Illustres tombes - Hauts de Seine
Cimetière de Bourg la Reine
BASTIEN-THIRY Jean (19 octobre 1927 - 11 mars 1963)
Homme droit, fidèle et loyale, le scout puis colonel Bastien-Thiry n'a pas
hésité quand il s'est agit de choisir entre le sacrifice de sa carrière et de sa vie et la forfaiture gaulliste. En tant que chrétien doué d'une conscience et d'un sens aigus du devoir, en tant
que français pleinement acquis au service généreux de la patrie, en tant qu'officier déterminé à accomplir sa mission jusqu'au bout, Bastien-Thiry a refusé le déshonneur des accords d'Evian,
l'abandon de l'Algérie et des algériens, l'abandon de la mission de la France, l'abandon des pieds-noirs et des harkis à l'émigration miséreuse ou aux massacres barbares du FLN.
Pour mettre fin à autant de trahisons portées par la tête même de l'Etat, Bastien-Thiry a décidé de tout faire pour enrayer et même arrêter cette honteuse, folle et criminelle politique, en
s'engageant au Conseil National de la Résistance ; puis il organisa l'attentat du Petit-Clamart du 22 août 1962 contre de Gaulle, justifiant cet acte au nom de la nécessaire et juste
réaction contre les crimes commis par un tyran, une réaction fondée sur la morale, l'unité nationale, le sens civique et la légitime défense. L'accusé n'est pas Bastien-Thiry, mais bien de
Gaulle.
Pourtant, après son arrestation le 15 septembre 1962 et sa condamnation le 4 mars 1963, c'est bien sur Bastien-Thiry que vont s'abattre l'indignité nationale et bientôt les balles du
peloton, lorsque le 11 mars 1963 Bastien-Thiry acheva son sacrifice au fort d'Yvry. Ce valeureux et noble français est inhumé au cimetière de Bourg la Reine, sur une tombe ornée d'une
si bel épitaphe de Jean de Brem :
" Après un tel exemple,
Tu vas nous obliger à vaincre".
Chaque année, devant sa tombe, un hommage lui est rendu.

Cimetière de Châtillon
MAULNIER Thierry (1909 – 1988)
Connu sous le nom
de Jacques Talagrand, Maulnier fut un élève de l’Ecole Normale Supérieure où il eut comme condisciples, entre autres, Robert Brasillach, Maurice Bardèche et Roger Vailland. Puis il devint
journaliste, collaborant à La Revue universelle et à L’Action française. Essayiste pétri d’une vaste culture classique, il participa au mouvement intellectuel des
‘non-conformistes’, incarnant au sein de la Jeune Droite une sensibilité agnostique d’inspiration nietzschéenne. Codirecteur, à partir de 1936, de la revue Combat, il créa en 1937 avec
Jean-Pierre Maxence un hebdomadaire engagé, L’Insurgé, où il prétendait défendre des positions à la fois nationalistes et socialistes. Poursuivant sa collaboration à L’Action
française dans les années 40, il devint journaliste au Figaro. Il se consacra après la guerre à sa carrière d’écrivain. Critique dramatique, il écrivit plusieurs pièces de théâtre
et des essais. Il fut élu à l’Académie française en 1964. Avec lui repose son épouse Marcelle Tassencourt (1914-2001) : comédienne de théâtre (elle participa aux distributions de Jean Vilar),
elle devint metteur en scène puis, en 1961, directrice du théâtre Montansier à Versailles.
COLL Fernand, Lieutenant-colonel ( ? - 2006)
Le Lt-Colonel (ER) Fernand Coll, né à Oran, de l'Artillerie de Marine, Officier dans l'Ordre de la Légion
d'Honneur, Croix de guerre 39-45, Croix de guerre TOE avec palmes (4 citations dont 2 à l’ordre de l’Armée) est décédé le vendredi 16 juin 2006 à l’âge de 89 ans. Il était le père de Jean-Michel
Coll, fondateur des Laboratoires Quinton International, et de Bernard Coll, secrétaire général de Jeune Pied-Noir.
Incorporé en 1938 au 2è Régiment d’Artillerie Coloniale, il vécut, comme beaucoup de ses compatriotes d'Afrique du Nord, 7 ans et demi de guerre au service de la France. Elève
aspirant à l’Ecole militaire de Cherchell - promotion " Victoire de Tunisie " - en 1943, lieutenant en 1947, il fait partie des troupes de pacification à Madagascar et rallie plus de 4500
malgaches en mettant en œuvre la méthode Galliéni-Lyautey. Se sera sa première citation à l’ordre de l’Armée. De 1952 à 1954, il sert en Indochine dans l’Artillerie coloniale. Puis en 1955 en
France, en 1957 en AOF et en 1960 en Algérie à la Direction de l’Etat-major interarmées d’Alger, il est chargé d’assurer le soutien logistique des Centres d’expérimentations nucléaires sous les
ordres du Général d’Armée aérienne Jean Thiry.
Fin 1961, expulsé d’Algérie il est affecté en Allemagne au 8e RAMA. En 1963, il rejoint la DIRCEN, puis quitte l’Armée en 1965 pour entamer une deuxième carrière à la Direction des Applications
militaires du C.E.A, effectuant de nombreuses missions et séjours en Polynésie française, jusqu’à sa retraite en juin 1980. Elu premier maire-adjoint de Châtillon en 1983, il occupe cette
fonction jusqu’en 1995 tout en menant parallèlement, comme président, la section de Paris des Amis de la Polynésie française et celle du Cercle Algérianiste de Châtillon, et comme vice-président,
celles de la Légion d’Honneur 92 et de l’UNC 92. Membre de Jeune Pied-Noir, il était jumelé à une famille de Harkis de Châtillon.
Considéré par ses Chefs comme un élément d'élite, complètement désintéressé, d'humeur égale et très agréable, il connaissait
parfaitement, par expérience, la psychologie humaine. Diplomate né, toujours prêt à affronter tous les problèmes quels qu'ils soient, il savait les résoudre dans le sens de l'intérêt général et
du bien des personnes concernées. Depuis plusieurs années il se savait atteint du mal qui l'a emporté. C’est avec la même force de caractère qu’il a surmonté ses souffrances sans jamais se
plaindre.
La cérémonie religieuse a été célébrée le jeudi 22 juin 2006 en l'Eglise Notre-Dame du Calvaire suivie de l'inhumation dans la sépulture
de famille du cimetière communal de Châtillon.
Nouveau cimetière de Courbevoie
ARLETTY (1898 – 1992)
Comédienne fameuse, proche de Céline, Arletty fut une artiste douée et anticonformiste.
Née Léonie Bathiat à Courbevoie le 15 mai 1898, elle est secrétaire, mannequin, girl de revue puis commence en
1920 à chanter dans les beuglants, les cafés et au music-hall. Elle pastiche les airs à la mode, chante dans diverses revues, se crée un "style" - celui de la parisienne sans gêne,
à l'accent des faubourgs.
Par l’intermédiaire d’une relation (un banquier de Garches de
confession israélite, Jacques-Georges Lévy), elle passe en 1920 au théâtre où, sans nécessairement jouer continuellement son personnage, elle marque tout ce qu'elle touche. Dès 1928 elle
rencontre Jean-Pierre Dubost, qui restera son fidèle compagnon.
Finalement le cinéma la réclame.
En 1930, elle débute devant les caméras dans La douceur d'aimer de René Hervil et ne tarde pas connaître la gloire.
Elle donnera des prestations inoubliables dans, notamment, quatre films de Marcel Carné : Hôtel du Nord (1938),
Le jour se lève (1939), Les visiteurs du soir (1942) et Les enfants du Paradis (1945). C’est sous l'Occupation qu’elle a l'occasion d'interpréter ses plus beaux
rôles : Madame sans gêne, de Roger Richebé, et surtout Dominique des Visiteurs du soir, ou Garance des Enfants du paradis de Marcel Carné. Le scénario est signé
Jacques Prévert.
Au théâtre des Bouffes Parisiens, elle est Isabelle dans Voulez-vous jouer
avec moa, une comédie de Marcel Achard, avec Pierre Brasseur.
Après la guerre, ses rapports
amoureux fièrement assumés avec un officier allemand lui vaudront 120 jours de prison et deux ans de garde-à-vue ! Elle remonte sur les planches en 1947, continue de tourner mais si la magie
est encore là, le public, lui, est passé à autre chose.
Fin des années cinquante, début des années soixante, Arletty est victime d'un accident visuel : elle ne voit plus. Arletty tourne son dernier film en 1962, Le Voyage à Biarritz de Gilles
Grangier où elle a Fernandel pour partenaire, et abandonne la scène en 1966 alors qu'elle joue Les Monstres sacrés de Cocteau.
Elle se retire en 1962, prêtant sa voix à un ou deux documentaires puis devient recluse sauf pour les hommages qu'on rend à
ses amis d'antan.
Elle meurt à Paris âgée de 94 ans, entourée de ses souvenirs, le 24 juillet
1992, non sans avoir écrit ses mémoires et donné de multiples interviews.
Le cortège funèbre qui
transporta sa dépouille ne manqua pas de s'arrêter symboliquement, en route vers le cimetière, devant l'Hôtel du Nord, un fait remarquable en soi, le tournage de l'Hôtel du Nord ayant été fait
entièrement au studio de Joinville-le-Pont, en banlieue de Paris.
Il existe un enregistrement par
Arletty de passages de Mort à Crédit de Louis-Ferdinand Céline. " Gaulliste, ? Non, gauloise … ", ainsi se définissait Arletty.
Cimetière de Garches
BAZIN
Commandant (1917 – 1962)
Paul Bazin, né le 3 septembre 1917 en Seine et Marne, entre à
St Cyr en septembre 1939, promotion ‘La plus grande France’. Affecté en 1939 comme sous-lieutenant dans l'aviation, puis en 1941 comme lieutenant en Tunisie à la base d'El Aouina, Bazin se
retrouve en 1943 au Maroc chez les Tirailleurs. En 1944, il fait campagne en Italie et est décoré après la bataille de Garigliano et Girofano.
Dès le début de la guerre d’Algérie, le commandant Bazin est nommé Commandant de l’Etat-major Tactique 1, bataillon stationné
dans un poste du Sud-est Orléanais au lieu-dit Pont du Caïd, une région proche des monts de l'Ouarsenis. Ce poste était issu du camp Colonel Jeanpierre basé à Zéralda ; Paul Bazin avait pour
mission de s'installer dans la région pour ensuite contrôler la route de Tiaret.
Bazin,
profondément attaché à cette terre d'Algérie, constatera l’abandon progressif des musulmans d’Algérie, la traîtrise gaulliste, la lâcheté de nombreux cadres militaires. Lui, fidèle à l’honneur et
au respect de la parole donnée, accomplira son engagement jusqu’au bout.
Le Général Edmond Jouhaud, dans son livre Ce que je n'ai pas dit, écrit : " Le commandant Bazin, conscient de la gravité de la situation, désire vérifier si l'on peut toujours tenir
pour valables les assurances qui lui ont été données. Comme à l'ordinaire, lorsque les intentions doivent se transformer en actes, l'enthousiasme, pour s'engager sous la bannière de l’Algérie
Française, va en décroissant au fur et à mesure qu'ils sont interrogés, après les sous-lieutenants pleins d'ardeur, les cadres supérieurs devenus subitement réservés. (…) Le commandant Bazin est
désespéré, il reste quant à lui, lié par la parole qu'il a donné au Général Salan. Il sauvera l'honneur en rejoignant seul le maquis de l'Ouarsenis en formation ".
Il s’agit du maquis Albert, commandé par le lieutenant Giorgio Muzzati -alias Albert 311, qui crapahutait depuis plusieurs
mois dans le secteur de l’Ouarsenis. La nuit du 9 avril 1962, soit après le ‘cessez-le-feu’ du 19 mars, une quarantaine d'hommes du lieutenant Muzzati sont engagés dans un accrochage avec une
Kathiba du FLN fortement armée. Au milieu d’eux, le Commandant Bazin est grièvement blessé ; il se serait suicidé pour ne pas tomber vivant aux mains des rebelles
FLN.
Le Général Jouhaud, lui rendit un dernier hommage par cette phrase émouvante : " Il regardait comme la pire des impiétés de préférer
l'existence à l'honneur ".
Cimetière de l'ordre des Sulpiciens - Issy les Moulineaux
EMERY Jacques-André, Abbé (1732 – 1811)
Né en 1732, entré au séminaire de St Sulpice en 1750, Emery fit des études de théologie à la Sorbonne avant de devenir prêtre en 1756 et membre de l’ordre sulpicien en 1758. Élu neuvième supérieur général de l'ordre de Saint-Sulpice en 1782, il réforme le grand séminaire parisien dont les exigences spirituelles s'étaient imprégnées d'un caractère mondain sous l'effet de son recrutement nobiliaire.
Son attitude conciliante et modérée pendant la Révolution ne lui épargnent ni la dissolution de l'ordre de Saint-Sulpice ni la fermeture du séminaire de Paris en 1792, ni d'être incarcéré à deux reprises. La plus longue de ces détentions l'enferme durant seize mois à la Conciergerie lors de la Terreur, sous la menace permanente de la guillotine. A l’occasion de son emprisonnement à la Conciergerie, il favorisera le retour de Mgr Gobel dans le giron de l’Eglise.
Nommé secrètement grand vicaire par l’archevêque de Paris Mgr de Juigné -parti en émigration- Emery anime clandestinement l'église réfractaire à Paris de concert avec Mgr de La Tour-Landry. Puis il passera le restant de sa vie à tenter de restaurer l’ordre sulpicien.
Son autorité pédagogique lui vaut d'être nommé conseiller de l'Université en 1808 et son aura morale le fait désigner comme membre de la Commission ecclésiastique
de l'Église de France en 1809. Il y manifeste sa loyauté envers le pape Pie VII dans la confrontation qui oppose ce dernier à Napoléon. Furieux de cette marque d'insoumission, qui devient
publique lorsque le Sulpicien refuse de signer deux propositions de la Commission ecclésiastique concernant le Concordat, publiées en avril 1810 dans le Moniteur Universel, l'Empereur
enjoint au vieux supérieur de quitter ses fonctions au séminaire au mois de juin suivant.
Resté à Paris, Émery tombe malade quelque temps après. Il est mort le 28 avril 1811 à Paris et inhumé dans la maison de campagne de son ordre à Issy-les-Moulineaux.
Cimetière de Malakoff
CHRISTOPHE Eugène (1885 – 1970)
Ce champion cycliste surnommé " le Vieux Gaulois " fut champion de France de 1909 à 1914 puis en 1921, et fut le premier porteur du maillot jaune en 1919 :
c’était là une idée d’Henri Desgrange qui souhaitait distinguer plus facilement et honorer le leader du classement général. A deux reprises du Tour, Eugène Christophe cassa sa fourche : la
première fois, en 1913, il est renversé par une voiture dans la descente du Tourmalet. Le règlement interdisant alors toute assistance en course, le coureur dut lui-même trouver une forge après
une marche d’environ 15 kilomètres et réparer sa fourche : cet incident un fit un véritable héros. La seconde fois en 1922, il cassa sa fourche dans la descente du Galibier, et gagna
Saint-Jean-de-Maurienne sur le vélo d’un prêtre. Il pose avec son vélo sur la photo qui orne sa tombe.
Cimetière de Marnes la Coquette
AYME Marcel (20è
siècle)
Chanteur français, il débuta très jeune au café-concert où il mit au point
progressivement sa silhouette fameuse qui allait en faire un symbole de la France dans le monde entier (smoking, canotier, lippe gouailleuse). Partenaire et amant de Mistinguett, il parut dans de
nombreuses revues et fit connaître Ménilmontant dans le monde entier grâce à un répertoire fantaisiste (Ma pomme, Prosper...). Il tourna également au cinéma, tant à Hollywood qu’en
France.
CHEVALIER Maurice (1888 – 1972)
Chanteur et acteur français, il commence sa carrière dans les cafés parisiens, au temps des ‘années folles’. Symbole de la réussite d'un ‘p'tit gars’ du peuple aux accents faubouriens, Maurice Chevalier est un travailleur acharné de la chanson populaire. Ses plus grands succès des années 20 sont Valentine et Dans la vie faut pas s’en faire. Après une carrière à Hollywood entre 1928 et 1935, il reprend la chanson avec notamment Prosper, Ma pomme et Y’a d’la joie composé pour Charles Trénet. Après-guerre, sa carrière se partagera entre le twist (avec les Chaussettes Noires par exemple) et le cinéma. Maurice Chevalier est né et mort à Paris les 12 septembre 1888 et 1er janvier 1972.
Cimetière des Longs Réages - Meudon Val Fleury
CELINE (1894 – 1961)
Louis-Ferdinand Destouches, plus
connu sous le nom de Céline, est l’un des plus grands pamphlétaires et écrivain non conformiste du 20è siècle. Ce médecin qui soigna une clientèle populaire à Clichy puis à Meudon repose sous une
dalle ornée d’un voilier. Ses positions anticommunistes, anticonformistes et non philosémites lui valurent un exil au Danemark jusqu’en 1951. Son oeuvre comprend notamment Voyage au bout de
la nuit, Mort à crédit et Bagatelles pour un massacre.
Cimetière de Montrouge
AUDIARD Michel (1920 – 1985)
Né le 15 mai 1920 à
Paris, grand cinéaste français, lecteur assidu de Céline, Audiard fut qualifié d’anarchiste de droite ; ce dialoguiste populaire talentueux a marqué le cinéma français de 1949 à 1985.
Audiard, qui écrira notamment pour Jean Gabin, Lino Ventura ou Bertrand Blier, est décédé le 28 juillet 1985 à Dourdan.
Cimetière nouveau de Neuilly sur Seine
GUILLAUX Maurice
(1883-1917)
Pionnier de l’aviation, il obtint son brevet en 1912, rentra cinq fois en lice
pour la coupe Pommery et traversa plusieurs fois la France du Nord au Sud et vice-versa. En février 1913 il battit tous les records du monde de vitesse, de distance et durée avec passager, puis
effectua en 1914 le premier transport officiel de courrier en Australie entre Melbourne et Sydney. Mobilisé durant la guerre, il trouva la mort lors d’un vol sur Morane en 1917. Sa stèle est
ornée d’une pleureuse et de son portrait.
NIESSEN Xavier (1846 – 1919)
Professeur alsacien, il eut dès 1871 la volonté de
manifester le refus du nouvel ordre prussien en Alsace et en Lorraine, et de prouver l’attachement indéfectible des Alsaciens et des Lorrains, dans leur majorité, à la patrie française. C’est à
Neuilly qu’il fonda en 1887 l’association " le Souvenir français " ayant pour but d’entretenir les tombes des soldats où qu’elles se trouvent et d’élever des monuments à leur mémoire. Reconnue
d’utilité publique en 1906, cette association active œuvre toujours aujourd’hui en ce sens, ayant étendu son domaine d’intervention à tous les soldats français morts durant tous les conflits de
l’histoire : on reconnaît leur participation à l’édification ou la réfection des tombes à la petite cocarde qui y est apposée. Xavier Niessen repose sous un tombeau conçu par l’architecte Paul
Boeswillwald (1re division). Il est décédé à Neuilly.
Vieux Cimetière de Neuilly sur Seine
ANZANI Alessandro (1877 –
1956)
Pilote et ingénieur motocycliste italien, il établit plusieurs records avant de
créer en 1906 sa propre société de moteur à Asnières. Il fournit alors non seulement des moteurs pour les productions de motos, mais également pour l’aviation : ses moteurs sont fournis aux
entreprises Caudron et à Louis Blériot : c’est avec un moteur Anzani que ce dernier traversa la Manche en 1909. Sa société française fut vendue en 1923 à Henry Potez. Il repose dans le carré
E.
BATHIAT Léon (1877 –
1967)
D’abord coureur cycliste et motocycliste, il devint aviateur et fut le premier pilote à
traverser la France du Nord au Sud en 1912, devenant un pionnier de l’aviation. Il construisit ensuite des avions. Pendant la guerre, après avoir été en escadrille au front, il se voit confier
par le Gouvernement le soin de construire et de remettre en état un grand nombre d’appareils. Il fut également en 1922 l’organisateur du premier meeting aérien d’après-guerre au Bourget. Il était
le cousin d’Arletty (née Léonie Bathiat).
DRIEU LA ROCHELLE Pierre (1893 – 1945)
Pierre Drieu La Rochelle, né le 3 janvier 1893 d’une
famille nationaliste normande, est un écrivain romantique nationaliste.
En 1907, alors âgé de 14
ans, il découvre : Ainsi parlait Zarathoustra, de son futur maître à penser Friedrich Nietzsche. Après un séjour en Allemagne et en Angleterre, il se définit comme " germanophile et
anglomane ". La guerre de 1914 éclate, il sert dans l'infanterie et sera blessé trois fois. Le choc de la guerre le marquera à jamais et déterminera toute son œuvre à
venir.
Au lendemain de la guerre, il se lie d'amitié avec Aldous Huxley, l'auteur du roman
d'anticipation : Le meilleur des mondes. Il dévore les livres de Shakespeare, de Gœthe, de Schopenhauer, de Dostoïevsky, de Proudhon, de Sorel, de Barrès, de Kipling, de Péguy, de
Guénon, et de Maurras. Ses premiers poèmes sont publiés en 1917 avec Interrogation. Entre 1920 et 1924, il est tenté par le dadaïsme, se rapproche des surréalistes André Breton et Paul
Éluard, et l'on peut voir apparaître son nom dans la revue Littérature. Il devient l'ami de Louis Aragon.
En 1925, il signe un article historique dans la N.R.F. : La véritable erreur des surréalistes, qui le sépare pour toujours de l'avant-garde. Entre-temps, il écrit et
alterne entre essai lyrique, Mesure de la France, et un roman analytique, L'homme couvert de femmes. En 1926, il rencontre Emmanuel Berl lors de son passage à La Revue
hebdomadaire. 1927 est l'année de l'amitié majeure de Drieu avec André Malraux qui sera fidèle à sa mémoire jusqu'au bout. Après le 6 février 1934 il écrit des articles pour Bertrand de
Jouvenel à La Lutte des Jeunes en 1934 et fait la connaissance du militant Pierre Andreu, son futur biographe. Il écrit sa profession de Foi dans Socialisme fasciste : " Cette
envie de faire une politique de gauche avec des hommes de droite ". La même année, il rencontre Ernst von Salomon à Berlin.
Drieu excelle dans le journal intime ou le témoignage introspectif. Ses réflexions décadentistes et ses descriptions pessimistes du monde littéraire et politique font de lui le meilleur
mémorialiste de son temps. Sans oublier la grâce de sa plume de journaliste que l'on retrouve dans les recueils d'articles : Chronique politique, 1934-1942 et Le Français
d'Europe.
En 1936, il adhère au Parti Populaire Français dirigé par Jacques Doriot, et ne
manque pas le rendez-vous de Saint-Denis. Il écrit régulièrement dans L'Émancipation Nationale, organe de presse du parti. En 1939 il envoie sa lettre de démission au P.P.F. Après la
défaite de 1940, il prend en main la direction de la Nouvelle Revue Française. Il donne aussi des articles à La Gerbe d'Alphonse de Châteaubriant. En 1943 il collabore à
l'hebdomadaire Révolution Nationale de Lucien Combelle. Il se réclame ‘socialiste européen’ mais déchante très vite, en voyant l'imminente chute du IIIe Reich. La conception
de l'Europe de Drieu reste idéalisée et utopique car influencée par les lectures d'auteurs romantiques allemands.
Refusant l’exil, traqué et vivant dans la clandestinité, il se suicide le 15 mars 1945 à l'âge de 52 ans, après avoir achevé son Récit secret où il déclare : " je me
suis conduit en pleine conscience, au milieu de ma vie, selon l'idée que je me fais des devoirs de l'intellectuel ".
C'est le testament sincère d'un humaniste sensible, d'un ascète et d'un poète lucide en quête d'absolu dans une époque
tourmentée et déliquescente. Malgré une œuvre inégale, une vitalité et un tempérament unique se dégagent de tous ses livres. Pierre Drieu La Rochelle peut être perçu comme le fils spirituel de
Friedrich Nietzsche et de Maurice Barrès.
" Jeunes gens, comment pouvez-vous écouter encore ces
bonshommes qui ont battu tous les records de l'imprévoyance criminelle, de la meurtrière incompréhension ? ". [1941, Ne plus attendre]
GYP
(Sibylle Gabrielle de Riquetti de Mirabeau, comtesse de Martel de Janville :
1849 –
1932)
Arrière petite nièce de Mirabeau, mais élevée dans un milieu ultra légitimiste, elle se fit connaître en étant l’auteur de plus de
120 romans qui connurent un succès équivalent à l’oubli dans lequel ils sont tombés de nos jours. Son œuvre est teintée d’un très grand sens de l’observation et n’est pas dénuée d’humour. Gyp
était aussi nationaliste : elle s’engagea sans modération auprès des antifreyfusards. De l’un de ses romans, Le mariage de Chiffon, Claude Autant-Lara tira un film en 1942. Auprès
d’elle repose son fils, Thierry de Martel.
de MARTEL Thierry (1875 – 1940)
Le chirurgien Thierry de Martel, fils de Gyp, contribua, dans les années 1920-1930, à faire de la
neurochirurgie une branche autonome de la médecine. Nationaliste comme sa mère, il s’engagea dans le premier parti fasciste français, le Faisceau de Georges Valois. Il se suicida lors de l’entrée
des troupes allemandes à Paris, le 14 juin 1940.
Cimetière de Saint-Cloud
BLIER Bernard (1916 - 1989)
Ce grand acteur français a commencé ses études à Paris, au Lycée Condorcet. Dès 1931 il prend des cours de théâtre et commence à se produire sur scène, puis rencontre des
personnalités comme Gérard Oury et Jean Gabin, avec qui il se liera d'amitié. Après le théâtre, c'est au succès qu'il trouve le succès dans des films de Henri Verneuil, Michel Audiard et Georges
Lautner. En compagnie de Belmondo, Gabin, de Funès et Ventura, il tourne dans les plus grands succès du cinéma : Le cave se rebiffe, Les tontons flingueurs, Les
barbouzes. Il est mort à St Cloud le 29 mars 1989.
Cimetière de Sceaux
GOUJON
Charles (1912 – 1957)
Il fut l’un des plus
prestigieux pilotes d’essais français, combattant aux 193 missions de guerre et aux 5.000 heures de vol. Il périt en vol lors d’une mission d’essai.
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