Fort du Trou d’Enfer - Marly le Roi / Yvelines



Albert Dovecar, fusillé le 7 juin 1962
Né le 19 juillet 1937 à Tuzno, en actuelle Croatie, Albert Dovecar alias sergent Dovedar fut élevé en Autriche ; il rejoindra bientôt la France et la ville de Marseille, où il s'engagera dans la
Légion Etrangère le 1er avril 1957.
Après son instruction de base à la 2è compagnie d’instruction du 1er RE à Mascara,
il est affecté au 1er REP. Combattant d'élite, il est cité à l’ordre de la brigade en mai 1958 et nommé caporal le 25 décembre. Blessé le 19 mai 1959, il mérite une seconde citation le 30
juillet. Après le peloton d’élèves gradés, il est nommé sergent le 16 juin 1960. Il est cité une troisième fois le 10 avril 1961.
Suite à l’échec du putsch d’avril 1961, auquel son régiment du 1er REP participe, il décide, comme son camarade Claude Piegts avec qui le destin sera désormais lié jusqu’au bout, de rompre son
contrat le 27 avril 1961 pour rejoindre l’OAS. Avec cette organisation, il participe activement, comme chef du Commando Delta 1 des Commandos Delta de Roger Degueldre, au combat pour l’Algérie
française.
Impliqué dans de nombreux coups et actions armées, dont celle ayant entraîné
l’élimination du Commissaire algérois anti-OAS Gavoury, il est recherché par la police gaulliste et les barbouzes puis appréhendé avec cinq de ses compagnons, suite à une trahison de ‘Fines
Moustaches’ : cela se passe le 11 octobre 1961, à Alger, au PC des Delta de Degueldre du boulevard Marcel Duclos.
Emprisonné en compagnie de Claude Piegts à la Santé, puis à Fresnes, il comparaît avec lui entre le 26 mars et le 30 mars 1962 devant le tribunal militaire spécial de Paris ; comme son camarade,
le sergent Dovecar dit ‘Bobby’ est condamné à mort puis fusillé le 7 juin 1962 au fort du Trou d’enfer. Il allait rejoindre les deux hommes qu’il avait le plus admirés pendant sa courte vie :
l’adjudant Stuwe et le colonel Jeanpierre.
de me donner la force de ne pas baisser la tête à ce moment là ».
[Albert DOVECAR le 26 mars 1962, début du procès en assises]
Claude Piegts, fusillé le 7 juin 1962
Né le 1er janvier 1934 à Castiglione en Algérie, Claude Piegts aura le même parcours qu’Albert Dovecar, depuis l’engagement légionnaire au ler REP jusqu’à l’OAS et le
Commando Delta 1 ; après l’arrestation du 11 octobre 1961, ce sera l’emprisonnement à Fresnes puis le
procès, et enfin le verdict de la condamnation à mort.Comme son camarade Albert Dovecar, le matin du 7 juin 1962, au fort du Trou d’enfer, il refuse qu’on lui bande les yeux.
Alors que le peloton le met en joue, Claude Piegts crie « Visez au cœur ! » puis « Vive l’Algérie Française ! », tandis que ses mains se crispent sur son chapelet et que les balles transpercent son corps.
Comme son camarade Dovecar, Piegts sera, avant de recevoir une digne sépulture dans la région natale, mis en terre à la va vite dans le carré des suppliciés du cimetière de Thiais, dans le Val de Marne.
Lire un récit de la dernière journée de Claude Piegts et Albert Dovecar
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