Prisons des justes - Paris 7è au 15è
Maison d’arrêt de la rue de Sèvres – Paris 7è
Prisonniers de la Révolution (fin 18è)
Cet ancien hospice fut une prison pendant la Révolution, fondée par la Section du Bonnet- Rouge sans aucun mandat.
La veuve du cordonnier Simon, chargée de la garde du petit Louis XVII au Temple, fut admise comme indigente en 1796. Elle y mourut en 1819, affirmant qu'un autre enfant avait été substitué au petit roi dans la prison.
Des dizaines de prétendus ennemis de la Révolution y furent emprisonnés, puis souvent conduits à la Conciergerie, anti-chambre des exécutions.
Prison de la Préfecture – Paris 8è
Prisonniers de l’Epuration (guerre 1939 – 1945)
BERTHET M. (été 1944)
Ce membre de la Préfecture de Police de Paris fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture à l’été 1944.
BONNET SAINT GEORGES M. (été 1944)
Ce membre de la Préfecture de Police de Paris fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture à l’été 1944.
BOUFFET René (été 1944)
Né en 1896 et mort en 1945, il fut préfet de la Seine de septembre 1942 à l’Epuration. Arrêté le 19 août 1944, il fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
CARCOPINO M. (été 1944)
Il fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
CASTELLANE de Jean
CHACK Paul
Né en 1876 et mort en 1945, officier et écrivain de marine, il termina sa carrière au Service Historique de la Marine. Maurrassien, membre du Comité de soutien aux patriotes emprisonnés (affaire de la Cagoule), il est séduit par le fascisme et adhère au PPF en 1937 dont il devient membre du bureau politique. Pendant l'occupation allemande, il crée et dirige le Comité d’Action Antibolchévique (1941-1945), qui notamment recrute pour la LVF. Après son emprisonnement au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris en fin août 1944, il sera interné à Fresnes et fusillé le 9 janvier 1945.
COQUELIN Pierre (août 1944)
Directeur des Accords Economiques et Commerciaux au Ministère des Finances, il fut emprisonné en août 1944 au Dépôt.
RUEGER M. (été 1944)
Ce membre du Conseil Municipal de Paris fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
CORVISY M. (été 1944)
Ce magistrat fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
DAYRAS M. (été 1944)
Ce magistrat fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
GUITRY Sacha (août 1944)
Né en 1885 et mort le 24 juillet 1957 à Paris, il fut un comédien, dramaturge, réalisateur de cinéma et auteur prolifique de pièces de théâtres. Arrêté le 23 août 1944 à Paris, sous le prétexte qu’il avait continué à travailler pendant la guerre et qu’il était proche d’Arletty, il fut interné à l’automne 1944 au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris où il sera l’objet d’ignobles simulacres de fusillade. Ensuite ce sera Drançy, Fresnes puis la Santé. A ce sujet il écrivit 60 jours de prison.
HERBILLON Général (août 1944)
Il fut emprisonné en août 1944 au Dépôt pour avoir dénoncé le débarquement anglo-américain en Algérie et constaté l’arrêt du ravitaillement de l’Algérie depuis cette date.
LAFONT M. (été 1944)
Ce magistrat fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
LARUE M. (été 1944)
Ce membre de la Préfecture de Police de Paris fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture à l’été 1944.
MAILLE (été 1944)
Directeur à la Préfecture de Police de Paris, il fut emprisonné à l’été 1944 au Dépôt.
MARQUIS, Amiral (été 1944)
Il fut emprisonné à l’été 1944 au Dépôt
MIRET M. (été 1944)
Secrétaire Général de l’Assistance Publique au moment de la 2è guerre mondiale, il fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
PERIER de FERAL Guy (été 1944)
Secrétaire Général de la Seine au moment de la 2è guerre mondiale, il fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
POIRIER M. (été 1944)
Directeur régional des prisons au moment de la 2è guerre mondiale, il fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
ROMAZZOTTI (été 1944)
Syndic de l’Hôtel de Ville de Paris, il fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
RUEGER M. (été 1944)
Ce membre du Conseil Municipal de Paris fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
TAITTINGER Pierre (fin août et fin septembre 1944)
Combattant avec citations de la 1è guerre mondiale, Taittinger fut député de Paris de 1924 à 1940, conseiller général de Paris et de la Seine en 1937, puis président du conseil municipal de Paris en 1943-1944, en pleine occupation. Homme droit et patriote résolu, il subira en 1944 le déchaînement de haine des révolutionnaires ‘résistants’ du milieu parisien, avides d’une nouvelle ‘Commune’ pouvant permettre d’installer un pouvoir ‘Rouge’..
Homme de droite, il avait rejoint les Jeunesses Plébiscitaires de Déroulède dès son plus jeune âge avant d’en être leur président en 1913. Puis il avait crée en 1924 l'organisation des Jeunesses Patriotes qui regroupera 300.000 membres dès 1929 et se voulait la continuation de la Ligue des Patriotes de Déroulède.
En 1935 elles deviendront un parti politique, le parti républicain national et social (PRNS) dont les principaux buts sont la lutte contre le communisme et le danger hitlérien.
Présent avec les Jeunesses Patriotes à la célèbre nuit d'émeutes du 6 février 1934, puis dirigeant avant-guerre d’un Front National, Taittinger devint en 1940 un fidèle soutient à la Révolution nationale et à Pétain, à qui il vota les pleins pouvoirs.
Il est avéré que son intervention auprès du général Dietrich von Choltitz permit d’éviter la destruction de Paris, ainsi que l’atteste sa nomination en 1954 comme député honoraire de Paris et aussi son livre … Et comment Paris ne fut pas détruit.
Le 20 août 1944, des bandes communistes ayant pénétré dans l’Hôtel de Ville de Paris arrêtent notamment Pierre Taittinger, conduit à la Préfecture de Police et emprisonné au Dépôt pendant plus de
48 heures dans des conditions de grande violence et d’inhumanité.
Avec lui sont des membres de la Préfecture : le Préfet Bouffet (il mourra peu de temps après l’emprisonnement des suites des coups et blessures donnés), Périer de Féral, Bonnet St Georges, Larue et Berthet et des membres du Conseil Municipal : le Syndic de l’Hôtel de Ville Romazzotti, Rueger et Cornillat.
Taittinger, ensuite emprisonné quelques jours en fin août 1944 au Vel d’Hiv puis à Drancy en septembre 1944, sera en fin septembre brièvement interné à nouveau au Dépôt avant Fresnes. Il devint membre de l’Association pour Défendre la Mémoire du Maréchal Pétain après la guerre. Il mourra le 22 janvier 1965 à Paris.
VUILLAUME M. (été 1944)
Il fut incarcéré au Dépôt de la Préfecture de Police de Paris à l’été 1944.
Prison de St Lazare – Paris 10è
Prisonniers de la Révolution (fin 18è)
Elle servit de prison pendant la Terreur, pour des ‘suspects’.
BELANGER François-Joseph Bélanger
François-Joseph Bélanger, architecte et décorateur neo-classique français, est né à en 1745 et mort à en 1818, à Paris. Il aménagea le château de Bagatelle en 1777 dans le bois de Boulogne et travailla aux décors du château de Maisons-Laffitte. Egalement il dessina plusieurs résidences pour l'aristocratie ou la finance parisienne – on lui doit ainsi le décor intérieur de l'hôtel Baudart de Saint-James, 12 place Vendôme – et exerça une influence notable sur la conception des jardins de son époque. Il fut emprisonné pendant la Révolution.
CHENIER André (mai à juillet 1794)
Ce poète, qui séjourna à Versailles et à Marly chez son amie Françoise Le Coulteux, née Pourrat, devint progressivement contre-révolutionnaire ; ainsi il refusa d'émigrer pendant la Terreur et revint à Paris pour participer aux tentatives faites pour arracher Louis XVI à l'échafaud. Venant de Versailles, André Chénier fut arrêté à Passy le 7 mars 1794 alors qu’il rendait visite à son amie, Mme Past, pour préparer des manœuvres afin de sauver Louis XVI du proche vote fatal. Interné à St Lazare puis transféré à la Conciergerie, il est jugé pour ‘complot monarchiste’, condamné à mort et guillotiné le 25 juillet 1794.
de LAVAL-MONTMORENCY Marie-Louise (1794)
Abbesse de Montmartre, âgée de soixante-douze ans, elle fut accusée d'avoir voulu s'enfuir par la fenêtre. Née en 1723 et décédée en 1794, elle fut la dernière et quarante-troisième abbesse de Montmartre. Le 16 août 1792, les bénédictines de Montmartre reçevaient l'ordre de quitter leur abbaye ; elle se retira alors à St Denis avec neuf de ses religieuses puis trouva un asile momentané au château de Bondy chez la marquise de Crussol d'Amboise.
Sans égard pour son âge et pour ses infirmités, elle fut arrêtée et emprisonnée par les révolutionnaires au couvent des Fossés de St Victor puis à St Lazare et fut condamnée à mort et guillotinée le 24 juillet 1794 (5 thermidor an II), à la Barrière du Trône à Paris.
ROBERT Hubert (1793 – 1794)
Né le 22 mai 1733 à Paris, ce peintre majeur du 18è siècle fut dessinateur des Jardins du Roi, garde des tableaux du Roi, garde du Museum et conseiller à l’Académie, il fut chargé d’aménager certaines parties des résidences royales, telle que le hameau de la Reine à Trianon près de Versailles. Pendant la Révolution, il est arrêté en octobre 1793 et détenu à Ste Pélagie et à la St Lazare. Il y a survécu en peignant sur des assiettes des scènes de vie carcérale. Ce fut lui qui dessina le portrait de Boucher que cet infortuné poète envoya la veille de sa mort à sa femme et à sa fille.
ROUCHER Jean-Antoine
Il fut à la fois poète et receveur des gabelles. Après avoir rejoint à Versailles son oncle, l’Abbé Gros de Besplas, aumônier de Monsieur le frère du Roi, son poème écrit à l’occasion du mariage du Dauphin et de Marie Antoinette, La France et l’Autriche au temple de l’hymen, rencontra un certain succès et lui permit d’obtenir la charge de Receveur des gabelles, qu’il fit exercer par son frère Roucher d’Aubanel afin de se consacrer à la poésie. En 1779 il acquiert également une grande renommée avec son monumental poème pastoral en douze chants, Les Mois. Ayant rédigé des articles anti-révolutionnaires et fortement critiqué Robespierre, il est arrêté et incarcéré à Ste Pélagie puis St Lazare. Transféré à la Conciergerie, il est jugé pour ‘complot monarchiste’, condamné à mort et guillotiné le 25 juillet 1794 avant d'être enterré à Picpus.
de SEGUR Joseph-Alexandre (1793)
Ce militaire et homme de lettres fut colonel de régiments sous l’Ancien-Régime. Elu en 1789 député de la noblesse à Paris, il resta fidèle au Roi. En 1793 il fut incarcéré à St Lazare. Il fut épargné de la guillotine grâce à Charles de la Buissière, qui détruisit, entre autres, son dossier dans les bureaux du Comité de Salut Public.
TRUDAINE Charles-Louis
Ce conseiller au Parlement fut emprisonné à St Lazare.
La prison St Lazare servit également à accueillir des prisonnières du Couvent des Madelonnettes.
Pension Belhomme – Paris 11è
Prisonniers de la Révolution (fin 18è)
En septembre 1793, les députés encouragent les sans-culottes à jeter en prison tout individu suspect : les nobles - avec femmes et enfants -, mais aussi les étrangers, les prêtres, les avocats, les acteurs de la Comédie Française, les riches en général, bref tous ceux qui n’ont pas fait clairement acte d’allégeance à la Révolution. Les prisons de Paris sont bientôt bondées. L’État réquisitionne les cliniques privées pourvues de barreaux.
La pension Belhomme est la première. Belhomme s’entend avec les douze policiers en charge de Paris pour se faire envoyer de riches prisonniers qui paieront une forte pension pour vivre cette épreuve aussi confortablement que possible.
Ce genre de prisons, tout en étant un échappatoire à l’enfer des autres prisons parisiennes de la Terreur, n’en furent pas moins des cages dorées qui, parfois, n’empêchèrent pas leurs ‘hôtes’ d’aller à la guillotine.
Parmi eux on peut citer :
de CHOISEUL-STAINVILLE Béatrix
Duchesse de Grammont et chanoinesse de Remiremont, sœur du
célèbre ministre de Louis XV nommé Choiseul, elle naquit en 1730. Cette bibliophile distinguée fut emprisonnée à la pension Belhomme avant d’être guillotinée le 17 avril 1794.
Lorsqu’elle fut convoquée, en 1794, devant le Tribunal Révolutionnaire qui devait la condamner à l’échafaud, on lui demanda : " N’as-tu pas envoyé de l’argent à des émigrés ? ", elle répondit : " J’allais dire que non, répondit-elle, mais ma vie ne vaut pas un mensonge ! ".
MAGON de la BALUE Jean-Baptiste
Né en 1713, il banquier de la Cour, banquier du Comte d’Artois et fermier général ? Il fut guillotiné le 9 juillet 1794 avec ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, frères et cousins, pour que ses bourreaux soient sûrs de récupérer son immense fortune.
Prison de la Roquette – Paris 11è
DEGUERRY, abbé
L’abbé Deguerry, curé de l'église Ste Marie Madeleine sous Napoléon III, fut arrêté puis abattu sauvagement par la commune à la prison de la Roquette, le 24 mai 1871.
TIXIER VIGNANCOUR Jean-Louis (1926)
En raison de sa participation, en mars 1926, à des affrontements menés par l'AF contre les communistes anti-militaristes, rue St André à Paris, l'avocat et homme politique fut emprisonné 11 jours en compagnie de deux autres jeunes militants.
Prisonnières de l’Algérie Française (début des années 1960)
ATLAN Roxane, AUCOUTIRIER Claude, BANETTE Brigitte, BANETTE Georgette, BARBET Anne-Marie ,
BARDIN Mme, BIOLLAY ép. Constantin Janine, BATTIER Hélène, BOCQUET Raymonde, BEAUVANNIER Hélène, BEAUVANNIER, BORDES-BRANTHÔME Anne-Marie, BEAUVILAIN Michèle, BELLEFONTAINE Mme, BOUTEMY
Madeleine, BENOIT Mme, BOVAGET Hélène, BRIANS Jeanine, BENOIST Marie-Renée, BRUN (ép. MONTESSUIT) Marcelle, CAMPHIN Yolande, CONFIN Mme, CONSTANTIN Mme, CHEVREUX (née CARO) Josy, COMMINGES de
GUITAUT Mme, DUPONT-PETUS Mme, DUPONT-TINGAUD Claudine, DUPUIS Denise, DESSAULIER Michèle, DOLET Mme, EDOUARD Huguette, ESTOUP Marie-Lise, ESMONET Edith, FAGLIN Christiane, FIQUELMONT de
Ghislaine, FARINACCI Geneviève, FINET Edmée, FOURNIER Mme, FOURNIOL
Andrée (née EHRAHRDT), GOIX PERRON Anne-Marie, GARCIA Soledad, GOMEZ Michèle, GAUVIN Anne-Marie, GONZALVES Edith, GRIMBERT Lucienne, GHOUALI Jeanne, GRUSSENMEYER-FOUILLOUX Charlyne, de GUITAUT
Marguerite, HAYOLIN Mme, HAYOUN Berthe, HOARAU Jacqueline, HOURAN Jacqueline, HERNOUX Jacqueline, LA BARRE de NANTEUIL de Sylvie, LES NOYELLES Andrée, LACOSTE ép. Brun Jeanne, LOMBARD Marguerite,
LANCTEAU Simone, LOPEZ Berthe, LANGELA Lydia, LANGLAIS Jeanne, LUCCHETTI Noëlle, LUNG Mme, LARROUMET Madeleine, LASSON Claudine, LAVILLE Germaine, LEGRES Mme, MADELIN Noëlle, MILLET Luce,
MARCHAND Françoise, MARTIN Danielle, MONTGAILLARD Mme, MERER Geneviève, MEYROUS Edith, NOYELLE Mme, PATTANO Christiane, PICQUART Françoise, POUMEYROL
Françoise, PRALORAN Bernadette, PREBOIS Mme, PIALOUX Jeanne, QUILLON Geneviève, RAYMOND Claude, RENOIR Marguerite-Marie, ROUSSELET de LIFFIAC Paule, SAVELLI Marie-Louise, SOLIERS de
Michèle, SALAZAR Christiane, SURANY de Marguerite, SANTONI ERHARDTAndréa, TABET-VITAL Simone, TSIMBERLIDIS Thérèse, VIAN Clara, ZAJEK Françoise
Prison du fort de Vincennes – Paris 12è
C’est dans une salle de ce fort que les participants à l’attentat du Petit Clamart du 22 août 1962 seront jugés et condamnés, du 28 janvier au 4 mars 1963.
9 accusés sont présents lors de cette première audience. Les 6 autres sont accusés par contumace.
de LA TOCNAYE Alain (août 1962 à 1963)
Né le 26 novembre 1926 à Neuilly-sur-Seine, il descendait d’une ancienne famille aristocrate bretonne, notamment du monarchiste contre-révolutionnaire Jacques-Louis de Bougrenet de La Tocnaye. Il fit des études de droit avant d’épouser la carrière militaire et d’intégrer l’École militaire de Cherchell, puis l’École d’application de l’artillerie d’Idar-Oberstein.
Officier durant la guerre d’Algérie, il rejoint l’OAS après le putsch des Généraux. Intégrant le groupe de l’OAS-Métro autour du colonel Jean Bastien-Thiry, il fut de ceux qui montèrent différentes opérations visant à éliminer de Gaulle. Arrêté une première fois en Algérie et rapatrié en métropole, il s’évade de façon spectaculaire de la prison de la Santé en fin janvier 1962. Surnommé Max, il organise avec Jean Bastien-Thiry l’attentat du Petit Clamart commis le 22 août de la même année contre le général de Gaulle.
Arrêté, emprisonné au Fort de Vincennes, il est condamné à mort le 4 mars 1963 puis gracié le 11 mars et sa peine commuée en prison à perpétuité. Alain de la Tocnaye sera libéré par de Gaulle en 1968, avec les derniers prisonniers politiques partisans de l’Algérie française.
Après sa libération, il publie en 1969 "Comment je n’ai pas tué de Gaulle" et écrit dans plusieurs journaux de la droite nationale d’opinion nationaliste et catholique. Il participa également au Parti nationaliste français (PNF) avant de rejoindre le Front national comme son fils Thibaut. Il est décédé le 9 janvier 2009.
Couvent de Picpus – Paris 12è
Il y avait, à l'angle de l'actuel boulevard Diderot et de la rue de Picpus, un couvent de chanoinesses régulières de Saint-Augustin de la Victoire-de-Lépante. Cette communauté fondée en 1647 présentait la particularité de célébrer le 7 octobre l’anniversaire de cette victoire de 1571 sur les Turcs.
Prisonniers de la Révolution (fin 18è)
A la Révolution, on chassa les quarante religieuses de leurs deux hectares de jardins. Sous la Terreur, en mars 1794, un certain Eugène Coignard y ouvrit une maison de santé pour recevoir de riches "suspects", détenus dans les différentes prisons de Paris, que l'on faisait passer pour malades. On appela aussi ce lieu la Maison Coignard.
Non loin de là, rue de Charonne, un ancien miroitier du nom de Belhomme l'avait précédé en créant dès 1769 une maison du même genre. Moyennant une pension exorbitante, la plupart de ces prisonniers échappaient à la guillotine ou au moins bénéficiaient d'un meilleur traitement.
Des détenus du Couvent des Madelonnettes s’y retrouvèrent aussi en fin décembre 1794.
Couvent des Anglaises – Paris 13è
Prisonniers de la Révolution (fin 18è)
Sous la Terreur, en octobre 1793, les religieuses bénédictines anglaises furent constituées prisonnières dans leur propre maison. Elles avaient été dénoncées comme tenant des assemblées secrètes dans leur chapelle, c'est-à-dire qu'on y disait la messe...
Le couvent fut changé en maison de détention, appelée ‘la prison des Anglaises ou ‘la prison de la rue de Lourcine’. On y envoya bientôt une foule de gens. Parmi eux, Jacques Duval d'Espréménil, conseiller au Parlement (guillotiné), Marie Babin de Grandmaison, actrice célèbre (guillotinée), Mme de Bonneuil, la duchesse de Luynes, Marie-Genevière de Vassan marquise de Mirabeau, et tout un lot de religieuses d'autres congrégations.
Prison de l’Institut Dentaire – Paris 13è
Prisonniers de l’Epuration (fin de la guerre 1939-45)
L’immeuble de l'Institut d'hygiène dentaire et de stomatologie, situé au 158 avenue de la Choisy à Paris, fut réquisitionné dès la Libération et transformé en centre de détention de collaborateurs par des FFI qui s'étaient arrogé le droit de rendre leur propre justice.
Robert Aron, dans son Histoire de l'épuration, raconte que cent cinquante personnes environ y ont été emprisonnées en dehors de toute légalité. Certaines furent fusillées dans l'enceinte de l'institut, d'autres furent repêchées dans la Seine. Y sévirent d'authentiques truands, tel José Redrossa, et des spécialistes de la torture.
La Préfecture de police, avertie de ces faits, tenta d'y pénétrer mais, accueillis à coups de mitraillette, les policiers reculèrent pour éviter un massacre. Le préfet de police Charles Luizet chargea le colonel FFI Aron-Brunetière, chef du 2ème bureau, de faire procéder à la fermeture de l'Institut et des autres centres de détention (le lycée Janson de Sailly, la caserne de Reuilly, la mairie du 18ème arrondissement, l'hôtel du Dôme rue Léopold Robert ...). Les détenus, au nombre de 1500 environ, furent transférés à la prison de Fresnes où après un premier interrogatoire, 800 d'entre eux furent immédiatement libérés.
CHATEAU René dit ABEL Jean-Pierre (août à novembre 1944)
René Château, venu de la gauche pacifiste, avait le 10 juillet 1940 voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Directeur, jusqu'en 1943, de la France Socialiste, quotidien de Marcel Déat, il fut arrêté le 30 août 1944 et détenu pendant soixante seize jours à l’Institut d’hygiène dentaire. En 1948, Abel rédigea le récit de sa détention (L'Âge de Caïn) où il critique sévèrement les méthodes employées par la les forces de la libération envers les détenus. Il fut professeur de philosophie dans un lycée de la région parisienne.
GODARD (été 1944)
L'un des anciens pensionnaires de l'établissement raconta cette scène sur un certain Godard :
" Les F.T.P. ont amené Godard. Godard, c'était le jeune homme qui s'était jeté du second étage, la veille, parce qu'on le torturait trop. Il n'avait que vingt ans. Mais il avait appartenu à la L.V.F., le petit imbécile. Et les F.T.P. n'aimaient pas ça. Ils l'ont battu et torturé plusieurs fois, là-haut, au second étage, avec je ne sais quelle science chinoise. C'était trop pour ce petit Godard de vingt ans. A un moment, sans doute, il n'a pu en endurer plus, de tout son corps d'enfant qui souffrait, qui saignait.
Il a voulu s'échapper, n'importe comment. Il s'est jeté à travers la fenêtre, emportant au passage du bois, des vitres. Et ils l'ont ramassé en bas, les jambes brisées. Un d'eux l'a rapporté dans la salle, sur son épaule. Et les jambes de Godard lui pendaient dans le dos, comme des choses mortes.
Ils l'ont jeté sur une paillasse, dans un coin. Il est resté là toute la nuit. Et ce fut une drôle de nuit.
Personne n'a pu dormir. Les prisonniers jusqu'au matin ont entendu le petit Godard qui avait voulu fuir la torture et qui n'avait pas réussi. Il a souffert toute la nuit par ses jambes brisées.
Il criait de douleur.
Il appelait sa mère. Ou bien il râlait, longuement, comme s'il allait mourir. Nul ne l'a soigné, puisqu'il devait être fusillé au matin. C'eût été du temps perdu. Les F.T.P., parfois, en passant, le traitaient de salaud, et lui ordonnaient de se taire.
Au matin, donc, ils l'ont amené jusqu'au mur, sur un brancard. Ils ont essayé de le mettre debout, de le faire tenir, tant bien que mal, en l'appuyant au mur, pour le fusiller, selon les règles. Mais le petit Godard s'est aussitôt effondré, sur ses jambes brisées. Alors ils l'ont remis sur le brancard et ils l'ont tué dessus. C'est ainsi qu'a fini de souffrir le petit Godard ".
L’HEVEDER Louis (été 1944)
Après avoir voté le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, il devient en janvier 1941 membre du Conseil National de Vichy. Arrêté par les FTP à Paris en août 1944, emprisonné plusieurs jours à l’Institut d’hygiène dentaire, il y est victime de mauvais traitements selon René Château.
Abbaye de Port Royal – Paris 14è
Prisonniers de la Révolution (fin 18è)
Fermée en 1790, au début de la Révolution elle servit de prison ; dès 1793, sous le nom de prison de Port-Libre ou de la Bourbe, elle servit à emprisonner des ‘suspects’. Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (avocat de Louis XVI à son procès) y fut détenu. Des détenus du Couvent des Madelonnettes s’y retrouvèrent aussi en fin décembre 1793.
de CROY d'HAVRE Louise-Élisabeth-Félicité-Françoise-Armande-Anne-Marie-Jeanne-Joséphine, duchesse de Tourzel
Née le 11 juin 1749 à Paris, elle fut gouvernante des enfants royaux. Cette femme d’un grand courage fut d’un précieux secours pour la famille royale et ses enfants.
de VIROT de SOMBREUIL Charles-François (27 décembre 1793 - 2 mai 1794)
Maréchal de camp, héros de la bataille de Rocourt et gouverneur des Invalides, il prit part à la défense des Tuileries et du Roi le 10 août 1792. Arrêté le 16 août
1792, il est emmené à la prison de l'Abbaye, puis à Port Royal du 27 décembre 1793 au 2 mai 1794 où son fils Stanislas, capitaine de la garde nationale de Poissy et qui avait défendu le
Roi le 10 août 1792, le rejoint. Ce sera ensuite Ste Pélagie, la condamnation à mort le 17 juin 1794 puis la guillotine place du Trône Renversé (la Nation), comme son
fils.
Vélodrome d’Hiver – Paris 15è
Prisonniers de l’Epuration (fin de la guerre 1939 – 1945)
De nombreux français y furent internés au moment de l’Epuration, souvent dans des conditions de barbarie et d’inhumanité.
BOUFFET René (fin août 1944)
Né en 1896 et mort en 1945, il fut préfet de la Seine de septembre 1942 à l’Epuration. Arrêté le 19 août 1944 et mis au Dépôt de la Préfecture, il fut incarcéré au Vel d’Hiv quelques jours plus tard.
CARCOPINO M. (fin août 1944)
Arrêté en fin août 1944 et mis au Dépôt de la Préfecture, il fut incarcéré au Vel d’Hiv quelques jours plus tard.
ROMAZZOTTI (fin août 1944)
Syndic de l’Hôtel de Ville de Paris, il fut incarcéré au Vel d'Hiv à l’été 1944.
TAITTINGER Pierre (fin août 1944)
Combattant avec citations de la 1è guerre mondiale, Taittinger fut député de Paris de 1924 à 1940, conseiller général de Paris et de la Seine en 1937, puis président du conseil municipal de Paris en 1943-1944, en pleine occupation. Homme droit et patriote résolu, il subira en 1944 le déchaînement de haine des révolutionnaires ‘résistants’ du milieu parisien, avides d’une nouvelle ‘Commune’ pouvant permettre d’installer un pouvoir ‘Rouge’..
Il est avéré que son intervention auprès du général Dietrich von Choltitz permit d’éviter la destruction de Paris, ainsi que l’atteste sa nomination en 1954 comme député honoraire de Paris et aussi son livre … Et comment Paris ne fut pas détruit.
Le 20 août 1944, des bandes communistes ayant pénétré dans l’Hôtel de Ville de Paris arrêtent notamment Pierre Taittinger, conduit à la Préfecture de Police et emprisonné au Dépôt pendant plus de
48 heures dans des conditions de grande violence et d’inhumanité.
Taittinger est ensuite emprisonné quelques jours en fin août 1944 au Vel d’Hiv.
Ensuite ce sera Drancy en septembre 1944, à nouveau le Dépôt en fin septembre puis Fresnes. Il devint membre de
l’Association pour Défendre la Mémoire du Maréchal Pétain après la guerre. Il mourra le 22 janvier
1965 à Paris.
Prison de la Santé - Paris
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