Prisons des justes - Fresnes
Prisonniers de la résistance (1940 à 1945)
Des acteurs de la résistance y furent emprisonnés par la Gestapo pendant la deuxième guerre
mondiale.
BIAGGI Jean-Baptiste (décembre 1943 – mars 1944)
Né le 27 août 1918 et mort le 29 juillet 2009, originaire de Cagnano, village corse dont il fut le maire, Jean-Baptiste Biaggi était une personnalité patriotique française : il s’était engagé successivement à l’Action française lorsqu’il était étudiant à la Faculté de droit de Paris et alors proche de Jacques Maurras, fils adoptif de Charles Maurras. Ensuite il avait intégré la Résistance, ce qui lui valut d’être emprisonné à Fresnes, puis avait été gaulliste avant de s’associer à l’OAS et enfin au Front national.
En 1956 il fonde les volontaires pour l’Union Française, groupe nationaliste et anti-communiste. En 1957 il participe avec Alexandre Sanguinetti à la création du Parti Patriote Révolutionnaire (PPR), qui se rallie au gaullisme. En 1960, il démissionne de l’UNR par opposition au choix de de Gaulle sur l’Algérie et, le 19 septembre 1958, il s’allie avec Georges Bidault, Roger Duchet et Pascal Arrighi pour créer le Rassemblement pour l’Algérie Française (RAF). À Alger, le 24 janvier 1960, au début de la semaine des barricades, il a été l’un des émeutiers les plus actifs avec le député Pierre Lagaillarde, Marcel Ronda et le syndicaliste étudiant Jean-Jacques Susini. Partisan de l’Algérie française, Biaggi deviendra un fervent opposant à de Gaulle. Il sera ensuite associé à l’OAS.
En 1965, il est membre du comité de soutien de Jean-Louis Tixier-Vignancour pour la candidature présidentielle. Acteur engagé, il s’investit aux côtés de Jean-Marie Le Pen.
Son emprisonnement à Fresnes avait été difficile et long : après la défaite de 1940, Jean-Baptiste Biaggi s’était engagé sans attendre ; il avait été, en juin 1940, un résistant de la première heure avec Alain Griotteray, successeur d’Henri d’Astier. Biaggi avait fondé le réseau de résistance et de renseignements Orion, réseau qui à partir de 1943 se consacrerait aux évasions de Français par l’Espagne.
Le 13 décembre 1943, il avait été arrêté par la Gestapo sur dénonciation, puis été enfermé et torturé à la prison de Fresnes, jusqu’en février 1944. Lors d’un transfert en mars 1944, Jean-Baptiste Biaggi s’évadera.
ARMAND Louis (juin à août 1944)
Ingénieur et haut fonctionnaire, major de l’Ecole des Mines, il devient ingénieur en chef de la SNCF en 1938. En 1943 il co-organise le réseau Résistance-Fer ainsi que le réseau Noyautage des Administrations Publiques. Arrêté en juin 1944 et incarcéré à Fresnes, il est libéré en août 1944.
ESTIENNE D’ORVES Honoré (juin à août 1941)
Catholique et royaliste, d’une famille de tradition marine, Estienne d’Orves choisit très tôt d’entrer en résistance tout en comprenant et soutenant la tâche du Maréchal Pétain. Créateur du réseau de renseignement France Libre et du réseau de résistance breton Nemrod, il est arrêté par les allemands et, le 9 juin 1941, transféré de la prison du Cherche-Midi à la prison de Fresnes. Le 3 juin, il a enfin pu revoir sa femme, qui viendra désormais le visiter régulièrement. Il ne veut songer qu’à la réconciliation des Français, persuadé qu’à Londres comme à Vichy, on a pour seul but " la grandeur de la France ". Dans sa cellule, il relit l’œuvre de Péguy, se plonge dans L’Imitation de Jésus Christ. De son côté la diplomatie française se démène pour obtenir des Allemands la grâce des condamnés. L’amiral Darlan, vice-président du conseil, fait de même. Mais l’entrée en guerre de l’U.R.S.S. et les débuts de la résistance communiste criminelle font échouer ces fragiles négociations. Hitler refuse de gracier d’Estienne d’Orves, ainsi que ses compagnons Barlier et Doornik. C’est l’abbé Stock qui leur annonce le 28 août le rejet de leur demande de grâce. Estienne d’Orves sera fusillé le 29 août 1941.
FRERE Aubert, général (août 1943 au 4 mai 1944)
St Cyrien, chrétien, héros d’Afrique et des 2 guerres mondiales, il préside en 1940 le tribunal qui condamne de Gaulle à mort par contumace. En décembre, 1941 il fonde puis dirige l’ORA ou Organisation de Résistance de l’Armée, proche de l’Etat Français. Après son arrestation par la Gestapo le 13 juin 1943, il est emprisonné à Fresnes en août 1943 et jusqu’au 4 mai 1944. Il mourra d’épuisement le 13 juin 1944 au camp de Struthof.
de LEOTARD Pierre (9 mars 1943 au 19 mars 1944)
Homme politique, membre des Jeunesses Patriotes et du Parti Social Français, Pierre de Léotard fut très actif dans le réseau de renseignement Klan, qui par exemple fournit aux Alliés des informations très précises sur les recherches atomiques faites par l’Allemagne dans une usine située à Mantes La Jolie.
Arrêté le 9 mars 1943 à Paris boulevard Desaix, au domicile du colonel de La Rocque, chef du Klan, il est incarcéré à Fresnes ; il sera libéré le 19 mars 1944.
d’ORSAY Jean (mars 1943 - ?)
Arrêté le 9 mars 1943 à Paris boulevard Desaix, au domicile du colonel de La Rocque, chef du Klan, il est incarcéré à Fresnes.
OTTAVI Noël (mars 1943 - ?)
Secrétaire particulier du colonel de La Rocque, il fut arrêté en mars 1943 en même temps que des dizaines de membres du PSF ; interné quelques temps à Fresnes, il mourra en déportation en 1945.
Prisonniers de l’Epuration (fin de la guerre 1939-45)
ALBERTINI Georges (automne 1944)
Né en 1911 et mort en 1983, cet ancien lieutenant de Marcel Déat et membre de la banque Worms fut interné à
Fresnes puis condamné à cinq ans de prison mais bénéficia en février 1948 de la grâce présidentielle.
ARLETTY (1944)
Transférée de Drancy, après ses deux mois de prison à Fresnes la célèbre actrice sera mise en résidence surveillée
pendant un an et demi en raison de ses relations avec des officiers allemands.
BARDECHE Maurice (juillet 1954)
Ecrivain et polémiste nationaliste, beau-frère de Brasillach, il fut incarcéré à Fresnes pendant trois semaines en
juillet 1954, avant d'être amnistié.
BERAUD Henri (1944)
Romancier et journaliste de gauche de l’entre-deux guerres, il fut reporter international à Paris-Soir et au Petit Parisien après avoir collaboré au Crapouillot à la fin de la première guerre mondiale. Le Canard rompt avec lui lorsqu’il prend parti pour les manifestants du 6 février 1934 et se rapproche de l’Action Française. Dans ses participations à L’œuvre, au Journal et à Gringoire jusqu’en 1943, il écrit des articles très critiques contre l’Angleterre et aussi le communisme sans toutefois éprouver de sympathie pour le troisième Reich. Pourtant, il est arrêté, emprisonné à Fresnes et condamné à mort en 1944, peine commuée en détention qu’il effectue jusqu’en 1950.
" Baignée de clarté bleuâtre, la première division superposait ses cinq étages de galeries, aux rampes de
fer, de passerelles, de portes numérotées. Il y régnait un morne silence que vint rompre le tintement de mes chaînes. À chaque pas mes chevilles entravées traînaient leurs quinze livres d’acier
sur le carreau. Dans ce désert lumineux, cela sonnait comme un glas. Quiconque vécut à Fresnes en ce temps-là n’oubliera jamais ce bruit. On l’épiait chaque soir, au retour de la fournée
quotidienne. Qu’il se fit entendre, cela signifiait qu’un des nôtres se préparait à mourir. Alors, un frisson de douleur parcourait de haut en bas la détention ". [Henri Béraud, Quinze jours
avec la mort. La chasse au lampiste]
BERGERET Jean, Général
Né en 1895 et mort le 30 novembre 1956 à Neuilly sur Seine, il fit partie de la délégation qui négocia et signa
l’armistice du 22 juin 1940, représentant l’Armée de l’Air. Secrétaire de l'Air dans l’Etat Français du 6 septembre 1940 au 19 avril 1942, il fut emprisonné à ce titre.
BERTHELOT Jean
Né en 1919 et mort en 1985, en 1938 il fut directeur de cabinet d'Anatole de Monzie, Ministre des Travaux Publics,
puis simultanément en juillet 1939 directeur général adjoint de la SNCF. Berthelot siège à la Commission d'armistice de Wiesbaden à partir du 25 juin 1940 et est nommé secrétaire d'Etat aux
Transports et aux Communications le 7 septembre 1940. En tant que Secrétaire d’Etat aux Transports, il inspecte en Algérie les travaux de la voie ferrée Méditerranée-Niger. Lors de l’Epuration il
fut emprisonné puis la Haute Cour de Justice le condamna par arrêt du 10 juillet 1946 à deux ans de détention.
BINEAU, général
Chef de cabinet militaire du Maréchal Pétain, il fut interné à Fresnes pendant l’Epuration.
BONNAFOUS Max
Né en 1900 et mort en 1975, cet homme politique pacifiste fut préfet à Constantine et Marseille avant de devenir
de 1942 à 1944 secrétaire d’Etat puis ministre de l’Agriculture et du Ravitaillement. Il fut emprisonné à Fresnes pendant l’Epuration mais la Haute Cour reconnut ses efforts auprès des allemands
pour tenter " d'atténuer le plus possible leurs impositions et de résister à leurs exigences ".
BRASILLACH Robert (septembre 1944 à février 1945)
Ce symbole de la jeunesse ardente, de l’amitié fidèle et de la finesse littéraire fut emprisonné à Fresnes puis
condamné à mort pour ses écrits dans Je suis partout avant d’être exécuté au fort de Montrouge le 6 février 1945. Ne se faisant aucune illusion sur le résultat des recours déposés par
son avocat ou de la demande en grâce signée par les plus grands écrivains français et adressée au général de Gaulle, il attendait son exécution dans sa cellule. Les Poèmes de Fresnes ont
été écrits dans cette prison alors que l’auteur n’avait ni stylo ni papier. Il avait réussi à se procurer une plume qu’il cachait dans une pipe et du papier qu’il arrachait d’un carnet. C’est par
son avocat que ces poèmes admirables sont sortis de Fresnes.
BRASILLACH Suzanne (juillet 1954)
Sœur de Brasillach, mariée avec Bardèche, elle fut comme son mari Maurice Bardèche emprisonnée en juillet 1954 à
Fresnes, puis relâchée.
BRIGNEAU François ( septembre 1944 à décembre 1945)
Fameux polémiste nationaliste, journaliste à la verve cinglante et précise, Brigneau était un excellent connaisseur des arcanes du système politique du 20è siècle et un esprit d’une grande culture. Engagé le 6 juin 1944 dans la Milice à 25 ans, affecté à la lutte contre le marché noir, il est arrêté à Paris en fin septembre 1944 et emprisonné dans une prison clandestine où il est tabassé. Puis quelques jours après il est transféré à Fresnes dans la cellule 338 au troisième étage de la prison. Il côtoya notamment Brasillach, spécialement le 6 février 1945. Brigneau fut acquitté le 17 décembre 1945. Il écrivit A Fresnes au temps de Robert Brasillach et Henri Béraud à Fresnes dans le numéro 1 des Cahiers Henri Béraud.
CHACK Paul (été 1944 à juillet 1945)
Né en 1876 et mort en 1945, officier et écrivain de marine, il termina sa carrière au Service Historique de la
Marine. Maurrassien, membre du Comité de soutien aux patriotes emprisonnés (affaire de la Cagoule), il est séduit par le fascisme et adhère au PPF en 1937 dont il devient membre du bureau
politique. Pendant l'occupation allemande, il crée et dirige le Comité d’Action Antibolchévique (1941-1945), qui notamment recrute pour la LVF. Après son emprisonnement à Fresnes, il est fusillé
le 9 janvier 1945.
CHARBONNEAU Henry (été 1945 – 1947)
Ecrivain et militant nationaliste durant toute sa vie, camelot du roi, membre de la Cagoule puis du CSAR, il fut un proche de Darnand dont il était proche neveu ; membre de la Légion Tricolore en 1941 puis cadre de la Phalange Africaine, il fut aussi rédacteur en chef de Combats, l’organe de la Milice à Paris. Ancien ami de Robert Brasillach, Charbonneau a donné son appui à l'"Association des Amis de Robert Brasillach" et a écrit, sur cette période, Les mémoires de Porthos. Emprisonné à Fresnes de l’été 1945 à 1947, il fut condamné à huit ans de travaux forcés.
CHASSEIGNE François
Né en 1902 et mort en 1977, ce pacifiste vota en juillet 1940 les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Il occupa de nombreuses fonctions au sein de l’Etat Français : chargé de mission à la Propagande au Secrétariat général de l'Information (mars 1941), directeur de la propagande ouvrière au ministère de l'Information (janvier à novembre 1943), puis directeur de cabinet de Bichelonne au Ministère du Travail, enfin commissaire général au STO (janvier à mars 1944), François Chasseigne devient secrétaire d'État à l'Agriculture et au Ravitaillement dans le cinquième gouvernement Laval, du 3 mars à août 1944.
Arrêté en août 1944 et emprisonné à Fresnes, François Chasseigne sera jugé en 1948 et condamné à une peine de
travaux forcés avant de bénéficier de la loi d'amnistie du 5 janvier 1951.
DARNAND Joseph (juillet à octobre 1945)
Militant nationaliste aux talents d’organisateur, héros des deux guerres mondiales, Darnand est arrêté le 25 juin
1944 en raison de ses responsabilités sous l’Etat Français, comme responsable de la Milice, puis transféré à Fresnes le 2 juillet 1944. Il sera fusillé au fort de Montrouge le 10 octobre 1945.
Digne et brave pendant son procès, il affirma sa loyauté et sa conscience d’avoir bien agi malgré les circonstances, notamment face aux conséquences dramatiques de la montée de la violence à la
fin de l’Occupation.
DENTZ, général (septembre 1944 à décembre 1945)
En décembre 1940 le général Dentz devient le chef du Levant. Alsacien, patriote, il est d’une discipline totale. Sa mission est de se défendre en cas d’attaque, " un baroud d’honneur, rien de plus, rien de moins " aurait dit Pétain. Arrêté en septembre 1944, il est incarcéré à Fresnes et condamné à mort le 20 avril 1945, peine commuée en détention à vie.
Contrairement aux affirmations de de Gaulle, le général Dentz est resté 6 mois enchaîné après sa condamnation (suivie d'une grâce) pour finir par mourir de froid en prison le 13 décembre 1945. Sa chair portait les traces des fers qui le maintenaient aux pieds et aux poignets.
Voici un extrait du journal du général Dentz rédigé jusqu'aux derniers instants, en 1945, dans sa cellule de Fresnes :
" 19 novembre " - Un froid glacial occasionne une barre douloureuse et de l'affaiblissement avec une grande lassitude. Il faudrait un peu de chaleur.
" 22 novembre " -On m'a retiré pardessus et cache-col, le règlement étant fait pour l'infirmerie chauffée. J'écris absolument ankylosé d'esprit et de corps.
" 29 novembre " -Mon cœur bat comme une horloge qui sauterait des temps.
" 03 décembre " - J’écris absolument frigorifié, dans une cellule où l'humidité dévore tout. L'eau coule le long des murs et Je suis obligé de mettre mon linge sur le lit pour le tenir au sec.
" 07 décembre " -Une voiture était venue me chercher pour m'emmener à Poissy. J'étais intransportable et le directeur l'a renvoyée. Il semble qu'II y ait quelqu'un qui s'acharne contre mol.
" 10 décembre " -Je suis frigorifié. Il y avait moins 9 cette nuit.
" 13 décembre " - (quelque temps avant la mort) - L'humidité a gagné partout Les murs coulent comme des cascatelles de grotte.. Le meilleur moment est celui où l'on se couche : Il fait chaud sous les couvertures et pendant quelques heures on oublie tout.
Ce sort réservé au général Dentz, résistant français d’Afrique du Nord sous l’autorité du Maréchal Pétain, reste
comme une ignominie de l’épuration et du gaullisme.
ESPIAU Marcel
Né en 1899 et mort en 1971, ce journaliste à L’éclair et auteur dramatique tenait la rubrique Belles lettres du monde dans la Revue du Monde. Proche de Céline, il écrivit pendant la guerre dans le journal parisien Les Nouveaux Temps.
En septembre 1944, il est du nombre des cent trente écrivains "interdits". Après la guerre, il fait partie de la
rédaction de Paroles Françaises, puis des Nouveaux Jours et, à la fin de 1955, il est rédacteur en chef de Prêt à porter, revue professionnelle de la mode française … autant de crimes de plumes
qui lui valurent l’emprisonnement à Fresnes.
ESTEVA, Amiral (septembre 1944)
Né en 1880 et mort en 1951, diplômé de l’Ecole Navale, il se distingua en 1914-1918 à la bataille des Dardanelles.
Brillant amiral, en 1940 il choisit comme beaucoup de ses pairs de soutenir l’Etat Français. Homme de confiance du Maréchal Pétain, il devient le 26 juillet 1942 Résident Général de France à
Tunis. Arrêté le 22 septembre 1944 à Paris, il est brièvement incarcéré à Fresnes avant d’être transféré à Clairvaux. Condamné le 15 mars 1945 à la perpétuité et à la dégradation militaire, il
mourra peut après sa grâce du 15 août 1950.
FABRE-LUCE Albert (automne 1944)
Né le 16 mai 1899 et mort le 17 mai 1983 à Paris, il était un journaliste et écrivain français.
Intellectuel et homme politique de gauche avant 1935, après 1936 il est proche du Parti Populaire Français (PPF). En 1936 il devient directeur du journal L'Assaut, un hebdomadaire fort critique avec le front populaire.
En 1940, Alfred Fabre-Luce, comme de nombreux hommes politiques de gauche, soutient le Maréchal Pétain mais son
ouvrage Journal de la France, qui sera publié en quatre volumes entre 1940 et 1946, uniquement en Zone Libre, est censuré par les Allemands et il fait quatre mois à la prison du
Cherche-Midi. A la Libération il refait trois mois au camp de Drancy et à Fresnes, entre septembre et novembre 1944, et il est mis à l'index. Il écrivit Double Prison au sujet de ses
emprisonnements.
FAY Bernard (1944 - ?)
Né le 8 avril 1893 à Paris, détenteur de la Croix de guerre reçue à Verdun en 1914-18, cet administrateur et écrivain participa dans les années 1930 à La Gerbe, un journal nationaliste. Il fut administrateur général de la Bibliothèque de France sous l'Etat Français, à partir du 6 juin 1940 ; son travail de réorganisation est considérable et se veut accompagner l'effort de redressement national prôné par le Maréchal Pétain. Monarchiste et anti-maçonnique, il publie pendant 4 ans les Documents Maçonniques ; pour dénoncer la malfaisance de cette secte, il fait tourner un film, organise des conférences et une grande exposition au Petit Palais en octobre-novembre 1941. Arrêté le 19 août 1944, il est condamné en 1945 à la perpétuité, à la confiscation de ses biens et à l'indignité nationale, alors que son rôle dans la protection d'israélites apparaît évident.
Son emprisonnement se déroule notamment au camp de Drancy et à Fresnes. Au sujet de ces incarcérations il a écrit De la prison de ce monde, journal, prières et pensées, 1944-1952.
échappé en 1951 et évadé en Suisse, il sera gracié en 1959.
Brillant universitaire, brillant professeur, Fay avait vu sa carrière culminer avec une nomination comme
enseignant au Collège de France entre 1932 et 1944. Il est mort en 1979.
FLANDIN Pierre-Etienne
Né à Paris en 1889 et mort en 1958, Flandin fut un chef de file de la droite libérale en même temps qu’un partisan
des régimes autoritaires européens des années 1930. Après avoir voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en juillet 1940, il devint son ministre des Affaires Etrangères en décembre 1940 et
aussi membre d’un directoire exécutif avec Darlan et Huntziger, d’où son incarcération lors de l’Epuration. Son œuvre la plus durable à ce poste est la création du Conseil national, une structure
représentative à pouvoir simplement consultatif, cherchant à établir un lien entre le gouvernement et le pays en s'assurant le soutien des notables.
FREMICOURT Charles (1944)
Né en 1877 et mort en 1967, il fut un grand magistrat français. Substitut au Tribunal de la Seine, directeur de
cabinet du Garde des Sceaux, président du Tribunal de la Seine, procureur général puis premier président de la Cour de Cassation en 1937, il fut le premier ministre de la Justice du Maréchal
Pétain de juin à juillet 1940 et fut incarcéré pour ce motif.
GERMAIN José (été 1944 à été 1947)
Né le 8 Mai 1884, fondateur de l'Association des Ecrivains Combattants, écrivain (romancier, essayiste et historien), journaliste, conférencier et publiciste, José Germain eut un destin hors du commun.
Pendant la guerre de 14/18 il se retrouva enterré vivant.
Il a du sauter du 2è étage d'une maison dévorée par les flammes.
Il s'est trouvé pris dans un grave déraillement de train en Suède.
Son bateau qui à la déclaration de guerre de 1939 le ramenait des Antilles en France est coulé par un sous-marin allemand. Et beaucoup d'autres mésaventures !
José Germain fut dans les années 1930 le directeur de la collection "Aventures et légendes de mer" au Masque.
Admirateur du Maréchal Pétain, il écrit de nombreux articles engagés dans différents journaux (La Gerbe, Nouveaux Temps) pendant l'Occupation, tout en aidant avec sa famille de nombreuses personnes (maquisards, juifs, communistes...) grâce à ses relations.
Il était membre du comité d'honneur du Cercle Européen, émanation du Cercle français de collaboration économique,
fondé en octobre 1941, pour promouvoir l'entente franco-allemande.
A la libération il fut incarcéré à Fresnes pendant 3 ans.
Passé en jugement en juillet 1947, il est acquitté et libéré le jour même. Dès sa sortie il écrit ses souvenirs,
Mes catastrophes, Souvenirs, dans lesquelles il raconte toutes les catastrophes qu'il a accumulées dans sa vie et réserve un chapitre entier à son incarcération à Fresnes.
Il est mort en 1964.
GIBRAT Robert (début 1945 à 1946)
Né en 1922 et mort en 1980, il fut membre du groupe de réflexion "Ordre Nouveau" dans le début des années
30 ; à l'automne 1940 il fut Directeur de l'électricité au Ministère de la Production Industrielle ; Secrétaire d'Etat aux Communications dans le nouveau Gouvernement Laval en remplacement
de Jean Berthelot le 16 avril 1942, il démissionna au retour de Laval en novembre 1942 ; en inspection sur les travaux du Méditerranée-Niger au moment du débarquement des Alliés en Algérie, il
rentra à Vichy par loyauté envers le Maréchal. Après un an passé en prison à Fresnes, il fut condamné à dix ans de dégradation nationale le 12 mars 1946 par la Haute Cour.
GILLES Gilbert
En 1939, à 17 ans, il s'engage comme volontaires dans l'armée française ; en avril 1944 il intègre les Francs-Gardes à Paris. Fait prisonnier pendant la deuxième guerre mondiale, il intègre la Division Charlemagne avec le grade de Oberscharfürhrer et combat notamment en Ukraine du nord.
Capturé en 1944, il est condamné à la prison pendant l’Epuration, dont une partie à Fresnes. Il est libéré en 1948 et se reconvertit dans le cyclisme : licencié à la Fédération Française de Cyclisme, il travailla dans la manufacture de cycles Origan et participa à des courses en Vendée puis au Tour d’Algérie en 1949.
Gilbert Gilles a ensuite appartenu à l'OAS, puis adhéra au Front National : il fut chargé de mission par ce
dernier en 1984 afin de récolter des fonds en Afrique.
GRISONI André
Né en 1886 et mort le 20 août 1975 à Courbevoie, il en fut maire de 1927 à 1944 ainsi que député de la Seine de
1932 à 1936. Radical socialiste puis fondateur du Parti Radical Français en 1938, il rejoint le RNP de Marcel Déat pendant l’Occupation et fut interné pendant l’Epuration.
GUITRY Sacha (automne 1944)
Né en 1885 et mort le 24 juillet 1957 à Paris, il fut un comédien, dramaturge, réalisateur de cinéma et auteur
prolifique de pièces de théâtres. Arrêté le 23 août 1944 à Paris, sous le prétexte qu’il avait continué à travailler pendant la guerre et qu’il était proche d’Arletty, il fut interné à l’automne
1944, après le Dépôt de la Préfecture de Police de Paris et Drançy, à Fresnes avant la Santé. A ce sujet il écrivit 60 jours de prison.
HEROLD-PAQUIS Jean (juillet à septembre 1945)
Journaliste radiophonique nationaliste, Hérold-Paquis fut arrêté le 8 juillet 1945 pour ses chroniques à Radio
Paris, puis emprisonné à Fresnes avant d’être condamné et fusillé au Fort de Châtillon le 11 octobre 1945.
JAMET Claude (août 1944 à février 1945)
Cet écrivain et critique littéraire, qui enseigna les lettres classiques au lycée Marcelin Berthelot de Saint Maur des Fossés, avait été l’élève d'Alain au Lycée Henri IV en hypokhâgne, avant d’entrer à l’Ecole Normale Supérieure en 1928, où il connut Simone Weill, Thierry Maulnier et Brasillach.
Situé politiquement à gauche (SFIO), antifasciste depuis le 6 février 1934, il s’engagea par pacifisme dans une collaboration –littéraire- avec l’Allemagne, ce qui lui valut sept mois de prison à Fresnes dont une condamnation à trois mois.
Il est le père de Dominique Jamet, journaliste écrivain et ancien président de l'Etablissement public de la Bibliothèque nationale, ainsi que d'Alain Jamet, vice-président du Front National.
Il a raconté son incarcération dans Fifi Roi, paru en 1948 : " C'est l'Epuration, non plus seulement vue,
mais vécue par un " épuré " entre autres : professeur, révoqué, écrivain, interdit, père de famille, arrêté, inculpé, emprisonné. Pour quel crime ? Au Dépôt et à Fresnes j'ai eu tout le loisir de
me le demander. "
LABORDE de Jean, Amiral
Né en 1878 et mort en 1977, il ordonna le sabordage de la flotte de Toulon le 27 novembre 1942 pour éviter qu’elle ne tombe aux mains des allemands ou des Alliés. Partisan de l’Etat Français, il avait été nommé par le Maréchal Pétain chef de la flotte de haute mer. Suivant les ordres de Darlan, et conformément à l’adage ‘la Marine se ne donne pas’, il préféra saborder le quart de la flotte française qui se trouvait alors à Toulon. Pour n’avoir pas donné cette flotte aux Alliés, il fut détenu à Fresnes puis condamné à la peine de mort convertie en perpétuité, à la dégradation nationale et à la confiscation de ses biens avant d’être gracié en 1959.
LAVAL Pierre (août à octobre 1945)
Il fut emprisonné dans la cellule 170 de Fresnes. Du 4 au 9 octobre 1945, son procès accéléré avait tourné au lynchage, aux insultes et à la haine des jurés mêmes, pourtant parfois anciens magistrats sous l’Etat Français ; son exécution terminera la tragédie. Les débats ont tant choqué et les procédés employés tellement indignes, que Reynaud et même Blum (dont Taittinger dit qu’il fut sauvé par Laval) se prononcent pour l’annulation du procès. "Vous pouvez me condamner, vous pouvez me faire périr. Mais vous n’avez pas le droit de m’outrager ", dira Laval lors de l’ouverture du procès.
De caractère calculateur en même temps que bon, il laissa une marque impopulaire alors qu’il semble avoir œuvré, même au travers d’une politique de collaboration allant au-delà de la ligne de l’Etat Français, pour sauver ce et ceux qui pouvaient l’être. En juillet 1942, c’est dans une intention d’humanité qu’il demande que les enfants israélites puissent accompagner leur parents chassés emmenés par l’armée allemande. De plus, afin d’éviter un mal plus grand, il se donna pour objectif de sauver les juifs français, ce qui fut une réussite si l’on compare le cas de la France avec les autres pays occupés par l’Allemagne. En novembre 1942, le grand rabbin Hirschler en visite à Vichy déclare au Maréchal Pétain que " Les Juifs français n’oublieront jamais ce qu’il a fait pour eux ".
Condamné à mort pour haute trahison sans avoir pu se défendre et après une instruction à l’emporte-pièce, il sera fusillé le 15 octobre 1945 à la prison de Fresnes, où un poteau est hâtivement érigé dans les fossés de la prison, après avoir tenté de se suicider à 8 heures. Il se rend au poteau, titubant suite à son absorption d’une fiole de cyanure, sous les quolibets des gardiens et les encouragements de détenus de l’Etat Français. Il demanda de mourir en gardant son foulard tricolore : " Je désire le garder pour le voyage (…) j’adresse mon dernier salut à la France que j’ai servie. Ma dernière pensée est pour elle (…) Je veux parler aux magistrats. Ils sont coupables d’un des plus grands crimes de l’Histoire. Je meurs pour avoir trop aimé mon pays ".
Il refusa l'escabeau qu'on lui proposait pour s'asseoir, se laissa lier au poteau et mourut courageusement : " Un Président du Conseil meurt debout. Je rassemblerai ce qui me reste de force pour tenir la seconde qu’il faudra ".
A près de 12 heures 30, Laval s’effondre en criant "Vive la France !".
LEHIDEUX François (fin 1944)
Né le 30 janvier 1904 à Paris, marié à Françoise Renault (sœur des frères Renault), cet industriel devint directeur général de Renault en 1934. Partisan des réformes sociales, il est nommé en octobre 1940 commissaire à la lutte contre le chômage et, de 1940 à 1944, directeur responsable du comité d'organisation de l'automobile et du cycle. Du 18 juillet 1941 au 18 avril 1942, délégué général à l'équipement national, il succède à Pucheu dans le gouvernement de l'amiral Darlan en tant que secrétaire d'État à la Production industrielle ; il quitte le gouvernement lors du retour de Pierre Laval au pouvoir et reprend ses fonctions au comité d'organisation de l'automobile et du cycle.
Fin 1944, il est arrêté et emprisonné à Fresnes mais sera remis en liberté provisoire dès 1946 et bénéficiera d'un
non-lieu en 1949 pour charges insuffisantes et faits de résistance. Il entre alors dans le conseil d'administration de la société Ford et, de 1950 à 1953, préside la société française Ford.
Administrateur de plusieurs sociétés dont Poliet et Chausson. De 1959 à 1961, il est membre du Conseil économique et social. Il présida l'Association pour Défendre la Mémoire du Maréchal
Pétain.
LEMERY Henry
Né en 1874, ce martiniquais fut le premier à devenir membre d’un gouvernement français. Après des études au lycée
parisien Louis le Grand, il devient avocat puis entame une carrière politico-administrative. Fervent partisan du Maréchal Pétain et anti-allemand, il devient ministre des colonies du 12 juillet
au 6 septembre 1940. Emprisonné à l’Epuration, il sera gracié en 1947 et fera partie de l’Association de Défense de la Mémoire du Maréchal Pétain. Il est mort le 26 avril 1972 à
Paris.
LEROY-LADURIE Jacques (automne 1944)
Né en 1902 et mort en 1988, ce syndicaliste agricole et paysan militant sera ministre de l’Agriculture dans l’Etat
Français d’avril à septembre 1942 puis résistant. Il fut détenu à Fresnes à l’Epuration.
LUBIN Germaine (automne 1944)
Cette soprano, née et morte à Paris les 1er
février 1790 et 17 octobre 1979 fut une très célèbre chanteuse d’Opéra, qui dès 1915 entra au Palais Garnier pour y interpréter de nombreux rôles. Elle chanta notamment sous la direction de
Richard Strauss et eut un énorme succès à Bayreuth en 1938 et 1939. Ayant continué à se produire à Paris pendant l’Occupation, elle fut arrêtée le 26 août 1944 puis, après Drancy, fut internée
à Fresnes jusqu’au 3 novembre 1944 alors pourtant qu’elle permit la libération de nombreux prisonniers. Innocentée en 1946, elle n’en fut pas moins frappée d’interdiction de séjour et de
l’indignité nationale (ramenée à 5 ans), tandis que ses biens furent confisqués. Interdite de chanter en France, elle sembla perdre sa voix et sa santé pour se produire à l’étranger. Revenue à
Paris, elle fut encouragée pour remonter sur scène : le 29 mars 1950, elle donna à la salle Gaveau son dernier concert, dans une atmosphère d’immense émotion. Elle enseigna le chant jusqu’à
sa mort, à son domicile parisien du 5 quai Voltaire. Toute sa vie elle lutta héroïquement contre l’infâme injustice que lui fit son propre pays.
MALLET Alfred
Cet écrivain politique fut détenu à Fresnes lors de l’Epuration.
MARQUET Mary (1944)
Actrice de théâtre entrée depuis vingt ans à la Comédie française où elle était devenue sociétaire, elle se vit
reprocher des articles écrits dans la revue Aujourd'hui, dont le directeur n'était autre que Georges Suarez, journaliste fusillé à la Libération. Internée brièvement à Drancy puis
Fresnes, elle sera innocentée.
MARQUIS, Amiral
Préfet maritime de Toulon pendant la 2è guerre mondiale, il fut lié au sabordage de la flotte française, le 27
novembre 1942. Arrêté, il fut interné à Fresnes et condamné à 5 ans de prison.
MAURER Pierre (1945 à 1946)
Il est né le 22 mai 1924 à Paris. En 1944, âgé de 20 ans, Pierre Maurer s’était engagé dans la Brigade Frankreich pour aller combattre sur le Front de l’Est : il fut décoré de la Croix de Fer pour sa bravoure lors des combats de Poméranie. Pierre Maurer, à son retour en France en 1945, fut emprisonné un an et demi à Fresnes.
" J’ai été fasciste et je reste fasciste ", avait-il dit le 26 mars 1979 devant un amphithéâtre de la
Faculté de Médecine (dont il fut doyen), propos qu’il confirmera le soir même devant les caméras de télévision et en précisant ses propos dans l’édition du 28/03/79 du journal Le Monde.
Il est mort le 19 janvier 2009." J’avais pris une option politique qui consistait à considérer d’abord que lorsqu’on a des idées il faut aller jusqu’au bout et se battre.
J’ai risqué ma peau. Je me suis engagé dans la Brigade Frankreich et je me suis battu sur le front russe dans
l’armée allemande. A la Libération, j’ai été arrêté. J’ai passé un an et demi à la prison de Fresnes. J’étais un soldat, pas un tueur ". [édition du 28/03/79 du journal Le
Monde]
MIRABEAU Bernard
PEYRECAVE de René
Ce responsable de Renault pendant l’Occupation fut arrêté et interné à Fresnes.
PEYROUTON Marcel
Né à Paris le 2 juillet 1887, cet homme politique de centre gauche fut nommé au secrétariat général du ministère de l'intérieur en septembre 1940, puis en décembre 1940 devient ambassadeur de France en Argentine jusqu'en avril 1942. Le général Giraud le nomme gouverneur de l'Algérie du 20 janvier au 3 juin 1943, date à laquelle les gaullistes obtiennent son renvoi. Comme gouverneur général de l'Algérie, il refuse d'abroger les lois antijuives de Vichy au motif que cette abrogation aurait des conséquences négatives sur la population musulmane.
Arrêté le 22 décembre 1943 et incarcéré à Fresnes, Peyrouton sera acquitté par la Haute Cour en décembre
1948.
PINSARD, RENAUD Abbé
RENAULT Louis (23 septembre au 9 octobre 1944)
Né à Paris le 15 février 1877, il fut un pionnier de l’industrie française, à la fois pilote et constructeur. En 1899 il est cofondateur de Renault Frères à Boulogne, puis gagne en compagnie de son frère Marcel de nombreuses courses dont Paris-Rambouillet avant qu’ils ne participent au JO de 1900. Jusqu’à 1939 l’empire Renault s’étend avec succès. Après la Libération il est indignement accusé de collaboration et la presse se déchaîne contre lui, alors que son entreprise de Boulogne avait malgré lui été réquisitionnée par les Allemands en 1940. Le 23 septembre 1944, rongé par la maladie, il se rend librement à la convocation d'un juge qui l'inculpe et le fait aussitôt incarcérer à Fresnes où il est mis au secret pour " commerce avec l'ennemi ". Sa santé se dégrade rapidement, il est laissé sans soin et se plaint d’être battu pendant la nuit. Sa femme, Christiane Renault réussit à le faire examiner début octobre par un médecin qui constate une vertèbre cervicale cassée et une crise d’urémie aiguë. Sortie de prison le 9 octobre, il décède le 24 octobre 1944 à l'age de 67 ans, un mois après son incarcération.
Aucune enquête officielle n'a permis de connaître les conditions de sa détention et les responsables des mauvais
traitements qu'il a subis à Fresnes. Il est possible qu'un gardien l'ait frappé à coup de casque lourd mais l'action de militants syndicaux introduits clandestinement dans la prison ne peut être
exclue.
RIPERT, ROCHER René
ROMAZZOTTI (automne 1944)
Syndic de l’Hôtel de Ville de Paris, il est emprisonné à Fresnes dans la cellule jouxtant à gauche celle de
Taittinger.
ROSSI Tino (1944)
Arrêté pour avoir prêté sa voix à Radio Paris, le ténor se retrouve dans la même cellule qu’Arletty à
Fresnes ; il en profite, pendant les offices religieux célébrés à la prison, pour faire profiter les autres détenus de ses qualités vocales. Interné aussi à Drancy, il sera gracié après deux
mois de détention.
SOUPAULT Ralph (mars 1946 – janvier 1947)
Membre du PPF (dont il fut responsable à Paris en 1944), dessinateur de nombreux journaux nationalistes de l’entre-deux guerres et de la deuxième guerre (Gringoire, Action Française, Courrier Royal, Le Charivari, Au pilori) et fut le dessinateur vedette de Je suis partout. Arrêté en Italie en mars 1946, emprisonné à Fresnes, il est condamné par la Cour de justice de la Seine à quinze ans de travaux forcés en janvier 1947. Libéré le 21 novembre 1950, il collabore ensuite à Rivarol sous les pseudonymes de Rio ou de Léno. Il a écrit Fresnes, reportage d’un témoin.
Dans le texte d’accompagnement, il évoque le sort de Robert Brasillach et celui de Jean Hérold-Paquis, exécuté le 11 octobre 1945 : " (…) derrière chaque porte close, tous les passagers du navire immobile prient pour celui d’entre eux qui "ce soir ne reviendra pas", comme l’écrivit Brasillach, cet autre voyageur du petit jour qui, lui non plus, n’est jamais revenu (…)
maintenant, dans le cliquetis sinistre des chaînes traînant sur le ciment, les condamnés regagnent leurs cellules
respectives. Les semaines et les mois de longue attente, de craintes et d’espoirs n’ont pas entamé leur courage. Nous entendons parfois leurs propos joyeux et même leurs rires et leurs chansons.
La paix du Christ est en eux. "
TAITTINGER Pierre (automne 1944 au début 1945)
Combattant avec citations de la 1è guerre mondiale, Taittinger fut député de Paris de 1924 à 1940, conseiller général de Paris et de la Seine en 1937, puis président du conseil municipal de Paris en 1943-1944, en pleine occupation. Homme droit et patriote résolu, il subira en 1944 le déchaînement de haine des révolutionnaires ‘résistants’ du milieu parisien, avides d’une nouvelle ‘Commune’ pouvant permettre d’installer un pouvoir ‘Rouge’.
Homme de droite, il avait rejoint les Jeunesses Plébiscitaires de Déroulède dès son plus jeune âge avant d’en être leur président en 1913. Puis il avait crée en 1924 l'organisation des Jeunesses Patriotes qui regroupera 300.000 membres dès 1929 et se voulait la continuation de la Ligue des Patriotes de Déroulède.
En 1935 elles deviendront un parti politique, le parti républicain national et social (PRNS) dont les principaux buts sont la lutte contre le communisme et le danger hitlérien.
Présent avec les Jeunesses Patriotes à la célèbre nuit d'émeute du 6 février 1934, puis dirigeant avant-guerre d’un Front National, Taittinger devint en 1940 un fidèle soutient à la Révolution nationale et à Pétain, à qui il vota les pleins pouvoirs.
Il est avéré que son intervention auprès du général Dietrich von Choltitz permit d’éviter la destruction de Paris, ainsi que l’atteste sa nomination en 1954 comme député honoraire de Paris et aussi son livre … Et comment Paris ne fut pas détruit.
Le 20 août 1944, des bandes communistes ayant pénétré dans l’Hôtel de Ville de Paris arrêtent notamment Pierre Taittinger : emprisonné au Dépôt de la Préfecture de Police puis au Vel d’Hiv et à Drancy avant d’être ramené au Dépôt en fin septembre, il est ensuite emprisonné à Fresnes : il se retrouve dans la 1è Division, cellule 210, qu’il partage avec Thomassin et Robert Suhel.
Il devint membre de l’Association pour Défendre la Mémoire du Maréchal Pétain après la guerre.
THERIVE André
Né en 1891 et combattant de la 1è guerre mondiale, ce romancier, journaliste et critique littéraire co-fonda en
1930 le Prix du roman populiste. A l’Epuration il fut incarcéré à Fresnes.
VALLAT Xavier (1944 à décembre 1949)
Nationaliste catholique, combattant courageux (il perdit un œil et une jambe en 1914-18), monarchiste député de l’Action Française, Vallat s’illustra par son engagement contre l’emprise de certains lobbies sur la France. Comme secrétaire d’Etat sous Vichy il s’emploiera d’ailleurs, sans idéologie ni haine de l’autre, à promouvoir un Etat et une fonction publique détachés de toute influence non française ou en opposition avec l’intérêt français, tels ces lobbies si puissants pendant la Troisième République. Enfin, le 29 juin 1944, il remplace Philippe Henriot, abattu la veille par la Résistance, au micro du Radio-Journal de Vichy et tiendra l'antenne jusqu'au 19 août 1944 avant d’être arrêté et emprisonné à Fresnes.
En 1947, et malgré les nombreux services –reconnus- qu’il rendit aux juifs de France à pendant la période 1940-45, Xavier Vallat fut condamné à dix ans d'emprisonnement et à l'indignité nationale à vie. Il est libéré en décembre 1949 et amnistié en 1954.
Il écrivit Feuilles de Fresnes.
WORMS Hippolyte (automne 1944)
Membre de la banque Worms, il fut emprisonné à Fresnes quelques mois (pour soutien à l’Etat Français) avant de voir son dossier classé sans suite.
Ecrits de victimes de l’Epuration emprisonnés à Fresnes
À travers l’épuration, poèmes et chansons de détenus regroupés et illustrés par Guy Hanro
Des Illusions… Désillusions ! Mémoires, 15 août 1944-15 août 1945, par Jean Herold-Paquis
Prisons de l’épuration, l’épuration vécue à Fresnes 1944-1947, Anonyme
Je sors du bagne, par Pierre Malo,
J’étais aumônier à Fresnes, par Jean Popot,
Article 75, par Philippe Saint-Germain
Fifi Roi, par Claude Jamet
Poèmes de Fresnes, par Robert Brasillach,
A Fresnes au temps de Robert Brasillach, par François Brigneau
Henri Béraud à Fresnes in le n°1 des Cahiers Béraud, par François Brigneau
Feuilles de Fresnes, par Xavier Vallat
Les mémoires de Porthos, par Henry Charbonneau
Fresnes, reportage d’un témoin, par Ralph Soupault
Quinze jours avec la mort. La chasse au lampiste, par Henri Béraud
60 jours de prison, par Sacha Guitry
… Et comment Paris ne fut pas détruit, par Pierre Taittinger
Dans la cellule de Pierre Laval, par Jacques Baraduc
De la prison de ce monde, journal, prières et pensées, 1944-1952, (Camp de Drancy, Fresnes, Angers), par Bernard Fay.
Prisonniers de l’Algérie Française (début des années 1960)
? Guy, ABADIE Pierre, ABATE Rock Edmon, ACHOUR Lahcene, AGLIANY Pierre, d’AGOSTINO François, ALBARRACIN
Diego, ALBERGE Claude, ALEXANDROWICZ Serge, ALGARA Antoine, ALMODOVAR François, ANDRE Claude, ANDRY Lucien, ANIES René, ANTOINE Julien, ARBER Robert
ARGOUD Antoine, colonel (février 1963 à juillet 1968)
Membre de l’Armée d’Armistice puis de l’Armée de la Libération de l’Afrique à l’Allemagne, Argoud fut chef
d’Etat-Major du Corps d’Armée d’Alger ; fervent partisan de l’Algérie Française, il fut un dirigeant majeur de l’OAS puis du Conseil National de la Résistance fondé en 1962 à Rome. Après son
enlèvement par les barbouzes en février 1963, il est interné à Fresnes, condamné à la perpétuité puis libéré en juillet 1968. Il a écrit La Décadence, l'imposture et la
tragédie.
ARNARDI Pierre, ASKIRI Abdelaziz
ASSEMAT Jean
Lors de la deuxième guerre mondiale il passe en Angleterre et s'engage dans les SAS ; sous les pseudos de
Jacques ou ULM il s'illustre et est décoré. Il reste dans l'armée et durant la guerre d'Algérie il sert dans les rangs du 1er RCP, du 1er RHP et du 13ème Dragons parachutistes. Il travaille sous
les ordres d'Aussaresses dans les Services. Puis avec le colonel Godard il contribue à l'anéantissement des effectifs fellouzes de la Willaya 3. Muté en Allemagne, il rejoint les rangs de la
résistance à l'abandon et, arrêté et interné à Fresnes, il est condamné et radié des cadres de l'armée. Officier de la Légion d'honneur, il avait été nommé capitaine honoraire.
AUMERAN Pierre, AYCAGER Pierre, BABULIS Jean-Baptiste, BALERIN Claude, BARDON Gérald, BARDON Roger, BARJON
Jacques
BASTIEN-THIRY Jean, colonel (septembre 1962 au 11 mars 1963)
Polytechnicien renommé et prometteur, brillant colonel de l’Armée Française, il est aussi un grand chrétien dont
l’engagement sera total au moment des combats de l’Algérie Française. Proche de l’OAS et du CNR, Bastien-Thiry est le cerveau de l’attentat du Petit-Clamart du 22 août 1962 contre de Gaulle.
Arrêté le 15 septembre 1962 et emprisonné, il sera jugé et condamné à mort avant d’être fusillé le 11 mars 1963 au fort d’Ivry.
BASTIDE Bertrand, de BEAUNAY Raoul, BELLEGARDE Claude, BELTRA Jean, BENEDRADJ, BENICHOU Henri, BENTIR
Abdelkader, BERTRAND Georges, BESSON Roger, BEVELO Walter, BINOIST Jacques, BLIN Michel, BLONDEAU Jean-Marc, BOJU Jean-Pierre, BONEWITZ Nicolas, BOTTELA Joseph, BOUBEZARI Messaoud, BOULET Robert,
BOULIGNAT Paul, BOULME Roger, BOURGEON Christian, BOURGUIGNON Bernard, BOYER Michel, BOUZIANI Ahmed
BOZZI (1961)
Incarcéré à Fresnes pour militantisme OAS, il s’est évadé le 21 octobre 1961 en compagnie d’un autre évadé non
identifié.
BRICET Bernard, BRICOTTE Jacques
BROUSSE DE MONTPEYROUX André
André Brousse de Montpeyroux, publiciste, musicien, grand voyageur, sociologue et archéologue, quitta l'armée après la campagne de Syrie pour s'engager, dans la guerre d'Espagne, aux côtés de la
Tradition. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier par les Allemands après avoir opposé une résistance farouche et avoir été très grièvement blessé. Rapatrié comme incurable à Orléans, il
continua son combat comme agent de liaison du réseau
" Ceux de la Résistance Lecomte-Boinet ". Peu de temps après, il se distingue dans l'armée de Lattre aux côtés du (futur) général Salan. A nouveau hospitalisé lors de la campagne d'Allemagne, il
fut réformé à 100 %, et se trouva dans l'obligation de rejoindre Saint-Benoit-du-Sault où il fut élu maire. Membre influent du Comité de l'Association des maires de France et d'Outremer, chargé
de la Commission de la jeunesse et des sports, membre du comité directeur du Conseil des communes d'Europe, il s'engagea en 1956 dans la guerre d'Algérie et devint chef de la SAS de Masséna.
Opposé à la politique algérienne de la France, il fut l'animateur des premiers maquis "Algérie française" dans les territoires du Mostaganémois, avec pour compagnons le cheikh Si El Hadj Tekouk
Ben Tekouk Senousssi, le capitaine Souetre, des commandos de l'air, et René Villard, chef civil algérois de France Résurrection. Arrêté, mis au secret à Fresnes, il s'évada et s'exila. Ses
troupes, civiles et militaires, de nationalistes fervents, furent choisies, avec le groupe jeune Nation, pour participer à la préparation et au déclenchement du putsch des généraux en avril 1961.
Après l'échec du coup d'état militaire, France-Résurrection s'organisa dans la clandestinité et devint l'un des fers de lance de la résistance française en Algérie contre la politique d'abandon
du gouvernement français.
Avant même qu'André Brousse de Montpeyroux ne rejoigne le général Salan dans la clandestinité à Alger, ses principaux adjoints, civils et militaires, dont René Villard, furent brutalement abattus. L'arrestation du général Salan sonna le glas pour l'OAS, André Brousse de Montpeyroux reprit alors les durs chemins de l'exil, se partageant entre l'Europe et l'Afrique Noire. Entre 1963 et 1965, on le verra encore à la tête de troupes berbères dans les montagnes de Kabylie. Traqué, recherché par toutes les polices de France, il refusa la loi d'amnistie de 1967, vivifiant sa foi au sein d'un monastère espagnol de la vallée de Los Caïdos. Quelques années plus tard, il rentra en France, compte tenu de son état de santé, mais continua plus que jamais, à battre la campagne et à asséner ses vérités par la plume, après l'avoir fait par l'épée. Celui que ses adversaires arabes avaient appelé El Choul (le démon) avait fait de sa vie un défi et de sa mort un simple passage à l'éternité. De son vivant, son courage avait été salué par le colonel Rémy, Georges Bousquet et le général Salan.
BRUN Emmanuel
Brun participe à la Grande Guerre en 1918. En 1940, il est capitaine d’artillerie de réserve et il commande une batterie. Il reçoit la Légion d’Honneur à titre militaire.
Après l’avènement de la Vè République, Emmanuel Brun n’accepte pas la tournure que le pouvoir fait volontairement prendre aux évènements ; il manifeste, d’une part, son opposition aux souffrances
que l’on inflige volontairement aux populations civiles, d’autre part, son refus de voir, de ce fait, le sacrifice de son fils et de milliers d’autres jeunes gens méprisé et trahi. Ce sacrifice
sera même insulté.
Mais qu’est-ce que la vie d’un jeune homme pour un visionnaire politique et ses idolâtres ?
Les accords d’Evian, négociés de manière réellement avilissante, précipitent les populations civiles d’Algérie dans un bain de souffrance et de sang, sur fond de calomnies et de haine, où il semble bien que le pouvoir ait trouvé un plaisir certain.
Pour lutter contre ces vilenies, Emmanuel Brun épaule le réseau Est de l’OAS, ce qui lui vaudra 9 mois de détention provisoire à Nancy et à Fresnes. Il sera démontré au cours du procès que les médecins de l’administration pénitentiaire, qui ne l’ont ni vu ni examiné, ont établi de faux certificats médicaux le déclarant en bonne santé alors qu’il se décalcifie gravement. Il faudra l’expertise du Professeur Merle d’Aubigné pour qu’il soit libéré.
Devant la Cour de Justice, il sera défendu par Me Yves Perrusel et se verra condamné à 5 ans de réclusion
criminelle avec sursis et à la privation de ses droits civiques ; il refusera ensuite de récupérer sa carte d’électeur et ne reportera jamais le ruban de la Légion d’Honneur.
En outre, son appartenance à la communauté protestante l’amènera à fonder avec son cousin Philippe Brissaud (lourdement condamné pour délit d’opinion) et d’autres, le journal Tant qu’il fait
jour, destiné à lutter contre Réforme, le journal de la fédération protestante de France, suppôt des porteurs de valises du FLN dont le pasteur Mathiot illustre la dérive : il sera
pris à la frontière Suisse avec un fellagha caché dans le coffre de sa voiture.
BRUN Jean-Pierre, BRUNO Noël, BRUNON Louis, BURCELIN Yves
BUSCIA
Incarcéré à Fresnes pour militantisme OAS, il s’est évadé le 5 septembre 1963 avec la complicité d’un gardien corse, Ceccaldi.
CABANAS Philippe, CALDERON Guy, CAMFRANCQ André, CAMTO Emmanuel, CANTO Marcel, CAPIN Rémy, CARAYON Daniel,
CARRABASAL Pierre, CARRIERE Jean, CARRIO Michel, CARVANA Roger
CASATI Robert, commandant (1962 à 1963)
Emprisonné à Fresnes pour militantisme OAS, il y mourra en détention le 2 mars 1963, faute de soins.
CASTANO Joseph, CASTAY Claude, CASTELNA
de CONDE Louis (mars 1965 à octobre 1966)
D’une grande famille du nord de la France, né à Paris le 1er janvier 1939, Louis de Condé s’engagera très tôt pour la France : après une préparation parachutiste au Fort de Vincennes à 18 ans, il s’engage en Algérie qu’il se promet, elle et ses habitants, de ne jamais abandonner. Après l’échec du putsch d’avril 1961, il devient membre de l’OAS-Alger.En septembre 1961, il crée à Paris un réseau de propagande avec son ami Jean de Brem, son chef de stick à la PM para en 57-58. Il hébergea plusieurs clandestins et finit ainsi par faire partie de l'équipe dite du "Petit-Clamart".
Sous l’autorité d’Alain de La Tocnaye, il participa à la préparation et à la réalisation de l’attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle, le 22 août 1962. Clandestin pendant 3 ans, il erra dans de nombreux pays d'Europe, pourchassé par Interpol et plusieurs polices car condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par défaut.
Arrêté le 26 mars 1965, il fut placé pendant 19 mois au secret dans la cellule des condamnés à mort de Fresnes, où avant lui, le Lieutenant Degueldre, puis le Colonel Bastien-Thiry avaient passé leurs derniers jours et leur dernière nuit ; il y connut la solitude et l'angoisse mais il y vécut aussi, selon ses amis, la plus belle histoire d'amour du siècle avec sa correspondante romaine qui devint sa fiancée et plus tard sa femme. En avril 1966 il écrivit dans sa cellule de Fresnes : " EN VERS et contre tout, j’ai vaincu, j’ai vécu ".En fin 1966 et jusqu’en mars 1968, il sera emprisonné à l’Ile de Ré.
Il a écrit en prison les poèmes Mon Dieu, combien d’années, D’heures et de journées, Et combien de longs mois,
Sous cet horrible toit, Devront-ils s’écouler, Avant de m’en aller. Tous ses poèmes sont rassemblés dans Voyages. Louis de Condé est un cadre du Front National.
CONTE Georges, CONTRERAS Antoine, CORNILLE Henri, CORTI Claude, CORTI Marco, COURCEL-LABROUSSE Olivier,
COURTOIS Gabriel, CUENOUD Jean, CUISANCE René, DAGOSTINO François, DARMON Albert, DEFOSSE Guy, DEGAND Lucien, DEGAVRE Serge
DEGUELDRE Roger (octobre 1961 au 6 juillet 1962)

Légionnaire, chef du commando Delta 1, il participera à la tentative de putsch d’avril 1961. Arrêté le 11 octobre 1961 en Algérie puis transféré à Fresnes, il mettra ses médailles sur la porte de
sa cellule 114 en signe de protestation ; il sera fusillé le 6 juillet 1962 au fort d’Ivry.
DELAPORTE Thierry, DELBOUYS Jacques, DELCOMINETTE Léon, DIAZ Philippe, DIAZ Victor, DIENER Pascal, DILLEM
Areski, DOISY Serge, DORSINFANG Pierre, DOUCET Jean, DOUCET René
DOVECAR Albert (mars 1962)
Ce légionnaire, membre du commando Delta 1 de Degueldre, est arrêté le 11 octobre 1961 en Algérie ; transféré
la Santé puis à Fresnes, il sera fusillé le 7 juin 1962 au fort du Trou d’Enfer.
DUPUY Robert, DUQUESNE Robert, ENAUD Jean-Claude, ENSALBERT Pierre, ESPOSITO Giro, ESQUENDRE François,
EUZENOT Joseph, EYRAUD Jean, FERNANDEZ Manuel, FERNANDEZ Marcel, FONTAINE Yves, FONTALBE Jean-Pierre, FONTANA Georges, FOURNIER FOCH Henri
FRASSATI
Emprisonné à Fresnes pour militantisme OAS, il s’évadera le 5 septembre 1963 avec la complicité d’un gardien
corse, Ceccaldi.
FUSTER Jean-Baptiste, GALVAN Vincent, GARCIA Alain, GARCIA Bernard, GARCIA Claude, GARCIA Joseph, GARCIA
Michel, GARCIA Norbert, GARCIA Pierre, GAUDIN Alain, de GAVRE Serge, GEICER Gérard, GELEDANT Alain, GERMAN Edouard, GERONDE Edmond, GIACOPELLI Philippe, GIL DE SAN SECUNDO Jose, GILBON Gilbert,
GILQUIN Vincent, GIRAUD Maurice, GOMEZ Hervé, GONZALES Huber, GONZALES Martin, GONZALO Georges, GOREL Raymond, GOULRAUD Gérard, GRUSSENMEYER Raymond, GUIEU Jean-Pierre
GUILLAUME Pierre, commandant (1961)
Cet officier de Marine, surnommé le Crabe-Tambour, commença par la guerre d’Indochine. Puis, en Algérie, il
devient le chef du commando Guillaume, celui dont son frère Jean-Marie était le chef avant d’être tué. Il est ensuite nommé conseiller naval de Challe pendant le putsch d’Alger ce qui lui vaut 4
ans de prison avec sursis et une incarcération à Fresnes. Membre de l’OAS, il est ensuite arrêté en mai 1962 et condamné à 12 ans de prison en province. Il a écrit Mon âme à Dieu, mon honneur
à moi et mon corps à la patrie.
GUILLEM Régis, GUIRA Antoine, HADJEDZ Jean-Pierre, HAHN Richard, HAMOTEL Pierre, HATIK Mohamed, HERBETH
Georges, HERVILLARD Eugène, HIRIART Pascal, HISS Roger, HOLLE Raymond, HOUACINE Aurane, HUGUET Emile, ILLAN Antoine, IRTASO Jean, ITHIER Michel, IVDRA Guy, JEANNOEL
Alain
JOUHAUD Edmond, général (1962)
Il est l’un des 4 généraux organisateurs du putsch d’avril 1961 et fut chef de l’OAS en Oranie. Arrêté le 25 mars
1962, il est condamné à mort le 13 avril 1962, peine commuée en détention à perpétuité à la prison de Tulle dont il sortira en 1967.
KALFLECHE Jean-Marc, KARDOS-SZABOS Ferenc, KAUTZMANN François, KLEIN Henri, LABELLE Emile, LAGARRIGUE
Jean, LARIVE Alain, LASCAUX Jean-Pierre, LAVIE Marcel, LE BEURIER Gildas, LE BEUVANT Paul, LECOULTRE Louis Paul, LEGRIS Jean, LEPERE Bernard, LHUILLIER Jean, LINARES Jean Vincent, LINKE, LLADOSA
Louis, LLINARES Jean, LLINARES Joseph, LLINARES Marcel, LODS Philippe, LOISON Gabriel, LOPEZ Jean, LOPEZ Jean-Claude, LOPEZ Joseph, LOPEZ Manuel, LOPEZ Pierre, LOUPIAS Claude, MACE Pierre,
MAILLARD Gabriel, MAIREY Jean, MALFERRE Jean-Claude, MARBOT, MARCADAI Marcel, MARGARA Bruno, MARTIN André, MARTINEZ Marcel, MARTINEZ Michel, MARTY Jean-Charles, MAS Lucien, MASSA André, MASSE,
MASSON Georges, MASTOUMECQ, MEHAOUI Jean, MENARD Robert, MICHEL René, MOLINA Pierre, MONGABUR Henri, MORICONI Christian, MORIN Henri, MOSCATELLO Philippe, MOULINE Pierre, MOYA François, MUEIEDO,
MULLER Jean, NAEGEL Edmond, NAKACH James, NAVARRO Mario, NAZARRO Michel, NICOLAÏ Marc, NIKICHINE Philippe, NOGUERA Daniel, de NOYNA PENTEHENKO Paul, OBERTO Michel Ange, de BONET d’OLEON Henri, de
BONET d’OLEON Frédéric, OLIVES Jean, ORRIERE Pierre Léon, ORSONI André, ORTA Pierre, ORTS, OSMAN Didier, PAISANT Georges, PARDO Grégoire, de PARSEVAL Bertrand, PASCAL Gilbert, PASCAL Jean-Pierre,
PATUEL Pierre, PEGAZ-BECHOU Hervé, PERET Joseph, PEREZ Joseph, PETIT André, PEZARD Jean
PIEGTS Claude (fin 1961 au 7 mars 1962)
Ce légionnaire, membre du commando Delta 1 de Degueldre, est arrêté le 11 octobre 1961 en Algérie ; transféré à Fresnes, il sera fusillé le 7 juin 1962 au fort du Trou d’Enfer.
PINA Claude, PINSON Roger, PIRAS, PLEDGE Robert, POERTNER Alain, POMARES Bastien, PONCHIN Georges, PORETTI
Jean-Claude
PREVOST Jacques (1962 à 1963)
Lié à l’attentat du Petit-Clamart du 22 août 1962, il sera arrêté fin août à Montmartre, rue Berthe, avec dans sa
voiture des armes qui ont servi au Petit-Clamart. Interné à Fresnes, il sera condamné à mort mais non fusillé.
QUILES André, QUILES Ernest, QUILES Fernand, RADARES Georges, ROCARD André, RODRIGUEZ Alain, RODRIGUEZ
Pierre, ROGER René Raphaël, ROGER Roland, REFFED Mohamed, ROSA Pierre, ROURRE Christian, ROUX, RUITTON, RUIZ Philippe, SABOURDY Jean-Louis, SAINT DIZIER Jean
SALAN Madame
La femme du général Salan fut incarcérée à Fresnes.
SALLAS-PEREZ Marcel, SANCHEZ Daniel Vince, SAVIO Marcel, SEGURA Guy, colonel, SEMPOL Marcel, SEVILLA Paul,
SEYBERLICH Jean, SISTE Benito, SITBON Charly, SLEIBIODA Henri, SORIANO Jean-Pierre, STENTO Albert, SCHUTZ Michel, de SCITIVAUX DE GREISCHE Marc, SCOTTO DI CESARE Michel, SCOTTO DI, VETTIMO Yves,
SEBDOLIN Roger, SEGUI Jean-Pierre, TAGLIA Vittorio, TANGUY Yves, TANZI Guy, TARI Pierre, TEMINE André, TESTA Michel, TETON Luc, THROUDE Jean, TISSIER François, TOMBINI Adrien, TORREGROSSA Marc,
TOUSSAINT Michel, TRENOY Michel, TREVILLY Jean, VALAIS Marceau, VALERO André, VALLEE Guy, VAN NUVEL Paul, VEDEL Serge, VENYS Jacques, VIRET Robert, VISUS Pierre, WIRTH Johan, de WOYNA de
PEUTCHENK Paul, XERRI Charles, XICLUNA Jean-Claude
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