Prisons des justes - Seine St Denis


Camp de Drancy - St Denis

Prisonniers de la résistance (guerre 1939-45)

Des dizaines de milliers de prisonniers y furent internés avant, pour la plupart, d’être transférés par les Allemands dans des camps situés hors de France, où la plupart moururent.


BERNARD Jean-Guy (juillet 1944)

Secrétaire Général du mouvement Combat du catholique monarchiste Henri Frenay, il fut interné à Drancy. Il avait assumé des rôles de dirigeant dans les réseaux du Noyautage des Administrations Publiques (NAP) en zone nord, et de Résistance-Fer. Il est mort le 15 août lors de son transfert de Drancy vers le camp polonais d’Auschwitz.


Prisonniers de l’Epuration (fin de la guerre 1939-45)

De nombreux prisonniers célèbres du monde des arts et des lettres et de la politique y furent incarcérés sous le prétexte de collaboration littéraire avec l’Occupant ou de sympathie pour la doctrine de l’Etat Français.


ARLETTY (1944)

L’artiste, qui avait eu des relations avec des officiers allemands, fut brièvement internée à Drancy avant d’être transférée à Fresnes puis innocentée.


BALLU Guillaume (été 1944)

Petit-fils du célèbre architecte Roger Ballu, maire de Gournay sur Marne de 1924 à 1942 et propriétaire du château qu’il vendit à la ville en 1925, Guillaume Ballu est né et décédé à Gournay sur Marne (Seine et Oise, actuelle Seine St Denis) les 27 mai 1885 et 11 mai 1968. Proche des libéraux centristes, il est député de Seine et Oise de 1928 à 1936. Le conseil municipal de la ville étant dissous pendant l’Occupation, il est nommé président de la délégation spéciale, mandat qu'il conserve jusqu'en 1944. Il fut arrêté à Drancy lors de l’Epuration.


BERANGER Pierre (été 1944)

Né le 26 juin 1888 et mort le 20 mars 1967 à Paris, ce député centriste vota les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Il fut arrêté à Drancy lors de l’Epuration.


CASTELLAZ Louis (été 1944)

Membre du Conseil Municipal de Paris, il fut emprisonné à Drancy pendant l’Epuration.


FABRE-LUCE Albert (automne 1944)

Né le 16 mai 1899 et mort le 17 mai 1983 à Paris, il était un journaliste et écrivain français.

Intellectuel et homme politique de gauche avant 1935, après 1936 il est proche du Parti Populaire Français (PPF). En 1936 il devient directeur du journal L'Assaut, un hebdomadaire fort critique avec le front populaire.

En 1940, Alfred Fabre-Luce, comme de nombreux hommes politiques de gauche, soutient le Maréchal Pétain mais son ouvrage Journal de la France, qui sera publié en quatre volumes entre 1940 et 1946, uniquement en Zone Libre, est censuré par les Allemands et il fait quatre mois à la prison du Cherche-Midi. A la Libération il refait trois mois au camp de Drancy et à Fresnes, entre septembre et novembre 1944, et il est mis à l'index. Il écrivit Double Prison au sujet de ses emprisonnements.


FAY Bernard (1944 - ?)

Né le 8 avril 1893 à Paris, détenteur de la Croix de guerre reçue à Verdun en 1914-18, cet administrateur et écrivain participa dans les années 1930 à La Gerbe, un journal nationaliste. Il fut administrateur général de la Bibliothèque de France sous l'Etat Français, à partir du 6 juin 1940 ; son travail de réorganisation est considérable et se veut accompagner l'effort de redressement national prôné par le Maréchal Pétain. Monarchiste et anti-maçonnique, il publie pendant 4 ans les Documents Maçonniques ; pour dénoncer la malfaisance de cette secte, il fait tourner un film, organise des conférences et une grande exposition au Petit Palais en octobre et novembre 1941. Arrêté le 19 août 1944, il est condamné en 1945 à la perpétuité, à la confiscation de ses biens et à l'indignité nationale, alors que son rôle dans la protection d'israélites apparaît évident.

Son emprisonnement se déroule notamment au camp de Drancy et à Fresnes. Au sujet de ces incarcérations il a écrit De la prison de ce monde, journal, prières et pensées, 1944-1952.

échappé en 1951 et évadé en Suisse, il sera gracié en 1959.

Brillant universitaire, brillant professeur, Fay avait vu sa carrière culminer avec une nomination comme enseignant au Collège de France entre 1932 et 1944. Il est mort en 1979.


GROSSETTE (été 1944)

Cette personnalité des Halles Centrales fut internée à Drancy lors de l’Epuration.


GUITRY Sacha (été 1944)

Comédien, dramaturge, réalisateur de cinéma, auteur prolifique de pièces de théâtres, il fut arrêté en août 1944 à Paris, sous le prétexte qu’il avait continué à travailler pendant la guerre et qu’il était proche d’Arletty. Il a écrit 4 ans d'occupations et 60 jours de prison pour raconter cette incarcération, qui faisait suite à une brève incarcération au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris. Il sera ensuite transféré à la Santé.


HENRIOT (été 1944)

Adjoint au maire de Boulogne sur Seine, il fut emprisonné à Drancy pendant l’Epuration.


LUBIN Germaine (été 1944)

Cette soprano, née et morte à Paris les 1er février 1790 et 17 octobre 1979 fut une très célèbre chanteuse d’Opéra, qui dès 1915 entra au Palais Garnier pour y interpréter de nombreux rôles. Elle chanta notamment sous la direction de Richard Strauss et eut un énorme succès à Bayreuth en 1938 et 1939. Ayant continué à se produire à Paris pendant l’Occupation, elle fut arrêtée le 26 août 1944 et internée à Drancy (puis à Fresnes à l’automne) alors qu’elle permit la libération de nombreux prisonniers. Innocentée en 1946, elle n’en fut pas moins frappée d’interdiction de séjour et de l’indignité nationale (ramenée à 5 ans), tandis que ses biens furent confisqués. Interdite de chanter en France, elle sembla perdre sa voix et sa santé pour se produire à l’étranger. Revenue à Paris, elle fut encouragée pour remonter sur scène : le 29 mars 1950, elle donna à la salle Gaveau son dernier concert, dans une atmosphère d’immense émotion. Elle enseigna le chant jusqu’à sa mort, à son domicile parisien du 5 quai Voltaire. Toute sa vie elle lutta héroïquement contre l’infâme injustice que lui fit son propre pays.


MARQUET Mary (1944)

Elle fut brièvement internée à Drancy avant d’être transférée à Fresnes puis innocentée.

Elle a écrit, au sujet de cet emprisonnement, Cellule 209.


TAITTINGER Pierre (septembre 1944)

Combattant avec citations de la 1è guerre mondiale, Taittinger fut député de Paris de 1924 à 1940, conseiller général de Paris et de la Seine en 1937, puis président du conseil municipal de Paris en 1943-1944, en pleine occupation. Homme droit et patriote résolu, il subira en 1944 le déchaînement de haine des révolutionnaires ‘résistants’ du milieu parisien, avides d’une nouvelle ‘Commune’ pouvant permettre d’installer un pouvoir ‘Rouge’.

Homme de droite, il avait rejoint les Jeunesses Plébiscitaires de Déroulède dès son plus jeune âge avant d’en être leur président en 1913. Puis il avait crée en 1924 l'organisation des Jeunesses Patriotes qui regroupera 300.000 membres dès 1929 et se voulait la continuation de la Ligue des Patriotes de Déroulède.

En 1935 elles deviendront un parti politique, le parti républicain national et social (PRNS) dont les principaux buts sont la lutte contre le communisme et le danger hitlérien.

Présent avec les Jeunesses Patriotes à la célèbre nuit d'émeutes du 6 février 1934, puis dirigeant avant-guerre d’un Front National, Taittinger devint en 1940 un fidèle soutient à la Révolution nationale et à Pétain, à qui il vota les pleins pouvoirs.

Il est avéré que son intervention auprès du général Dietrich von Choltitz permit d’éviter la destruction de Paris, ainsi que l’atteste sa nomination en 1954 comme député honoraire de Paris et aussi son livre …Et comment Paris ne fut pas détruit.

Arrêté le 20 août 1944 à l’Hôtel de Ville de Paris par des bandes communistes, Taittinger, après quelques jours d’emprisonnement au Dépôt de la Préfecture de Paris et au Vel d’Hiv dans des conditions de grande violence et d’inhumanité, sera ensuite emprisonné un mois à Drancy en septembre 1944, où les FFI et FTP répandent la terreur sanguinaire dans le ‘Trou’ soit la cave du bâtiment.

Il devint membre de l’Association pour Défendre la Mémoire du Maréchal Pétain après la guerre. Il mourra le 22 janvier 1965 à Paris.


TINO Rossi (été 1944)

Arrêté pour avoir prêté sa voix à Radio Paris, le ténor se retrouve emprisonné à Drancy. Il se retrouvera aussi à Fresnes.

 
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