Fort de Châtillon - Fontenay-aux-Roses / Hauts de Seine
Joseph Darnand, fusillé le 10 octobre 1945
Darnand, né le 19 mars 1897 de famille modeste, est d’abord un très grand soldat.
Pendant la Premiere Guerre
mondiale, quasiment à lui seul, il capture un PC allemand permettant de manière significative la réussite de l'offensive de 1918. Son commando s'empare en effet de documents allemands essentiels
qui permettent de connaître le plan de l'offensive ennemie du 15 juillet 1918, le Friedensturm, qui sera vouée à l'échec immédiat. Clémenceau dira de lui qu'il est l'un des 3 artisans de la
Victoire avec Pétain et Foch. Il reçoit à cette occasion plusieurs citations pour son courage comme ‘nettoyeur de tranchées’. Héros de la guerre 14-18, deux fois blessé, six fois cité dont deux
fois à l'ordre de l'Armée, Darnand est titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre belge. Il termine la guerre adjudant et reçoit la médaille militaire des mains du général
Pétain.

Lieutenant de réserve en 1940, il est affecté à un corps franc rattaché au 24è bataillon de chasseurs alpins dont le commandement lui échoit rapidement. Capturé par les Allemands le 19 juin 1940,
il s'évade du camp de Pithiviers en août 1940 avec la complicité de Marcel Gombert.
Durant cette campagne de 40, Darnand est l'auteur d'un des trop rares faits d'armes français. Sa compagnie se fait accrocher dans une ville et le capitaine de la compagnie tué ; il faut évacuer d'urgence devant la pression des allemands, qui prennent possession de la ville et consolident leurs défenses. La nuit même, à la tête d'un commando d'une poignée d'hommes, Darnand revient, récupère le corps de l'officier français à la barbe des allemands et se replie non sans avoir infligé des pertes sérieuses à l'ennemi. Il est alors nommé ‘premier soldat de France’ et fait officier de la Légion d’Honneur pour avoir été chercher aux mains de l'ennemi le corps de son chef et ami le capitaine Agnely. Son acte héroïque lui vaut de faire la couverture de Paris-Match, le 21 mars 1940.
En décorant le lieutenant
Darnand, le général Georges déclare :
" Cet officier a accompli le plus beau fait d'armes de cette guerre ".
L’entre-deux guerres aura été pour ce paysan de race, dont la droiture le dispute à la bravoure, une suite d’engagements nationalistes. Darnand, après avoir quitté l'Armée en 1921, se marie puis
fonde une entreprise de transport à Nice, qu'il dirigera jusqu'en 1942. Pendant cette époque, dans son département des Alpes-Maritimes et en particulier à Nice, il est militant et cadre à
l’Action Française et aux Croix de Feu ; après le 6 février 1934, il se rapproche à la fois du Parti Populaire Français et de la Cagoule (ou Comité Secret d’Action Révolutionnaire), dont il
sera responsable à Nice. Il approvisionne alors le réseau de la Cagoule en matériel y compris militaire, par l’intermédiaire de l’Italie.
A chaque fois, ses qualités
d’organisateur et d’homme de rigueur sont remarquées ; par ailleurs son image de soldat héros, d’homme du peuple au style fasciste, ne déplaisent pas à Nice. Aussi, lorsqu’il est arrêté le
14 juillet 1938 et emprisonné à la Santé pour ses activités cagoulardes, l’émoi est considérable et la mobilisation de soutien très importante. Quand Darnand est remis en liberté, le 21 décembre
1938, ses amis organisent en son honneur une grande réception ; un non-lieu sera finalement prononcé en juillet 1939.
L’armistice signée, Darnand est pressenti pour organiser la formation militaire et patriotique d’un corps nationaliste au service du nouvel Etat Français. Ainsi, dès octobre 1940 il dirige
d’abord la Légion Française des Combattants dans les Alpes-Maritimes avant d’y créer le Service d’Ordre Légionnaire en août 1941, transformé en Milice Française le 31 Janvier 1943. Dans les
conditions dramatiques de l’Occupation française, Darnand tentera de maintenir l’ordre dans la fidélité et la loyauté absolue au Maréchal Pétain et au travers d’une ligne politique mêlant
nationalisme, fascisme et corporatisme.
A partir de la Milice et surtout dès l’hiver 1943, l’exercice sera difficile : l’exacerbation des relations avec une résistance de plus en plus violente et la nervosité croissante des miliciens l’empêcheront d’éviter un durcissement parfois brutal et un juste discernement entre les agitateurs gaullo-communistes et les vrais résistants. Darnand, le plus brave des soldats français pris dans la spirale de la Milice et de l’Occupation ? Sans doute, la fin de Darnand ressemble au terme d’une pièce dramatique qu’il aura voulu jouer jusqu’au bout, sans rien regretter ni sans rien renier.
En septembre 1944, Darnand
poursuit d’ailleurs son engagement en suivant le Maréchal Pétain, prisonnier des allemands, à Sigmaringen, espérant aussi intégrer la Division Charlemagne ; c’est en Italie qu’il se
retrouvera : installé à Milan le 12 mars 1945, il affronte les communistes et mène son dernier combat contre les partisans italiens à Tirano le 24 avril 1945. Réfugié dans la montagne,
habillé en religieux, il est arrêté sur renseignement le 25 juin et transféré à Paris le 2 juillet, puis condamné à mort le 3 octobre après avoir déclaré :
" Moi qui suis un homme
simple, j’ai marché, je n’ai pas joué le double jeu ".
Le 10 octobre 1945, au magistrat qui vient le mander, Joseph Darnand réplique :
" Je vous pardonne et je vous souhaite de mourir la conscience aussi tranquille que
moi ".
Puis, dans la voiture qui l’emmène de Fresnes au fort de Châtillon, Darnand s’adresse au sergent-chef Père Bruckberger :
" Oui, c’était un bon sang, un sang
fort et généreux, un sang de paysan qui ne mentait pas (…)
Dites bien à mes camarades,
dites-leur bien que s’ils veulent rester fidèles à ma mémoire, eh bien ! Qu’ils essaient de gagner les cœurs ".
Arrivé au fort, Joseph Darnand fut mis en joue et, bravement, il entonna :
" A genoux nous fîmes le serment,
Miliciens, de mourir en chantant
S'il le faut pour la nouvelle France "
Jean Hérold-Paquis, fusillé le 11 octobre 1945
Jean Hérold-Paquis, dit Hérold-Paquis, né à Arches (Vosges) le 4 février 1912 et
fusillé au fort de Châtillon le 11 octobre 1945, est un journaliste radiophonique français, connu pour ses chroniques anti anglaises, anti gaullistes et anticommunistes sur Radio
Paris.
Journaliste français de droite, puis, rapidement, de la droite nationaliste, il commence à avoir un début de notoriété, après des débuts décevants, comme chroniqueur radiophonique dans le grand
quotidien catholique Choisir. Puis il devient célèbre en s'engageant aux côtés des nationalistes pendant la guerre d’Espagne, dans le Tercio ;
Hérold-Paquis participe alors aux émissions en langue française de Radio-Saragosse. Il fonde également l'Association des amis de Radio-Saragosse, qui compte jusqu'à 18 000 membres. En 1939, il
fait la connaissance du maréchal Pétain, nommé ambassadeur de France en Espagne.
Après la défaite de 1940, Hérold-Paquis choisit la collaboration avec l'occupant par anglophobie, en raison notamment de l'attaque criminelle de la flotte française par les Anglais à Mers el
Kébir, où des milliers de marins français avaient été tués et une partie de la Marine détruite. Par ailleurs il fut membre du Parti Populaire Français et du comité d'honneur de la Waffen-SS
française.
Hérold-Paquis s'est surtout fait connaître pendant l'Occupation, à partir du 4 janvier 1942, avec sa chronique militaire de Radio Paris tenue après le journal de vingt heures, qu'il finissait
ainsi : " L'Angleterre, comme Carthage, sera détruite ! "
En 1944, il fuit Paris et se réfugie en Allemagne. Il y poursuit ses chroniques à l'antenne de Radio Patrie qui émettait depuis le territoire allemand.
Quand l'Allemagne est envahie Hérold-Paquis tente de fuir en Suisse, mais est arrêté le 8 juillet 1945 et incarcéré à la prison de Fresnes. Hérold-Paquis écrit en prison un livre de souvenirs,
publié après sa mort sous le titre Des Illusions... Désillusions !
Il est jugé et condamné à mort le 17 septembre 1945. Sans vergogne, l'accusation n'a produit aucun témoin, se contentant de faire écouter à la cour les enregistrements des chroniques de l'accusé.
Hérold-Paquis est fusillé au Fort de Châtillon le 11 octobre 1945.