Fort de Montrouge - Arcueil / Val de Marne
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Jean Bassompierre, fusillé le 20 avril 1948
Ami de Joseph Darnand (qu’il a visité à la Santé en 1938 lors de son emprisonnement
dans l’affaire de la Cagoule), membre des Jeunesses patriotes, de la Cagoule et du Parti Populaire Français, cadre de la Milice, membre de la Légion des Volontaires Français puis de la Division
Charlemagne, Bassompierre dédiera l’ensemble de sa courte vie au militantisme politique nationaliste et au combat pour le nouvel ordre français ébauché à partir de juin 1940.
Après avoir retrouvé son ami Darnand à Nice en août 1940, il devient secrétaire général de la Légion française des combattants des Alpes-Maritimes puis rejoint la LVF sur le front de l'Est en
1943. Rappelé par Darnand, il est nommé inspecteur général de la Milice en 1944. Après la Libération de Paris, il intègre la division Charlemagne qui se bat à Berlin. Arrêté par les Soviétiques,
il est extradé vers la France en 1948, jugé, condamné à mort et fusillé le 20 avril 1948 au Fort de Montrouge.
Lire le récit de la vie de Jean Bassompierre
Marcel Bucard, fusillé le 19 mars 1946
Né le 7 Décembre 1895 à Saint-Clair-Sur-Epte, fils de boucher, Marcel Bucard est un
rouage indéniable du nationalisme social de l’entre-deux guerres. Il a écrit plusieurs ouvrages aux Editions du Coq de France (CDF).
Après avoir pensé à la prêtrise, Bucard se trouve happé par la Première Guerre mondiale dont il devient un héros ; officier, il est blessé puis décoré.
Candidat battu du Bloc national en 1924, il est plus tard l'un des cadres des Légions créées en 1925 puis membre de l’Action Française, du Faisceau de Georges Valois où il est plus spécialement
chargé de la propagande jusqu’en 1928, de Solidarité Française de François Coty et des Croix de Feu du colonel de La Rocque. Il rejoint ensuite la Milice Socialiste Nationale, dont il prend la
direction en 1932-33, et son journal La Victoire du chantre du ‘socialisme national’ Gustave Hervé. C'est d'ailleurs dans La Victoire de Gustave Hervé que, le 20 août 1933,
Marcel Bucard annonce la future naissance du Parti franciste.
La création officielle du Francisme ou Parti franciste a lieu le 29 septembre 1933, à 23 heures, lors d'une cérémonie organisée à l' Arc-de-Triomphe de Paris. Les ‘Chemises Bleues’, qui se
revendiquent d’un fascisme orthodoxe et catholique, sont « l’expression française du fascisme, et l’expression particulière d’une forme de nationalisme » ; elles saluent à la romaine et disposent
d’un service d’ordre de jeunes, la Main Bleue, et du journal Le Franciste. Le parti, particulièrement actif en Seine et Oise (actuelles Yvelines) est dissout par le Front Populaire en
1936 ; Marcel Bucard fonde alors le Parti unitaire français d'action socialiste et nationale en 1938. Fait prisonnier en 1940, Bucard reconstitue son mouvement dès sa libération en 1941 et fait
reparaître Le Franciste.
Membre fondateur du comité central de la Légion des Volontaires Français, il participe en 1943 au Front révolutionnaire national dominé par le Rassemblement National Populaire de Marcel Déat.
A la suite d’un quiproquo, Bucard, qui tue deux policiers en juillet 1944, est emprisonné à la prison de la Santé et manque d’être fusillé. Libéré le 29 juillet, il a juste le temps, devant
l’avancée des Alliés, de fuir en Allemagne le 12 août avec les autres Francistes. En août 1944 il se retrouve donc à Sigmaringen où il publie un Bulletin d'information franciste. Il est
arrêté le 25 Mai 1945 en Italie.
Condamné à mort le 21 Février 1946, Marcel Bucard est exécuté le 29 Mars 1946 ; il meurt en chantant le fameux hymne populaire catholique : « Je suis chrétien, voilà ma gloire … »
Robert Brasillach, fusillé le 6 février 1945
Né le 31 mars 1909, Brasillach fut un poète et écrivain nationaliste de premier ordre,
dont la carrière fut brisée à la suite de l’épuration sauvage de 1945.
Passé de Sens à Paris, après trois ans dans la classe de préparation littéraire du lycée Louis-le-Grand il est admis à l'École normale supérieure en 1928. Ne tardant pas à fréquenter les
écrivains non conformistes d’alors, il assure une chronique littéraire dans le quotidien l'Action Française et l’Etudiant Français dans la première moitié des années
1930 puis, de 1937 à 1943, est le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Je suis partout. Il est aussi l’auteur de nombreux livres et poèmes où ses qualités de critique et d’écriture sont
très remarquées.
De façon honteuse et criminelle, les écrits de Robert Brasillach lui valent, à la Libération, d'être d'abord recherché, puis d'entraîner l'arrestation de sa mère, de son beau-père, de sa sœur
Suzanne et de son beau-frère Maurice Bardèche. Il choisit alors, en septembre 1944, de se constituer prisonnier auprès de la Préfecture de police de Paris, assumant tout son engagement.
Brasillach est emprisonné à Fresnes (actuel Val-de-Marne) puis son procès s'ouvre le 19 janvier 1945 devant la cour d'assises de la Seine ; sa défense est assurée par Jacques Isorni lequel sera
également, quelques mois plus tard, défenseur du maréchal Pétain. Le procès aboutit à sa condamnation à mort le jour même, après une délibération de vingt minutes …
Dans les jours qui suivent, une pétition d'intellectuels renommés, parmi lesquels Paul Valéry, Paul Claudel, François Mauriac, Daniel-Rops, Albert Camus, Marcel Aymé, Jean Paulhan, Roland
Dorgelès, Jean Cocteau, Colette, Arthur Honegger, Maurice Vlaminck, Jean Anouilh, Jean-Louis Barrault, Thierry Maulnier, etc., demande à de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, la grâce du
condamné à mort, notamment en considération du fait que son père était Mort pour la France le 13 novembre 1940. En vain, car de Gaulle choisit de ne pas commuer la peine prononcée.
Le 6 février 1945, le poète à la mèche tombante est fusillé au Fort de Montrouge. Robert Brasillach est inhumé au cimetière de Charonne, dans le XXè arrondissement de Paris.
Et vous, garçons de mon pays,
Voici les mots que nous disions,
Nos feux de camp parmi la nuit,
Et nos tentes dans les buissons.
Vous le savez mieux que personne,
J’ai voulu garder ma patrie
Du sang versé, et je vous donne
Ce sang gardé, ô mes amis
[Robert Brasillach, Poèmes de Fresnes]
Voir ici le récit de l’éxécution de Brasillach par son avocat Maître Isorni
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