transformé en prison pour accueillir les ‘suspects’ qui feront partie des victimes des massacres de septembre 1792.

186 religieux et dix laïcs y furent enfermés dans des conditions de vie précaires. Les premiers détenus de la prison des Carmes furent jugés le 5 thermidor an II.


Le 2 septembre 1792, ce fut le carnage. Ce jour-là, vers 16 heures, un groupe de forcenés en armes pénètre dans le jardin pendant la promenade et massacre pendant quinze minutes plusieurs prêtres et deux évêques. Après avoir été enfermés dans l’église pour certains d’entre eux, les trois prélats et nombreux prêtres furent massacrés dans les jardins du couvent pendant les journées du 2, 3, 4 et 5 septembre 1792.

Puis les commissaires de la section du Luxembourg organisent un simulacre de procès, demandant à chaque prisonnier de prêter serment ; à chaque réponse négative, le prêtre est exécuté à l’arme blanche. Après deux heures, des dizaines de cadavres s’entassent dans le parc, jetés dès le lendemain dans un puits ou dans le cimetière de Vaugirard.

116 prêtres dont des évêques y furent massacrés dans des conditions particulièrement violentes, sous la conduite du commissaire Stanislas-Marie Maillard, exécuteur des ordres du Comité de surveillance. Celui-ci avait installé un tribunal dans le couvent. Il jugeait et condamnait un à un tous ceux qui se présentaient devant lui " à la force ". La porte s’ouvrait et dès que les religieux qui avaient refusé de prêter serment à la Constitution Civile du clergé en franchissaient le seuil, ils tombaient sous les piques ou les baïonnettes. Ce massacre dura toute la nuit.

04._Hic_ceciderunt_la_plaque_rappelant_l
Parmi les victimes de ce massacre du 2 septembre 1792, qui en réalité dura jusqu’au 5 septembre, on peut citer :


BONNAUD Jacques

Il était vicaire général de Lyon et fut déclaré nommé Bienheureux. Il fit partie des 23 Jésuites qui, ayant refusé la Constitution Civile du Clergé, furent internés et massacrés aux Carmes.


CHEVREUX Ambroise, Dom

D’abord moine à l’abbaye de St Germain des Prés, il fut le dernier supérieur de la Congrégation de St Maur. Élu supérieur général, député de Paris aux Etats-Généraux, il soutient les droits de l’Ordre de St Benoît contre les réclamations des révolutionnaires.


DELFAUD Guillaume-Antoine

Il était archiprêtre de Daglan et fut déclaré nommé Bienheureux. Il fit partie des 23 Jésuites qui, ayant refusé la Constitution Civile du Clergé, furent internés et tués aux Carmes.


de FOUCAULD de PONTBRIAND Armand

Il était prêtre dans l’archidiocèse d’Arles.


GRASSET André

Né en 1758 au Québec, ordonné prêtre en France et membre de la communauté québécoise Saint Sulpice, comme bien des membres du clergé il refusa de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé et dut se retirer chez les Eudistes à Paris avant d’être arrêté et conduit aux Carmes. Huit membres de la communauté Saint Sulpice l’accompagnèrent dans le martyre.


GROS Marie-Joseph

Curé de St Nicolas du Chardonnet et surnommé ‘le nouveau St Vincent de Paul’, il est élu député du clergé aux Etats-Généraux ; siégeant à droite de l'Assemblée, il y défend l'Ancien régime et prend la parole sur les biens du clergé.

Ce pasteur, qui avait pour ses paroissiens la tendresse d'un père pour ses enfants, reconnaît le 3 septembre 1792, parmi ses bourreaux, l’un de ses paroissiens et lui dit : " Mon ami, je te reconnais. — Eh oui ! lui répondit l'anthropophage et moi aussi, je vous reconnais : je sais que dans plusieurs occasions vous m'avez rendu service. — Comme tu m'en paies! répliqua le bon curé. — Je ne saurais qu'y faire, reprit le bourreau : ce n'est point ma faute ; la nation le veut ainsi, et la nation me paie. " Ayant achevé ces mots, le cannibale fit signe à ses camarades ; tous ensemble saisirent ce vénérable prêtre et le jetèrent par la fenêtre ; sa cervelle se répandit sur le pavé, ses membres palpitèrent pendant plusieurs minutes. Depuis sa mort on a ouvert son testament, on a trouvé qu'il léguait tous ses biens aux pauvres de sa paroisse. " (raconté par l'historien Nougaret in Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris des frères Lazare)


HEBERT François-Louis

Supérieur général des prêtres de la congrégation des Eudistes, l’un des derniers confesseurs de Louis XVI, il fut arrêté le 12 août 1792.


LANFANT Alexandre

Il était prédicateur à la Cour. Il fit partie des 23 Jésuites qui, ayant refusé la Constitution Civile du Clergé, furent internés et massacrés aux Carmes.


de LAROCHEFOUCAULD-BAYERS François-Joseph

Nommé évêque de Beauvais le 22 mars 1772 et sacré le 12 juillet, il était aussi pair de France et député aux États généraux. Son frère et évêque Pierre-Louis l’accompagna dans le martyre.


de LAROCHEFOUCAULD-BAYERS Pierre-Louis

Evêque de Saintes, il accompagna son frère François-Joseph dans le martyre.


du LAU Jean-Marie, archevêque

Cet archevêque d’Arles, béatifié, est fêté le 2 septembre.


PAZERY de THORAME Pierre François

Il était prêtre dans l’archidiocèse d’Arles.


Ceux qui sont morts ce 2 septembre ont été appelés les ‘martyrs de septembre’ ou encore les ‘martyrs des Carmes’ et
seront béatifiées en 1926 comme martyrs de la foi. Leurs reliques, retrouvées dans un puits lors du percement de la rue de Rennes en 1867, sont honorées aujourd'hui dans une châsse en verre de la crypte du couvent des Carmes, inaugurée en 1868, où se trouve également le tombeau de Frédéric Ozanam. Ce couvent est devenu l’Ecole des Carmes puis l’Institut Catholique de Paris.

Enfin, il faut ajouter que du 21 décembre 1793 à décembre 1794, étant donné l’encombrement des prisons parisiennes à cause de la Terreur de nombreuses futures victimes de la guillotine furent emprisonnées aux Carmes dans des conditions effroyables. Ce fut le cas notamment des martyrs suivants :


d’AUTICHAMPS François-Charles-Antoine

Il était chanoine à Notre-Dame et frère d’un général vendéen.


de BEAUHARNAIS Alexandre François Marie, général

Né en 1760, vicomte de Beauharnais, il entra dans la 1è compagnie des Mousquetaires en 1775 et fut sous-lieutenant dans le Régiment de Sarre Infanterie. Nommé général en chef de l’Armée du Rhin le 23 mai 1793, il fut arrêté en janvier 1794, transféré aux Carmes puis guillotiné le 23 juillet 1794 et enterré à Picpus.


BOUCHER d’ARGIS André-Jean

Né en 1750, il était lieutenant particulier au Châtelet.


de CHAMPCENETZ Louis

Il était collaborateur au journal royaliste Les actes des apôtres.


de GOUY d’ARSY Louis-Marthe

Né le 15 juillet 1753, il eut une grande carrière : en 1788 il fut ainsi chevalier de Saint-Louis, puis grand bailli d'épée des baillages de Melun et Moret ; administrateur de la compagnie des Eaux de Paris, député à l’Assemblée constituante, il devint maire, puis commandant de la garde nationale de Fontainebleau et enfin maréchal de camp le 6 février 1792. Arrêté en avril 1793 et interné aux Carmes, il sera guillotiné le 23 juillet 1794.


de ROHAN-MONTBAZON Louis-Armand-Constantin, prince, de SANTERRE Gilles, de SOYECOURT Joachim-Charles


Aujourd’hui il reste l'église, le bâtiment de moines entourant le cloître (actuelle salle des actes), le couloir et le perron du massacre, une salle dite ‘des épées’ (traces de sang laissées par trois épées) au dessus du perron, et une partie du jardin. Dans la crypte sont conservés les ossements retrouvés dans le puits, les boiseries et une partie du pavement de la chapelle du jardin (qui se trouvait à l'emplacement du 112 de la rue de Rennes et détruite lors du percement de cette voie).

Une plaque sur la façade rue de Vaugirard évoque le souvenir des prêtres martyrs.


Prison Montprin – Paris 6è

Dans ce couvent désaffecté de la rue Notre-Dame des Champs, du côté de la rue d’Assas, fut aménagée une pension qui servit à la fois de moyen d’enrichissement pour ses tenanciers et de prison pour des ‘suspects’ que la Révolution voulait garder enfermés, notamment :


de CROY d'HAVRE Louise-Élisabeth-Joséphine, duchesse de Tourzel (1794)

Née le 11 juin 1749 à Paris, elle fut gouvernante des enfants royaux. Cette femme d’un grand courage fut d’un précieux secours pour la famille royale et ses enfants. Après la prison du Temple en fin août et septembre 1792 et la Force en septembre, sa dernière prison sera la pension Montprin où elle resta quatre mois, puis elle échappera à la guillotine. Elle est morte le 15 mai 1832 à Paris. Elle a écrit ses Mémoires.

LUBOMIRSKA Alexandrine (30 juin au 17 juillet 1794)

A 5 ans, cette fille d’une princesse polonaise ukrainienne qui avait été guillotinée fut emprisonnée à Montprin, du 30 juin au 17 juillet 1794.

Retour Prisons des justes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :